Circulation routière en Côte d’Ivoire

Explosion de véhicule fonctionnant au gaz butane : Des responsables indexés

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explosion-de-vehicule-fonctionnant-au-gaz-butane-des-responsables-indexes Ce qui reste du taxi communal après le drame.
Société

Une explosion de véhicule à Locodjoro après carrefour pinasse, dans la commune Attécoubé s’est produite le vendredi 23 avril 2021, occasionnant le décès de deux victimes calcinées et d’un brûlé gravement. Face à ce choc, il faut situer les responsabilités. A qui la faute ?

Un taxi communal fonctionnant au gaz butane a explosé vendredi en milieu d’après midi et faisant 03 victimes dont 02 décès calcinés. La troisième a été prise en charge et évacuée au centre des grands brûlés de Cocody, ont indiqué les sapeurs pompiers militaires. Un accident qui a choqué les consciences des populations abidjanaises et par delà, la Côte d’Ivoire entière.

Les acteurs du transport, chauffeurs, propriétaires de véhicules sont les premiers coupables dans cette affaire. « Rouler au gaz, sans précautions particulières, c’est criminel ! », s’est écrié témoin que nous avons interrogé. Spectateur impuissant d’un scène où l’on voit des victimes en train d’être extraites de ces épaves incandescentes. Les populations riveraines étaient écoeurées à l’idée que des transporteurs mettent la vie de leurs clients en danger par ces pratiques.


Au ministère des transports, on est tout aussi désolé face à cette situation. Des agents avec qui nous avons échangé, ce week-end, ont fait observer que cette pratique est pourtant interdite en Côte d’Ivoire. D’ailleurs, la réglementation ne prévoit pas que les véhicules fonctionnent à partir du gaz butane. C’est la raison pour laquelle la visite technique automobile (qui est obligatoire) ne prévoit pas un tel dispositif. « Quand ces transporteurs doivent se rendre à la visite technique, ils enlèvent malicieusement, la bouteille de gaz et se présentent normalement. Après, ils vont s’adonner à cette technique à haut risque », ont-ils expliqué.

Pour eux, il faut regarder dans la direction de ceux qui ont l’obligation régalienne de faire le contrôle sur le terrain. « C’est à eux de traquer les contrevenants à la loi. Il est interdit en Côte d’Ivoire de rouler au gaz butane. Pourquoi, ils laissent faire ? A Yamoussokro, notamment, la quasi totalité des taxis communaux roulent au gaz, au nez et à la barbe des autorités politiques, administratives et des forces qui doivent faire respecter l’ordre », ont-ils craché.


L’on se souvient, il y a quelques années, qu’une campagne avait été lancée pour sensibiliser les usagers de la route sur les dangers de cette pratique. Le gouvernement ivoirien a interdit l' utilisation du gaz butane comme carburant dans les véhicules personnels et transports en commun, sur toute l'étendue du territoire national, pour la sécurité de la population, dans un communiqué rendu public en avril 2018. À travers, une campagne nationale de la direction générale des hydrocarbures pour la lutte contre l’utilisation de gaz comme carburant, l’Etat a rappelé qu’ en Côte d’Ivoire, le gaz butane n’est pas autorisé comme carburant. Faisant remarquer que le butane, produit industriel de grande consommation dans les ménages en Côte d’Ivoire, est subventionné par l'Etat.

Le butane est essentiellement utilisé soit pour la cuisine dans les ménages, ou le chauffage domestique, mais certains se sont détournés de cet usage pour en faire, des carburants pour leurs véhicules. Et puis, après ce tapage médiatique, plus rien. Aucun suivi. On est passé à autre chose.

Le constat est que cette pratique qui a la peau dure, résiste. Les conséquences sont là, implacables. Et, les Ivoiriens ne comprendront pas que le gouvernement, qui a laissé faire, vienne, dans les prochaines heures, verser des larmes de...crocodile. Ils ne l’accepteront pas !

Jonas BAIKEH