Projet « Akwaba city 2 » : Les détenteurs de droits coutumiers des 33 villages d’Anyama protestent contre et s'opposent, le sous-préfet interpellé

Société
Publié le Source : Linfodrome
projet-akwaba-city-2-les-detenteurs-de-droits-coutumiers-des-33-villages-d-anyama-protestent-contre-et-s-opposent-le-sous-prefet-interpelle Les détenteurs de droits coutumiers des 33 villages d’Anyama sont contre le projet « Akwaba city ».

Suite au lancement d’une récente enquête de commodo et incommodo dans le cadre d’« Akwaba city 2 » à Anyama, les Détenteurs de droits coutumiers (Ddc) des 33 villages d’Anyama y compris Brofodoumé s'opposent fermement au projet. Ce mercredi 05 mai 2021, une délégation représentant ces différents villages s’est rendue incessamment chez le sous-préfet d’Anyama pour lui exprimer leur protestation de vive voix, et lui transmettre leur opposition dans un document écrit, dont Linfodrome a reçu copie ce mercredi.

Selon Amon Amon Athanase, porte-parole pour la circonstance en lieu et place d’Ada Jonas Doffou, le projet « Akwaba city 2 » n’est fondé sur rien. Il a fait comprendre que le promoteur dudit projet, Touré Ahmed Bouah, Pdg du Groupe Sophia SA, n’est pas propriétaire des terres où la construction est prévue. « Ce projet Akwaba city n’est pas nouveau. Mais ce projet a des bases qu’on peut réellement qualifier de supercheries, des bases de tromperies, des bases pour gruger, pour nous exproprier nos terres. Et ça, ça a été dénoncé en s’appuyant sur le Pv d’enquête de commodo et incommodo du 05 août 2019. Alors que toutes les populations rejettent totalement ce projet, nous sommes surpris de constater que depuis le 07 avril dernier, il (Touré Ahmed Bouah, ndlr) trouve des formules, joint le ministère de tutelle, pour demander une enquête de commodo et incommodo aux fins d’approuver son plan de développement », a martelé le porte-parole des détenteurs de droits coutumiers d’Anyama.Amon Amon Athanase a également tenu ce propos qui interpelle : « Pour nous populations, le plan de développement lorsqu’il doit s’appliquer, c’est bien sur des assiettes foncières. Alors que, la première fois il est venu, et il y a eu une enquête publique ici. Il y a eu plus de 288 oppositions qui ont été formulées. La mission technique qui s’est réunie ce jour a dit, dès l’instant où les oppositions ne sont pas levées, il est impossible de traiter la dimension technique. Comment donc une dimension technique n’a pas pu être traitée, et on stipule encore qu’il faut venir faire un plan de développement ? ».

Le porte-parole des détenteurs de droits coutumiers d’Anyama est formel sur le fait qu’aucune de leurs terres n’a été cédée. « Nous n’avons cédé aucune terre à monsieur Touré Ahmed Bouah », a-t-il attiré l’attention.

Amon Amon Athanase a par ailleurs remercié le sous-préfet d’Anyama pour son oreille attentive. « Nous voudrions dire merci à l’autorité qui nous a reçus, et prodigués de sages conseils. En ce qui nous concerne, nous retournons satisfaits malgré tout mais anxieux quelque part, parce que celui qui tient ce projet, se préoccupe peu de la situation des parents. Nous pensons que quelque chose qui ne lui appartient pas n’a pas besoin d’être vendu, au risque de créer des crises inutiles. Toutes les populations d’Anyama rejettent en bloc le projet Akwaba city », a-t-il souligné.

Le porte-parole des détenteurs de droits coutumiers des 33 villages d’Anyama a sollicité le gouvernement ivoirien pour mettre un terme à cette situation. « Ce qui arrive pourrait porter des germes de conflits. La Côte d’Ivoire a besoin de faire l’économie de toute crise. On voit même à l’intérieur de cette approche, une violation des droits humains parce que nous sommes des hommes, et là où on devait rester pour vivre, s’il s’empare de tout cela, où est-ce que nous allons vivre ? Nous pensons que quand un projet est bon, ça ne crée pas ces tumultes-là », a prévenu Amon Amon Athanase.

 

Eddy BIBI