Massacre des populations au Burkina Faso : Choqué face aux idéologies de mort, l'abbé Norbert-Eric Abekan interpelle les chefs d'États africains

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massacre-des-populations-au-burkina-faso-choque-face-aux-ideologies-de-mort-l-abbe-norbert-eric-abekan-interpelle-les-chefs-d-etats-africains Pour l'abbé Norbert-Eric Abekan les crimes commis au nom de la religion sont inacceptables.
Société

Après le massacre des populations de Solhan au Burkina Faso, l'abbé Norbert-Eric Abekan a réagi. Dans une déclaration dont Linfodrome a reçu copie ce lundi 21 juin 2021, le guide religieux a envoyé un message fort. Il a surtout interpellé les chefs d'États africains sur leurs responsabilités. Déclaration.

Message de l'abbé Norbert-Eric Abekan relatif au massacre des populations de Solhan, au Burkina Faso

6 jours après l’attaque menée dans la nuit du 04 au 05 juin 2021 à Solhan, village situé au Nord-Est du Burkina-Faso, le décompte macabre se poursuit. 

160 civils ont été froidement et lâchement exécutés par des fanatiques qui ont décidé de défier la raison humaine en ôtant la vie.

160 hommes, femmes et enfants tués. Quelle horreur ! 160 ! C’est un chiffre qui fait froid dans le dos.

Abasourdi et choqué par cette attaque inqualifiable, je veux exprimer ici mon indignation et ma grande consternation devant ce massacre. Autant, j’ai toujours condamné les attaques criminelles qui endeuillent, ici en Côte d’Ivoire et partout, la communauté humaine autant je condamne avec la plus grande vigueur cet acte lâche et barbare qui frappe à nouveau ce pays frère.

Je tiens à manifester ma profonde compassion aux familles des victimes, ma grande émotion et ma totale solidarité avec l’ensemble du Peuple burkinabè. 

Devant la gravité de la situation, modestement, j’exhorte ce brave Peuple à l’unité et à la solidarité.

La multiplication des actes terroristes dans les Etats démontrent la nécessité d’une mobilisation sans précédent de toutes les énergies et la cohésion de l’ensemble des composantes des communautés nationales pour venir à bout du fléau de l’obscurantisme et du terrorisme.

Nous assistons impuissants à la folie meurtrière de ces hommes sans foi ni loi qui ont franchi le seuil de l’horreur. Leurs barbaries répétées feraient croire aux valeureux responsables religieux et artisans de paix qui œuvrent, tant dans les villes que dans les villages, au dialogue et au vivre-ensemble, que leur travail s’est écroulé et qu’ils sont inutiles.

Face à cette tentation, il est urgent de réaffirmer notre volonté à mener le combat contre les idéologies de mort. Il ne faut donc pas céder. Mais surtout continuer à lutter contre ces fanatiques qui tentent par tous les moyens de « tuer » la Fraternité Humaine.

Dans le Document historique sur la Fraternité Humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune signé à Abou Dabi, le 04 février 2019, le Pape François et le Grand Imam d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayyeb demandent à tous de cesser d’instrumentaliser les religions pour inciter à la haine, à la violence, à l’extrémisme et au fanatisme aveugle et de cesser d’utiliser le nom de Dieu pour justifier des actes d’homicide, de terrorisme et d’oppression. Car, Dieu, le Tout-Puissant, n’a besoin d’être défendu par personne et ne veut pas que son nom soit utilisé pour terroriser les gens.

En clair, la reconnaissance et la défense de la dignité de toute personne humaine doit être la préoccupation de chacun et de tous, par la charité et la fraternité.

Cela dit, les Chefs d’Etats Africains sont vivement interpellés et doivent impérativement ramener la quiétude dans nos pays en les dotant de stratégies opérantes pour contrer l’insécurité. Car les Peuples n’aspirent qu’à vivre en paix et en sécurité partout où ils le désirent.

A toutes ces sœurs et à tous ces frères qui sont durement affectés par ces drames, soyez assurés de ma prière et de celle de nombreuses personnes de bonne volonté.

Nous prions pour que le Seigneur change le cœur des violents, et nous aide à répondre à la violence par l’amour de nos ennemis, comme Dieu nous le recommande.

Fait à Abidjan, le 11 juin 2021.

Abbé Abekan Norbert-Eric,

Curé de la paroisse Sainte Famille de la Riviera 2,

Archidiocèse d’Abidjan, Côte d’Ivoire.

Ambassadeur de la Chaire Unesco pour la Culture de la Paix.