Grand-Bassam : Une scierie attaquée violemment par des jeunes, un  véhicule 4x4 incendié, des bureaux saccagés et la résidence du Dg pillée

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grand-bassam-une-scierie-attaquee-violemment-par-des-jeunes-un-vehicule-4x4-incendie-des-bureaux-saccages-et-la-residence-du-dg-pillee Le constat est lourd et amer, et l'entreprise est momentanément fermée. (ph. d'archives)
Société

Le samedi 19 juin 2021, en fin d’après-midi, plusieurs dizaines de jeunes dont certains sous l’effet d’excitants, ont fait une descente musclée sur la Compagnie des scieries africaines (Scaf) de Grand-Bassam, située après le cimetière du village de Moossou. Devant les surveillants (vigiles), les jeunes gens, munis de bouts de bois, de gourdins et de liquide inflammable, entonnant des chants guerriers,  ont menacé à l’entrée de cette vaste entreprise établie sur plusieurs hectares. « Celui qui veut mourir sur place, peut rester ici, nous allons le brûler ». Voilà en quelque sorte ce qu’ils auraient proféré.  Cette menace crée également un sentiment de peur au sein des centaines d’employés de Scaf.  Aussitôt, le personnel et les employés prennent leurs jambes à leur cou.

Libres de tout, ces centaines de jeunes commencent leur randonnée de vandalisme. D’abord, ils incendient la guérite et un battant du grand portail d’entrée. A l’intérieur du vaste espace, ils s’en prennent à tout le matériel. Certains foncent sur le véhicule 4x4, immatriculé 3712 JC 01, de couleur blanche et y mettent le feu. Ils montent la garde pour se rassurer que ledit engin va cramer complètement. Certains parmi ces vandales courent vers des camions. Armés  de bois et de cailloux, ils caillassent les camions immatriculés 1553 HF 01 ; 7456 HE 01 et 5169 GN 01 ainsi que deux véhicules bâchés immatriculés 2300GJ 01 et 3007 FS 01 et trois bennes.

Non loin de là, un groupe de vandales s’attaque aux bureaux de la Logistique et de l’exploitation. Là, ces jeunes surexcités, brisent les fenêtres et les portes vitrées, avant de détruire le mobilier et les importants documents. Ils sont imités par une horde de manifestants qui s’acharne sur la direction de Scaf. Le hall d’attente et les bureaux adjacents sont saccagés et les portes vitrées détruites. Une partie de ces vandales va grossir un autre rang qui s’attaquait à la résidence du directeur général. Ils pillent et saccagent ce qui reste. Satisfaits d’avoir tout détruit sur leur passage, ces jeunes repartent d’où ils sont venus : le village de Moossou.

Le constat est lourd et amer pour le directeur général Fawze et ses collaborateurs. L’entreprise est, momentanément fermée. Un huissier a été saisi par l’avocat de Scaf pour le constat.

Pierre Tigori, collaborateur de Fadoul Michel, le Patron de Scaf et de plusieurs autres entreprises ivoiriennes, est sans voix. « Nous sommes encore sous le choc de la violence exercée ici, le samedi après-midi. C’est un vaste espace dont est propriétaire monsieur Fadoul. Dans sa générosité, il a cédé une partie aux villageois de Moossou. C’est ce qui fait qu’il y a des immeubles qui sortent de terre dans les environs.  Deux individus ont tenté de construire à l’entrée de la société et nous avons fait interdire les travaux de construction. Un troisième individu, de manière clandestine, tente la même chose. Nous nous opposons, il brandit le fait qu’il fait partie de la génération régnante. C’est Scaf qui a le titre foncier de l’espace ici », a-t-il fait savoir, le lundi 21 juin 2021, mettant en avant le sens de la générosité de Fadoul qui aurait pu céder cette parcelle après plaidoyer.  L’après-midi de ce lundi, des gendarmes de la brigade ville se sont rendus sur les lieux pour auditionner le personnel. C’est le début d’une enquête qui devrait aboutir à la manifestation de la vérité sur les acteurs et commanditaires de l’attaque de la Scaf de Grand-Bassam.

M’BRA Konan