Port-Bouët / Banditisme : Des voleurs de moutons arrêtés à l'abattoir, l'un d'eux s'évade des locaux de la police

Société
Publié le Source : Soir info
port-bouet-banditisme-des-voleurs-de-moutons-arretes-a-l-abattoir-l-un-d-eux-s-evade-des-locaux-de-la-police Il s'agit du vol d'un mouton, en vue de la très prochaine célébration de la fête de la Tabaski.

Mais que croyait-il ce Sadjou A.A, ressortissant burkinabé d'une trentaine d'années? Que Dieu lui-même allait injustement lui accorder son onction dans cette façon très malveillante de l'honorer ? Non, pas du tout. Sadjou A.A se fourre le doigt dans l’œil jusqu'à l'omoplate, en croyant bénéficier du soutien d'Allah, dans le piétinement d'un des importants préceptes religieux qui proscrit le vol. Vol carrément d'un mouton, en vue de la très prochaine célébration de la fête de la Tabaski. Ces faits se passent à l'abattoir, à Port-Bouët. Et il n'est malheureusement pas le seul dans cette dérive honteuse.

En effet, informent nos sources, avec la fête de la Tabaski qui approche à grands pas, on assiste, comme chaque année, à un ballet de camions venant de pays frontaliers avec, à leur bord, des moutons de toutes tailles et de tous prix. Cela, afin d’approvisionner à grande échelle, notamment l'Abattoir de Port-Bouët, connu pour être la plus importante plate-forme de ce commerce.

Et de toute évidence, c'est la pagaille en ces lieux, avec les nombreux clients qui y viennent pour faire leurs choix de moutons, pour honorer Allah, en immolant cette bête à cette occasion de la fête de Tabaski. Un des piliers très importants de la religion musulmane.

Malheureusement, dans toute cette frénésie d'achat et de négociation... il se trouve des indélicats qui croient profiter de ce moment de grande ferveur à l'abattoir, pour faire leurs « emplettes » à leur façon. Et d'une façon bien tordue.

C'est le cas de Sadjou A.A. qui vit de petits boulots de manœuvre et qui crèche dans l'une des nombreuses mansardes mal famées au quartier « Abattoir », à Port-Bouët. Alors, le dimanche 11 juillet 2021, avec ses intentions lugubres, il se glisse dans la foule. Et il porte son choix sur le vieux Malien Guindo Hamadou, en train de faire décharger d'un camion, ses caprins en provenance de Bamako.

Pour Sadjou A.A, le boucan et tohu-bohu observés en ces lieux, est un parfait adjuvant pour se faire une bête. Ainsi, il chipe un gros bélier avec lequel il tente de disparaître.

Mais pour son malheur, ses gestes sont parfaitement suivis par un dispositif sécuritaire embusqué, en charge d'avoir à l’œil tous les mouvements, pour débusquer les voleurs et autres pickpockets qui pullulent là.

Démasqué, Sadjou A.A qui entend l'alerte, tente de se tirer de là, en faisant parler la puissance de ses jarrets. Mais un plongeon de l'un de ses poursuivants, un rabougri qui, lui aussi, se croit dans la peau du goal d'une piètre équipe de foot mal classée, voulant éviter la descente au purgatoire, plaque Sadjou au sol.

Le voleur présumé, maîtrisé, est confié à un détachement d'éléments des Crs consignés là, pour assurer la sécurité des biens et des personnes. Et directement, ces derniers conduisent le suspect au commissariat de police du 5ème arrondissement non loin de là, où il est bouclé. En attendant, assure-t-on, sa mise à la disposition du parquet, dès le lendemain lundi 12 juillet. Il est environ 14h.

Mais quelques heures avant, soit aux alentours de 3h, dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 juillet 2021, un autre individu en la personne de Sanfo O., lui aussi ressortissant burkinabé de 27 ans, avait donné le mauvais exemple, à l'abattoir, dans la même veine ayant inspiré Sadjou.

De sources introduites, en effet, il nous est renseigné, on l'a dit, qu'aux environs de 3h du matin, Sanfo se croyant soustrait de tout regard indiscret, s'introduit à quatre pattes dans le cheptel de H. Moussa, un jeune commerçant de 34 ans. Il met la main sur un des moutons avec lequel il tente de disparaître, tout en observant sa posture bien singulière d'avancement, toujours à quatre pattes.

Mais on le verra, tous ces efforts de peu de vertus sont voués  à l'échec, quand une lampe-torche illumine subitement son visage. Pris en flagrant délit, le voleur présumé se relève brusquement et tente de prendre le large.

Mais à cet instant, la vue brouillée par la lumière de la torche, il n'y voit quasiment pas grand-chose. Il se mélange donc les « pinceaux », percute des moutons et une poutre. Et le voilà qui s'étale au sol, de tout son long.

Les bouviers accourus, le cueillent tranquillement, lui infligent un « léger » traitement de choc, avant de le mettre à la disposition, une fois de plus, du commissariat de police du 5ème arrondissement à Port-Bouët, comme cela a été fait préalablement avec Sadjou A.A..

Mais une fois sur les lieux, ce voleur présumé va jouer son va-tout. Parce que lui, n'est pas prêt à aller moisir au « trou », à la Maca. Profitant de ce que le rapport concernant le délit qui lui est imputé est en train d'être entamé, Sanfo O. en tout cas, ne demande pas son reste. Il jette des coups d’œil tout autour de lui. Et ne voyant vraiment rien qui puisse l’empêcher d'agir à sa guise, il se soustrait des lieux et se fait la belle dans cette pénombre, en s’évadant des locaux de la Police. Cela, en forçant le passage. Des recherches sont aussitôt engagées dans le secteur, dans l’espoir de débusquer le fuyard intrépide.

Mais dans cette opération, les agents des forces de l'ordre lancés aux trousses de Sanfo O, vont faire choux blancs. Le bonhomme demeurant introuvable. Ils regagnent donc bredouilles, leur base. Mais des recherches se poursuivent, en vue, absolument, de mettre la main sur lui. 

Au demeurant, c'est le lieu en tout cas, en cette période de foire aux moutons, de renforcer au mieux la sécurité à l'Abattoir. Des voleurs et autres bandits de grands chemins, s'étant fondus au sein de toute cette population de vendeurs et d'acheteurs de moutons pour faire parler leur infect « talent ». Alors, vigilance là-bas.

KIKIE Ahou Nazaire