Construction de rente de bovins laitiers à Kossou : Des propriétaires coutumiers sur le pied de guerre

Société
Publié le Modifié le Source : Linfodrome
construction-de-rente-de-bovins-laitiers-a-kossou-des-proprietaires-coutumiers-sur-le-pied-de-guerre Ces propriétaires coutumiers exigent des dédommagements.

Non contents de la société CHALIVAN SARL, des propriétaires terriens du village de Mahounou Akouè situé dans la sous-préfecture de Kossou, désormais sur le pied de guerre, réclament la réparation du préjudice à eux causés par ladite société.

Lors d'une conférence de presse animée le lundi 19 juillet dernier par Konan Konan Gilbert qui avait à ses côtés Konan Kouadio Philippe  (tous deux propriétaires terriens) a révélé les raisons de cette montée d'adrénaline ainsi que le préjudice subi dans cette affaire actuellement pendante au tribunal de première instance de Toumodi. "A l'origine du conflit entre la société et nous, les propriétaires terriens, se trouve la destruction de nos cultures notamment des plantations de cacao et de tech situées sur une parcelle de 72 hectares de nos terres acquises à l'insu des propriétaires terriens que nous sommes par ladite société dans le cadre de la réalisation d'une rente de bovins laitiers. Cette parcelle de terre a été attribuée illicitement à la société en complicité avec certains villageois sans notre consentement et sans que la société signe de protocole d'accord avec nous" a-t-il dénoncé. Et d'ajouter: "Cela fait 31 ans que cette portion de terre nous a été attribuée et que nous l'exploitons. C'est un grand tort que la société nous fait aujourd'hui en détruisant une grande partie de nos plantations pour ses travaux sans notre consentement. La jachère qui nous permettait de faire des cultures et nourrir nos familles n'existe plus. Vu que tout a été détruit autour du reste de nos champs par la société. Pire, la divagation des bœufs dans le reste de nos champs de tech et de cacao qui sont à l'intérieur de la parcelle de la société est entourée de fils de fer barbelés sans notre consentement. C'est lors de notre plainte à la justice que nous avons fait connaissance des responsables de la société" a-t-il révélé. Tout en mentionnant que les propriétaires coutumiers ne veulent pas se faire justice, le conférencier a dit qu'ils ont porté plainte au tribunal de première instance de Toumodi. Il a toutefois réclamé que justice leur soit rendu. Arguant "qu'il a confiance à la justice de son pays." Konan Konan Gilbert qui a dénoncé des manœuvres obscures de cette société relativement à cette affaire a demandé réparation du préjudice causé par ladite société conformément  au procès-verbal de destruction de culture dressé par la Direction Régionale de l'Agriculture et du Développement Rural de Yamoussoukro qu'ils ont saisie. Et d'indiquer que ce sont des menaces et autres mises en garde qui sont proférées aujourd'hui à l'endroit des propriétaires terriers par les responsables de la société en lieu et place du reversement du préjudice qu'ils ont subi en application de l'arrêté interministeriel du 1 er août 2018 portant fixation du barème d'indemnisation pour destruction des cultures et autres investissements en milieu rural et abattage d'animaux domestiques. " C'est dans le reste mon champ que les bœufs divaguent. Donc il est gâté et la jachère désormais inexistante. Je suis dans le village aujourd'hui sans rien faire. J'ai une femme et six enfants. Où trouver désormais de l'argent pour scolariser mes enfants? S'est-il interrogé. "Il faut que la justice puisse dire le droit afin que nous soyons dédommagés" a-t-il plaidé.

PAUQUOUD Charles Noël

Correspondant régional