Lutte contre les Violences basées sur le genre : Lancement en Côte d’Ivoire d’une base de données en ligne des ressources juridiques

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lutte-contre-les-violences-basees-sur-le-genre-lancement-en-cote-d-ivoire-d-une-base-de-donnees-en-ligne-des-ressources-juridiques L'AFJCI et I'HRDA unissent leurs forces pour lutter contre les VBG.
Société

Dans le cadre de la lutte contre les Violences basées sur le genre (VBG) en Côte d’Ivoire, l’Association des femmes juristes de Côte d’Ivoire (AFJCI) a organisé ce lundi 26 juillet à Abidjan, en collaboration avec l’Institut des droits de l’homme et du développement en Afrique (IHRDA) basé en Gambie une conférence de lancement de base de données en ligne sur les ressources juridiques disponibles en matière de violences basées sur le genre en Côte d’Ivoire.

Le projet a commencé en 2015 avec trois pays pilotes, et depuis lors l'IHRDA continue d’alimenter la base avec des ressources venant d’autres pays. Actuellement, la plateforme couvre 14 pays dont la Cote d’Ivoire. La base de données est disponible  en français, en anglais et en arabe sur https://sgbv-ihrda.uwazi.io/. Elle vise à faciliter l’accès aux ressources juridiques utiles pour l’avancement de la lutte contre les VBG.

Il s’agit de données collectées en matière de décision, de texte de lois dans la prévention, la répression des VBG et la protection des victimes de VBG. Il s’agit également d’outils à la disposition des magistrats qui ont à juger des dossiers de VBG et les auteurs de VBG de sorte à pouvoir réparer les préjudices des victimes à travers les décisions qui sont rendues.

Ces données sont adressées à tous ceux qui travaillent avec la thématique des VBG : les magistrats, les avocats, la police, la gendarmerie, les organisations de la société civile.  « Il y a des violences basées sur le genre un peu partout dans le monde. Mais il y a très peu de statistiques sur les décisions rendues. Nous avons initié ce projet pour faire l’état des lieux et permettre que les jugements et textes disponibles puissent inspirer les différents acteurs en matière de lutte contre les violences basées sur le genre.», a expliqué Me Bizimana Eric, le représentant de l’IHRDA.

Il dénonce de ce fait, les cas de règlements de violences basées sur le genre en dehors des tribunaux ; un règlement amiable fait sous les auspices des chefs traditionnels. « Ce sont des préoccupations. On doit s’interroger sur les conséquences sur les victimes.», a laissé entendre le représentant de l’IHRDA.

« Notre rôle, c’est de voir les textes et de pouvoir les catégoriser. Nous ne nous contentons pas de publier les jugements. On va décortiquer les jugements. On va examiner quels sont les problèmes qui ont été identifiés dans ce jugement. Notre rôle, c’est aussi de mettre ces données à la disposition du public quid à permettre aux décideurs politiques, aux législateurs, à la société civile, aux étudiants, consultants, chercheurs, aux professeurs de droits d’avoir des ressources à leur disposition pour voir ce qui se passe se passe en Ouganda, au Kenya, au Soudan, en RDC, au Mali, (…) pour en tirer des leçons en termes de sanctions appropriées contre les auteurs de ces violences.», a poursuivi le représentant de l’IHRDA sous le regard approbateur de Me Assa Ako Simone, présidente du Conseil d’Administration de l’Association des femmes juristes de Côte d’Ivoire.

Dressant un tableau sombre de la situation des Violences basées sur le genre en Côte d’Ivoire, Me Assa Ako Simone, demeure persuadée que ce projet devrait permettre de réduire le taux de VBG constaté au quotidien en Côte d’Ivoire.

« La situation des VBG en général en Côte d’Ivoire est alarmante parce que chaque jour des cas sont dénoncés et nous assistons de plus en plus à des VBG au niveau des victimes de plus en plus jeunes. On a des enfants de 2 ans, de moins de 2 ans qui sont victimes de viol. C’est une situation alarmante. C’est pour cette raison que nous saluons l’initiative de l’l’IHRDA de pouvoir permettre aux Etats africains, sous régionaux de pouvoir disposer de données juridiques.», s’est réjoui la présidente de l’AFJCI. Estimant que les VBG constituent une préoccupation nationale.

« Le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme est véritablement à l’œuvre pour que les cas de VBG dénoncés puissent aboutir à des jugements. Les magistrats sont sensibilisés à ne plus correctionnaliser les cas de viol. Nous continuons de travailler. Il y a encore beaucoup à faire. Chaque jour il y a des victimes. Femmes, enfants, tout le monde est exposé.», a martelé Me Assa Ako Simone.

Faut-il, le rappeler, l’Institut des Droits de l’Homme et du développement en Afrique (IHRDA) est une organisation panafricaine créée en 1997 et basée en Gambie, mais œuvrant à travers l’Afrique notamment pour promouvoir l’utilisation et l’efficacité du système africain de droits de l’homme. Les trois piliers du travail d’IHRDA sont l’éducation aux droits humains, la défense des droits humains, et la diffusion d’information sur les droits humains.

 

Maxime KOUADIO