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Koffi Koffi Gérard, Ambassadeur de la cuisine ivoirienne au Japon : « J’ai beaucoup de projets pour la Côte d’Ivoire »

Société
Publié le Source : Linfodrome
koffi-koffi-gerard-ambassadeur-de-la-cuisine-ivoirienne-au-japon-j-ai-beaucoup-de-projets-pour-la-cote-d-ivoire M. Koffi est également conseiller du président de l’Association des Ivoiriens au Japon (Ph : AC)

Directeur exécutif dans une compagnie de restauration au Japon, Koffi Koffi Gérard est également chargé de la production et de la formation continue. M. Koffi est également conseiller du président de l’Association des Ivoiriens au Japon. De la Côte d’Ivoire au pays du soleil levant en passant par la France, cet Ivoirien se distingue comme l’ambassadeur de la cuisine dans ce pays. Des projets pour la Côte d’Ivoire, il en a plein la tête pour établir un véritable pont entre la gastronomie ivoirienne et Japonaise. Entretien.

Comment avez-vous accueilli la participation de la Côte d’Ivoire aux Jeux olympiques Tokyo 2020 ?

Je suis très fier de la Côte d’Ivoire parce que notre équipe nationale des moins de 23 ans est qualifiée pour les quarts de finale du tournoi olympique de football. Je remercie toute la délégation qui fait honneur à la Côte d’Ivoire. Nous sommes fiers de savoir que les Japonais découvrent nos athlètes. Félicitations à Gbagbi Ruth qui a remporté la médaille de bronze au Taekwondo, pour la deuxième fois, après Rio en 2016. Nos encouragements à tous les autres athlètes. La semaine passée, les Ivoiriens vivants au Japon ont été reçus par le ministre des Sports Paulin Danho, l’ambiance était conviviale. Nous avons beaucoup apprécié.

Comment êtes-vous arrivé au Japon au point de devenir directeur exécutif dans une compagnie de restauration ?

J’ai fait ma formation d’abord en Côte d’Ivoire, ensuite en France où j’ai travaillé. Puis, j’ai eu une opportunité pour venir au Japon. J’étais d’abord chef à l’ambassade de Côte d’Ivoire. A la fin de mon contrat à l’Ambassade, j’ai postulé pour rentrer dans cette compagnie japonaise en changeant mon statut de travailleur résidant au Japon. J’ai fait la première année, puisqu’il fallait parler la langue, je l’ai apprise. Et vu que je travaillais bien, je suis monté en grade. Ce qui explique mon niveau de directeur exécutif chargé de la formation continue. 

Que faites-vous au niveau de la formation continue ?

Chaque mois, nous regroupons tous les chefs de chaque restaurant. Nous sommes 4 chefs exécutifs, nous avons un plan bien définit. Nous leur apprenons comment calculer un menu, confectionner un menu, réfléchir à un menu et comment calculer les grammages des recettes. Nous mettons tout ce savoir-faire au service de chaque cuisinier. 

Il est rare de voir un Africain, voire un Ivoirien, partager ses compétences et son expérience professionnelle dans un pays comme le Japon. 

J’ai beaucoup aimé le Japon. Lorsque je suis venu au début, je ne savais pas que le pays allait m’intéresser. Et comme j’aime bien communiquer, je me suis fait des amis, c’est un d’eux qui m’a introduit. Comme j’excellais bien en cuisine, je me suis fait remarquer. On m’a confié des responsabilités et les choses ont évolué.

Etes-vous nombreux les Africains qui exercent dans votre domaine ?

Les Africains ne sont pas nombreux. En dehors du cuisinier de l’Ambassade de Côte d’Ivoire, et deux ou trois autres Africains, un Togolais et un Burkinabé.

Avec votre expérience, avez-vous des projets pour la Côte d’Ivoire ?

J’ai beaucoup de projets pour la Côte d’Ivoire. En 2019, j’ai organisé une compétition de cuisine dénommée ‘’La Blouse blanche du Chef Gérard’’. Le lauréat de la première édition a été récompensé. L’évènement a connu un bel engouement. Les gens ont beaucoup apprécié. Nous sommes passés sur TV2, la Radio Fréquence 2. Je pense l’organiser à nouveau mais cette fois avec des partenaires. C’est à cause de la pandémie de la Covid-19 que les choses tardent ; Mais je compte ouvrir une chaine de restauration en Côte d’Ivoire. Je veux qu’elle soit une école de formation, une pâtisserie et une cuisine d’apprentissage. Il s’agira de former tous ceux qui sont dans le domaine de la cuisine et qui travaille chez des personnalités. Cela leur sera d’un apport utile. Nous avons déjà acquis le terrain, en temps opportun nous allons démarrer. J’attends que la situation de crise sanitaire s’améliore pour aller finaliser le projet en Côte d’Ivoire.

Qu’est-ce qui fera la différence entre ce qui existe et ce que vous allez faire en Côte d’Ivoire?

Je veux proposer une cuisine internationale. C’est-à-dire faire un menu asiatique et un menu africain, coordonner les deux, de sorte que tous ceux qui ont fait le Japon et qui viennent en Côte d’Ivoire puissent retrouver leurs habitudes culinaires, gastronomiques etc. Il s’agira aussi de développer la cuisine ivoirienne que j’aime bien, dans une autre dimension. Ce ne sera pas la cuisine traditionnelle qu’on connait, mais avec une touche moderne. J’ai des partenaires en Côte d’Ivoire avec lesquels nous travaillons pour la réalisation de ce projet. Ici au Japon, je suis en partenariat avec un autre frère ivoirien qui vit au Japon depuis plus de 25 ans. Nous avons une structure qui fait la promotion de la cuisine ivoirienne, en plus des cours de cuisines dans les écoles, les Institutions, les mairies. Nous participons aussi à des événements. 

Est-ce que les Japonais connaissent la cuisine ivoirienne ?

Les Japonais apprécient si bien la cuisine ivoirienne, que tous ceux qui dans le cadre de la Jica ont exercé en Côte d’Ivoire en demande ici lorsqu’ils rentrent au pays. Il n’existe pas de restaurant ivoirien au Japon. Nous n’avons que le Beveries and foods. De temps en temps, les agents de la Jica qui ont travaillé en Côte d’Ivoire et qui connaissent l’attiéké et d’autres mets ivoiriens, nous sollicitent lorsqu’ils ont des événements pour leur en faire. Nous attendons le bon moment pour lancer le restaurant qui devait ouvrir avant les Jeux olympiques de Tokyo.

L’intégration se fait-il facilement au Japon ?

Le problème ici au Japon, c’est la langue, dès l’instant où vous commencez parler la langue, il est très facile de vivre dans ce pays. La collaboration se passe bien avec les Japonais. Le Japonais est très maniaque dans le travail. Quand vous faites comme eux, tout se passe bien. Ils apprécient tout ce que nous faisons comme cuisine surtout.

Vous considérez-vous comme un ambassadeur de la cuisine ivoirienne au Japon ?

On peut le dire ainsi parce que nous avons fait beaucoup d’événements ici qui ont connu beaucoup de succès médiatique. Nous avons même un festival ivoirien au cours duquel nous faisons la cuisine dans les parcs où les populations viennent déguster les mets ivoiriens et autres. Malheureusement, la Covid-19 retarde la reprise des choses. Quand tout le monde sera presque vaccin, je pense que les autorités japonaises vont nous autoriser à organiser nos événements. Nous disons à tous les Ivoiriens qui veulent venir au Japon de nous contacter. Nous pouvons leur donner des conseils et leur servir de guide. 


Réalisée par Alphonse CAMARA, Envoyé spécial à Tokyo