Lutte contre la traite des personnes : Myss Belmonde Dogo dévoile l'arsenal juridique de la Côte d'Ivoire, 88 personnes interpellées

Société
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lutte-contre-la-traite-des-personnes-myss-belmonde-dogo-devoile-l-arsenal-juridique-de-la-cote-d-ivoire-88-personnes-interpellees Myss Belmonde Dogo veut mettre fin a la traite d'êtres humains en Côte d'Ivoire. (PhDr).

À l'instar des autres pays du monde entier, la Côte d'Ivoire célèbre ce vendredi 30 juillet 2021, la Journée mondiale de la lutte contre la traite des personnes. A cette occasion, Myss Belmonde Dogo, ministre de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté a, dans une déclaration, dépeint la situation en Côte d'Ivoire. 

Placée sous le thème : « La voix des victimes nous guide », Myss Belmonde Dogo a affirmé que cette journée offre l’opportunité de faire connaître la situation des victimes de la traite humaine et d'envisager la prise en charge et la protection des droits de ces dernières. Elle a informé que la traite des êtres humains désigne généralement le processus par lequel des personnes sont placées ou maintenues en situation d'exploitation à des fins économiques.

Cette pratique, selon la ministre, prend diverses formes que sont l’exploitation sexuelle, le travail ou les services forcés, l’esclavage ou les pratiques analogues, la servitude ou le prélèvement d’organes dans ses cas extrêmes. Pour la ministre de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, ‘’cette pratique est une violation des droits de l’Homme et une forme de conduite criminelle qui affecte des personnes dans le monde entier’’.

Myss Belmonde Dogo, a ajouté que la traite des personnes est une nouvelle forme de criminalité qui impacte tous les États africains. ‘’Malheureusement, la Côte d’Ivoire n’en est pas épargnée’’, s’est-elle désolée. Puis de révéler que ce phénomène préoccupe la Sous-région Ouest africaine dans laquelle il prend des proportions alarmantes sous la forme de traite transfrontalière circulaire. 

La ministre de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté a profité de l’occasion pour donner les causes de ce trafic. Elle a informé que la traite d’êtres humains touche majoritairement des personnes défavorisées et vivant dans des conditions difficiles, faisant remarquer que la cause essentielle, ce sont les difficultés économiques, les conflits armés, les violences criminelles ou violences sociales et les catastrophes naturelles ou sinistres. 

‘’A cela s’ajoute l’avènement de la pandémie de la COVID-19 qui a eu des effets dévastateurs sur la sécurité et la santé des ménages, accentuant ainsi la vulnérabilité des personnes défavorisées. Celles-ci, à la recherche d’une vie plus agréable ailleurs, se laissent souvent attirer par des criminels qui profitent de leur situation pour les soumettre à diverses formes d’exploitation et d’esclavage’’, a-t-elle déploré. 

Face à ce fléau, la Convention des Nations unies contre la Criminalité transnationale organisée dite Convention de Palerme, signée en décembre 2000 à Palerme et ratifiée par la Côte d’Ivoire en 2012, avec ses protocoles additionnels visent à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes.

Pour freiner ce phénomène, Myss Belmonde Dogo mentionne que la Côte d’Ivoire s’est dotée d’un arsenal juridique et institutionnel notamment, la loi n°2010-272 du 30 septembre 2010 portant interdiction de la traite et des pires formes de travail des enfants et création du Comité interministériel (CIM) et la création par décret n°2011-366 du 03 novembre 2011, d’un Comité national de surveillance (CNS), comme instruments de réponse holistique à la traite et aux pires formes de travail des enfants. A cela s’ajoute l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre la traite des personnes, assortie d’un plan d’action quinquennal (2016-2020). 

Dressant, par ailleurs, le bilan de la lutte contre la traite des personnes de 2019 à ce jour, la ministre Belmonde Dogo a déploré le nombre de 1382 victimes de traite des personnes dont 636 mineurs et 746 adultes enregistrées, parmi lesquelles on dénombre 273 victimes ivoiriennes et 1109 victimes étrangères. La ministre a dévoilé également le nombre de plaintes enregistrées qui s’élève à 419 pour 115 individus poursuivis, 88 condamnés pour traite et 3 pour trafic illicite de migrants.

‘’Dans le cadre de la protection des victimes de traite, nous avons pu effectuer la prise en charge holistique de 166 victimes et procéder en collaboration avec l’Organisation des nations unies pour la migration (OIM) au rapatriement de 45 victimes vers leur pays d’origine’’, rapporte la ministre Belmonde Dogo. Des avancées, qu'elle a qualifié de significatives et qui mettent la Côte d’Ivoire en conformité avec les standards internationaux. Toute chose qui, selon Myss Belmonde Dogo, reflète l’engagement du Gouvernement ivoirien à tout mettre en œuvre pour faire échec aux trafiquants d’êtres humains, favoriser la protection et la prise en charge des victimes mais également dresser un rempart solide pour faire barrière à la traite des êtres humains. 

Revenant sur le thème de cette journée en Côte d’Ivoire, Belmonde Dogo a expliqué qu’il s’agit d'une interpellation à l’ensemble des acteurs de lutte contre la traite des personnes, mais aussi et surtout un appel à l’esprit citoyen de chacune et de chacun quant à la nécessité de comprendre la situation des victimes de la traite des êtres humains qui sont souvent victimisées à nouveau lorsqu’elles demandent de l’aide. 

‘’Prenons ensemble la parole pour faire entendre la voix des victimes de traite, dont les droits sont bafoués et les rêves brisés. Cela, dans une synergie d’action, car c’est ensemble que nous sommes plus forts’’, a conclu la ministre de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté. 

Irène Bath