Traite des personnes : Des Ivoiriens racontent leur calvaire en Algérie et au Koweit ; pourchassés, comment ils ont été ramenés en CI

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traite-des-personnes-des-ivoiriens-racontent-leur-calvaire-en-algerie-et-au-koweit-pourchasses-comment-ils-ont-ete-ramenes-en-ci Des victimes de la traite des personnes bénéficient de l'assistance de l'OIM. (Ph: DR)
Société

L'édition 2021 de la Journée internationale de la lutte contre la traite des personnes a été célébrée le 16 août à Aboisso autour du thème : « La voix des victimes nous guide ».

La célébration de la Journée internationale de la lutte contre la traite des personnes a connu une connotation particulière, ce 16 août 2021. Réunis à Aboisso, des jeunes Ivoiriens victimes de ce phénomène ont partagé leurs expériences. L’objectif est d’interpeller les populations à un éveil de conscience.

Koné Ahmed, âgé de 29 ans, victime de trafic illicite explique qu'il a tenté l’aventure à la recherche d’un mieux-être en Algérie en 2016. « Pendant que j’effectuais des travaux champêtres à Duekoué, j’échangeais avec des amis à l’extérieur qui m’ont convaincu de les rejoindre en Algérie pour obtenir de meilleures conditions de vie » a-t-il mentionné. C’est ainsi qu’il prend l’initiative de s’y lancer avec la somme de 800 000 Fcfa. « Après avoir réuni cette somme, j’ai pris attache avec un réseau de passeurs pour le départ. Nous étions au nombre de 73 candidats en partance pour l’Algérie. C'est une fois au Nord du Mali que nous avions été victimes de maltraitance et de prises d’otage, dans le désert par des individus armés » a détaillé Koné Ahmed, soulignant qu’ils avaient été dépouillés de ce dont ils possédaient pour effectuer le voyage sans oublier les menaces de morts et de tortures qu’ils subissaient au quotidien. Malgré ces difficultés, Ahmed soutient qu’il a réussi à intégrer l’Algérie où il fait l’objet d’un trafic humain pour effectuer des travaux forcés. « Nous avons réussi à nous échapper, jusqu’à ce que je sois rapatrié à la frontière du Niger par les forces de l’ordre algériennes et c’est ensuite que j’ai obtenu l’aide de l’OIM (Organisation Internationale pour les Migrations) pour regagner la Côte d’Ivoire » a indiqué la victime.

A sa suite, Gbéhé Bah Larissa, âgée de 23 ans, s’est retrouvée au Koweit en 2019 pour effectuer des travaux domestiques en raison des situations difficiles vécues suite au décès de ses parents. « Étant dans ce pays, la vie n’a pas été facile, j’effectuais 22 heures de travail sans repos et sans rémunération dans une famille Koweïtienne sans compter les menaces de mort et les tentatives d’exploitation sexuelle », confie-t-elle. D’un ménage à un autre, elle a également subi des tortures. Fort heureusement, elle a bénéficié de l’aide d’une Ong (Organisation non gouvernementale) en collaboration avec la Croix Rouge qui a facilité son retour en Côte d’Ivoire après 6 mois passés au Koweit.

Ces deux témoins victimes de traite ont profité de la célébration de la Journée internationale de la lutte contre la traite des personnes pour sensibiliser la jeunesse ivoirienne en général et celle d’Aboisso en particulier, sur les dangers de ce phénomène. Ils les ont encouragé à s’intéresser aux opportunités économiques et sociales qu’offre la Côte d’Ivoire au détriment de l’extérieur.

Irène BATH