Côte d’Ivoire : Les journalistes en formation sur la situation des personnes handicapées 

Société
Publié le Modifié le Source : Linfodrome
cote-d-ivoire-les-journalistes-en-formation-sur-la-situation-des-personnes-handicapees Raphael Dogbo prend une part active à cette formation dédiée aux hommes des médias.

Le mardi 31 août 2021, s’est ouvert une session de formation des journalistes ivoiriens. L’objectif visé par Internews, initiateur de ce programme répond au besoin de sensibiliser les hommes de média pour une meilleure couverture des questions liées à la situation des personnes vivant avec un handicap. Cet atelier s’est étendu sur trois jours dans un grand hôtel de la capitale à Abidjan-Plateau.

A en croire les organisateurs, ce programme se déploie dans quatre pays en Afrique dans l’espace francophone et anglophone. Il s’agit de la République démocratique du Congo, du Libéria, de la Tanzanie et de la Côte d’Ivoire. Ce projet ambitieux veut mettre les journalistes à contribution pour un changement de regard sur les personnes vivant avec un handicap.

Pour Jackie Njagi Lidubwl porteuse du programme, il s’agira dans un futur proche de soutenir les journalistes engagés pour le meilleur positionnement social des personnes en situation de handicap. En effet, les journalistes à travers cette formation, bénéficieront d’outils et de mécanismes pour faciliter le traitement des sujets relatifs aux personnes en situation de handicap. L’objectif est donc d’amener la société à poser un regard collaboratif et positif sur les personnes vivant avec un handicap. Et pour atteindre ce but, Jackie Njagi soutient que les journalistes peuvent jouer un rôle important face à cet enjeu. Car dans l’entendement général, être handicapé est un signe de pauvreté. Aussi de préciser qu’en Afrique, nous avons un taux élevé de personnes en situation de handicap parce que le handicap va au même rythme que le taux de pauvreté. Selon des données statistiques, en Afrique, ce sont 60 à 80 millions de personnes en situation de handicap

Pour Jackie Njagi Lidubwl, les productions positives des journalistes pourraient aider à l’amélioration des regards sur les personnes en situation de handicap. Dans sa communication, Jackie Njagi Lidubwl a aussi présenté un tableau décrivant les différentes catégories de personnes vivant avec un handicap. Cette approche a permis aux hommes de médias d’avoir une meilleure compréhension des questions relatives aux personnes vivant avec un handicap.

Au nombre des panelistes de cette première journée, Kaneza Evelyne d’Internews a axé sa communication sur le Reportage sur le handicap. Avec elle, il a s’agit pour les journalistes de maitriser les techniques d’expressions terminologiques dans un reportage sur le handicap. Ainsi, elle recommandé aux apprenants de se garder de désigner une personne handicapée par son seul handicap. « Lorsque vous écrivez ou parlez de personnes handicapées, choisissez des mots descriptifs et présentez-les sous un jour positif. A conseillé Kaneza Evelyne. Elle a aussi insisté sur la posture que devrait adopter les reporteurs d’images lorsque ces derniers interviewent une personne vivant en situation de handicap.

Le 1er septembre 2021, les journalistes ont eu droit à une communication magistrale de Raphael Dogo, président de la FAHCI, ancien Secrétaire d’Etat chargé des Personnes Handicapée, Expert en handicap et inadaptation. L’homme bien connu des journalistes s’est prononcé sur les ‘’Politiques locales et internationales sur le handicap’’. De son développement, il faut retenir que malgré les acquis obtenus de haute lutte, les politiques locales et internationales sur le handicap restent encore infimes. A l’ancien ministre de faire observer que les données statistiques sur la question liée au handicap sont biaisées. Les institutions internationales et même locales tendent à faire croire que le débat sur la marginalisation des personnes en situation de handicap a évolué. A en croire Raphael Dogo, il ne faut pas se fier aux résultats des chiffres communiqués par les politiques locales et internationales. Pour lui en effet, les journalistes devraient davantage se pencher sur ce sujet pour faire entendre la voix des sans voix. Il a surtout exhorté ses frères et sœurs en situation de handicap de s’affranchir de leur handicap. C’est une sorte de catharsis

A sa suite, Modeste Boffoué du département digital d’Internews est intervenu sur un thème non moins important. ‘’Tirer parti des réseaux sociaux pour couvrir le handicap’’

Dans un élan d’interactivité avec les journalistes, Modeste Boffoué , a fait observer aux hommes de médias que s’il importe de se pencher sur la production de contenu de qualité, il a surtout encouragé les journalistes à s’orienter sur l’analyse des données statistiques. Car la bonne lecture des statistiques permet de réorienter son axe de communication afin de toucher au mieux la cible. Il a aussi indiqué que relativement aux personnes en situation de handicap, les constructeurs des plateformes digitales s’intéresseraient un peu plus sur des fonctionnalités permettant de prendre en compte les besoins spécifiques des personnes en situation de handicap.

Revenant sur la table des panelistes, Jackie Njagi Lidubwl, a prononcé une communication. Celle relative au langage et terminologie de reportage sur le handicap. A l’issu de son adresse, les participants ont été soumis à un exercice. Celui d’un brainstorming, des groupes de travail constitués, il a s’agit de mettre en pratique la compréhension de la partie théorique de la formation. Ce qu’il convient de retenir, c’est que cet atelier vise à faire changer le regard sur les personnes en situation de handicap.


Une contribution de A. T. B.