Crise humanitaire dans le Bounkani : Le Gouvernement ivoirien apporte un appui de 50 millions Fcfa à 3 000 déplacés burkinabè

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crise-humanitaire-dans-le-bounkani-le-gouvernement-ivoirien-apporte-un-appui-de-50-millions-fcfa-a-3-000-deplaces-burkinabe Des dons en vivres et non vivres offerts aux réfugiés burkinabè. (Ph: DR)
Société

Trois membres du Gouvernement ivoirien ont rendu visite, jeudi 30 septembre 2021, à des populations burkinabè qui, fuyant les attaques terroristes aux frontières entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, ont trouvé refuge dans le département de Téhini.

La délégation Gouvernementale composée des ministres de l’Intérieur et de la Sécurité, du Plan et du Développement et de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté a remis aux 3 000 réfugiés et déplacés internes des médicaments de première nécessité, des vivres et non vivres d’une valeur de plus de 50 millions Fcfa. Cet appui intervient suite au soutien aux populations touchées par les attaques terroristes dans le nord-est de la Côte d’Ivoire le 22 juin dernier à Kafolo.

Ouattara Oumar, député de Téhini, a expliqué aux émissaires du Gouvernement que depuis des mois, leur département se trouve dans un état de peur et d’inquiétude face au bilan sécuritaire à la suite de la série d’attaques dans les régions du Bounkani et du Tchologo, entre juin 2020 et juin 2021. « Le bilan à ce jour est très lourd pour notre pays », a-t-il déploré.

La ministre de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, Myss Belmonde Dogo a salué l'élan de solidarité de ces populations. Elle a indiqué que l'une des raisons de leur présence en ces lieux, c'est pour se rendre compte de l’ampleur de la situation vécue par les populations déplacées. Elle a profité de l'occasion pour interpeller l’ensemble des entités nationales et internationales. « La situation qui se joue sous nos yeux relève d’une urgence humanitaire sans précédent, dont la gestion ne saurait être l’affaire de la seule région du Bounkani, ou encore celle du Gouvernement », a-t-ellesouligné, puis de saluer l’implication du Haut-commissariat des Nations-unies pour les réfugiés (UNHCR) qui a assisté 79 familles de 427 réfugiés et 23 familles d’accueil.

Le HCR comme son mandat le lui demande, sera présent tout au long du processus pour le retour de ces populations déplacées chez elles, selon Angèle Djohoussou, représentante de cette institution du système des Nations-unies. « Il est important de noter que l’assistance que nous apportons (…) est infime, et ne cible en priorité que ceux d’entre eux qui sont considérés comme les plus vulnérables. Il faut donc que toutes les bonnes volontés répondent, dans la mesure de leurs moyens, aux besoins des communautés de réfugiés », a-t-elle plaidé.

Le HCR a salué l’appui du gouvernement ivoirien au département de Téhini qui se traduit sous la forme d’un appui en médicaments de première nécessité de plus de 3 millions Fcfa ; en vivres et non-vivres, 25 tonnes riz, cinq tonnes de conserves de tomate, deux tonnes de pâtes alimentaires, 7200 morceaux de savon, 453 nattes et des bouilloires, d’une valeur totale de plus de 50 millions de Fcfa ont été remis aux populations impactées du département de Téhini. A cela, il faut ajouter une enveloppe de plus de 2 millions Fcfa en espèce.

Le Général Vagondo Diomandé, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, a rappelé aux forces de l’ordre la nécessité de collaborer avec les populations. « L’amour de nos populations doit nous guider dans ce combat. Elles peuvent aussi être des pistes à suivre dans nos recherches. Soyez donc des partenaires ! », a-t-il recommandé.

La délégation ministérielle a rassuré les populations locales et les réfugiés burkinabé sur une collaboration certaine avec les autorités du Burkina Faso. Une collaboration qui devrait permettre d’améliorer la situation sécuritaire et favoriser le retour des populations réfugiées chez elles.

Bouraima Sanka, réfugié burkinabé a remercié le président Ouattara et ses envoyés. « Nous sommes sans armes face à ceux qui veulent nous tuer. Nous ne pouvons que les fuir. Mais de savoir que depuis le sommet de la Côte d’Ivoire, les dirigeants pensent à nous et que les populations nous ont accueillis, nous ne pouvons que remercier le président de la République et ses envoyés. Ils viennent de nous donner de la force », a déclaré Bouraima Sanka.

Irène BATH (Avec sercom)