Contribution : Le rôle des médias dans la protection des Droits Humains

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contribution-le-role-des-medias-dans-la-protection-des-droits-humains Les questions des Droits de l'Hommes au cœur des priorités. (Ph: DR)
Société

Présidente de la Commission sociale de l’Organisation des journalistes professionnels de Côte d’Ivoire (Ojpci), dont la mission est de promouvoir la solidarité au sein de ladite association, Anne Bakoum est également chargée de mener des actions sociales au bénéfice des populations, dans le respect des Droits Humains. Bénéficiaire d’une formation organisée par Apprentissage sans frontière (Asf), institution de droit suisse, dans cette contribution, elle aborde la question du rôle des médias dans la protection des Droits Humains.

Sans qu'une définition universelle ne soit établie, l'on pourrait définir les droits humains comme les droits inaliénables de tous les êtres humains, du simple fait d'être un humain, sans distinction aucune ; notamment de race, de nationalité, d'origine ethnique, de langue, de religion, de sexe ou de toute autre situation. 

Il s'agit du droit à la vie, à la liberté, à la liberté d'opinion et d'expression, du droit au travail, à l'éducation, à la santé, pour ne citer que ceux-là. Attirer les regards et réveiller la conscience des uns et des autres sur des situations de violation des droits humains, telle est la noble mission du journaliste.

 

L’Inde et les Droits des Femmes

 

L’Inde, 2e pays le plus peuplé et 7e pays le plus grand du monde, pays à forte croissance économique, est considéré comme un pays industrialisé. L’Inde, c'est malheureusement aussi un pays où la femme est un bien de consommation ; on l'achète, on la revend, et quand elle est violée, c'est elle la coupable, c'est elle la prostituée. Qui mieux qu'un journaliste peut révéler ce tableau sombre de notre monde ?

 

Droits de la femme et mutilations génitales : Une pratique traditionnelle

 

Plus proche de nous, les mutilations génitales sont l'expression de nos traditions. Et pourtant, cette pratique viole tant de Droits Humains :

-droit à la vie (lorsque la pratique entraîne la mort) ;

-droit à la santé ;

-droit à l'intégrité physique et mentale ;

-droit de ne pas subir de discrimination fondée sur le sexe (car au contraire de la circoncision, la mutilation génitale impacte la sexualité), etc.

L'Afrique des traditions, l'Afrique des mutilations génitales, est aussi l'Afrique de la solidarité, l'Afrique du port de bébé, l'Afrique de l'allaitement prolongé. La mutilation est certes une pratique traditionnelle ancrée, aux conséquences néfastes, mais oser en parler fait la différence : la pratique est en régression. On peut même maintenir le côté festif de cette pratique sans toucher au bébé, à la fille, à la femme. 

Continuons de sensibiliser donc.

Il est clair qu'un journaliste formé peut mieux contribuer à promouvoir et protéger les Droits Humains : participation des femmes à la vie politique et sociale ; lutte contre le travail, contre le mariage des enfants ; intégration des personnes handicapées dans le système de l'éducation, de l'emploi ; protection et réintégration des migrants de retour, etc.

Il y a tant à faire.

Préoccupée par la protection des Droits Humains, Apprentissage sans frontière (Asf), institution de droit suisse avec siège social à Genève, a organisé, en partenariat avec l’Organisation des journalistes professionnels de Côte d'Ivoire (Ojpci), présidée par Olivier Yro, dans le processus de la professionnalisation du journalisme en Côte d'Ivoire, la septième (7eme) session de formation qui s'est tenue en ligne, Covid-19 oblige, du 20 septembre au 07 octobre 2021.

Les experts de cet atelier ont enrichi les participants sur le thème : « Mieux connaître et comprendre les Droits Humains et leurs instruments de protection afin de les promouvoir », de sorte que ceux-ci ne s'autorisent plus d'erreurs quant à la terminologie dans le traitement de la question des droits humains, au prétexte de leur méconnaissance du sujet.

Ainsi, cette formation a donné aux journalistes les moyens d'aborder désormais la question des Droits Humains, non seulement avec assurance, mais aussi avec beaucoup plus de détermination. Les participants ont été instruits sur toute la nocivité que produisent les fake news ou fausses informations, surtout lorsqu'elles proviennent d'une source aussi incontrôlable que les réseaux sociaux. Bien d'autres thèmes ont été développés, notamment : « Commission africaine des Droits de l'Homme et des Peuples », « Droit à l'information, Liberté de presse et Journalisme d'investigation ». Un sujet d'actualité a également été traité : « Droits de l’Homme et droit de la nature » ; puis un thème qualifié de révolutionnaire, à savoir : « Le système traditionnel africain de protection des Droits de l'Homme et de la Femme - Principes et Valeurs Ubuntu ».

Dr Mutombo Kanyana, (fondateur de l’Université populaire africaine UPAF, université africaine en Suisse et en Europe), a présenté dans sa thèse, la philosophie Ubuntu comme le fondement du respect des Droits Humains, l'essence de l'identité africaine.

Anne BAKOUM