Migration irrégulière

L’Ong Lisad sensibilise les populations de Yopougon à travers des témoignages d’anciens migrants

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l-ong-lisad-sensibilise-les-populations-de-yopougon-a-travers-des-temoignages-d-anciens-migrants La remise de kit alimentaire de la Jeune chambre internationale d'Abidjan Soleil à l'Ong Lisad a mis fin cette journée dédiée aux migrants.
Société

Face au phénomène de la migration irrégulière qui cause de nombreux morts et des disparitions qui affectent ainsi de nombreuses familles, l'Ong Lutte contre l'immigration illégale, secours, assistance et développement (Lisad) est allée sur le terrain. Elle a sensibilisé des populations de la commune de Yopougon, samedi 18 décembre 2021 à la salle des conférences de la paroisse Saint André.

La migration irrégulière fait plusieurs victimes, notamment à travers le fléau de la traite des êtres humains d'origine africaine. La Côte d'Ivoire à l'instar des autres pays est touchée par cette triste réalité. La migration irrégulière y est accentuée. En effet, elle occupe le 4e rang sur le plan mondial.

C’est du moins ce qu’a fait savoir l'Ong Lutte contre l'immigration illégale, secours, assistance et développement (Lisad). Considérée comme un pays de transit, de départ et de destination, la Côte d'Ivoire se voit exposée à ce phénomène de la traite des personnes et au trafic illicite des migrants.

Engagement contre la migration irrégulière

L’Ong Lisad a organisé cette séance de sensibilisation en collaboration avec le Comité national de lutte contre la traite des personnes (Cnltp). C’était à l'occasion de la 2e édition de la Journée internationale des migrants, autour du thème : « Écoutons la voix des familles des migrants disparus et des migrants de retour victimes de la traite des personnes ».

Selon Hervé Kouakou N'Dri, président de l'Ong Lisad, cette journée est une occasion de dissiper les préjugés. Il s’agissait aussi de sensibiliser l'opinion à la contribution des migrants de retour dans les domaines économiques, culturels et sociaux, tant de leur pays d'origine que de leur pays de destination.

Le président de l'Ong Lisad a fait un constat. « Nous constatons depuis plusieurs années que les États Africains sont très touchés par ce fléau qui a fait de nombreuses victimes et endeuillés plusieurs familles. De janvier 2014 à septembre 2018, 28.550 migrants sont morts ou disparus en Méditerranée. Alors qu'ils tentaient d'atteindre les côtes de l'Europe. Parmi eux, au moins 1300 enfants. Mais il est souvent impossible de vérifier l'identité des personnes disparues en mer même quand le cadavre est retrouvé », a-t-il attiré l’attention.

« C'est en sensibilisant que nous arriverons à atteindre nos objectifs fondamentaux »

Hervé Kouakou N'Dri a ajouté un point important. « C'est en sensibilisant que nous arriverons à atteindre notre objectif fondamental qui est de réussir la lutte contre l'immigration irrégulière en Côte d'Ivoire. Nous considérons que cette journée jouera un rôle primordial pour l'avenir des familles des disparues », a martelé le président de l'Ong Lisad.


Il a par ailleurs plaidé pour l'insertion professionnelle des migrants de retour au pays. Non sans manquer de rendre un hommage à ceux qui sont morts.

Michel Gbagbo parle aux migrants

Quant à Michel Gbagbo, député de Yopougon, il a appelé la jeunesse à éviter la migration irrégulière. « On peut se débrouiller ici en Côte d'Ivoire. Évitez de vouloir aller vite car il y a la mort dedans », a insisté Michel Gbagbo.

 

Pour sa part, Rosalie Tanoh, directrice du Cnltp, a fait remarquer que les migrants irréguliers subissent beaucoup de violence lors de leurs aventures. « Il important de sensibiliser la population particulièrement la jeunesse sur les dangers liés à la traite des personnes et au trafic illicite des migrants. Chers jeunes, je vous exhorte à la vigilance », a conseillé Rosalie Tanoh.

Témoignages des migrants rescapés

Des témoignages des migrants de retour, victimes de la traite des personnes, et ceux des familles des migrants disparus ont également meublés cette journée de sensibilisation.

 

Mariam Bamba, ancienne migrante au Koweït est revenue sur les exactions qu'elle a connues durant son aventure. « Là-bas n'est pas facile, les travaux sont énormes. On m'avait promis un travail dans un supermarché quand je quittais la Côte d'Ivoire. A ma grande surprise, c'est le travail de servante que je faisais. Les travaux sont énormes et sans repos. C'était la souffrance totale. J'ai fait 8 mois de prison. C'est grâce à un laisser passer d'Arabie Saoudite que j'ai pu rentrer en Côte", a-t-elle raconté.

En ce qui le concerne, Moussa Traoré, une ancienne victime de la traite des personnes en Libye a expliqué la souffrance qu'il a vécue au cours de sa mésaventure. Il porte encore les séquelles de cette épreuve.

Fatoumata Ouattara et Mme Sangaré ont, elles, successivement confié les circonstances du décès de leurs maris et enfants lors de la traversée pour l'Europe.

Eddy BIBI

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