‘’Marche pacifique’’ du Collectif des docteurs non recrutés de Côte d’Ivoire : 42 personnes interpellées

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Société

42 membres du Collectif des docteurs non recrutés de Côte d’Ivoire ont été interpellés, ce mercredi 2 novembre 2022, lors de la ‘’marche pacifique’’ organisée au Plateau.

En route pour la Présidence, où ils comptaient déposer un document pour la résolution de leur problème, 42 membres du Collectif des docteurs non recrutés de Côte d’Ivoire ont été interpellés, ce mercredi 2 novembre 2022, au niveau de la grande Poste, à la Place de la République, au Plateau, par des éléments de la police.

Les 42 personnes interpellées conduites à la Préfecture de Police

Après leur interpellation, les 42 personnes ont directement été conduites à la Préfecture de Police. Dans l’après-midi, nous sommes entrés en contact avec Dr Tehoua Germain, membre dudit collectif qui donne de leur nouvelle.

« Les 42 docteurs sont dans la salle de conférence de la préfecture de police. Nous sommes venus avec quelques sandwichs. Certains ont été brutalisés au moment de leur interpellation », a-t-il confié.

Dans la matinée, les membres dudit collectif se sont donnés rendez-vous à la Rue du Commerce au Plateau, point de départ de la ‘’marche pacifique’’ qui devrait s’ébranler vers la présidence de la République. Avant le début de la marche, Dr Tehoua Germain s’est adressé à la presse pour donner l’essence de ce rassemblement.

« Aujourd’hui mercredi 2 novembre 2022, nous nous sommes donné rendez-vous ici au Plateau pour faire une marche pacifique et responsable pour aller déposer nos informations, décrier la crise du doctorat en Côte d’Ivoire. Depuis quelques années, les docteurs ne sont pas recrutés dans la norme », a-t-il planté le décor.

Poursuivant, il a décrié les conditions du recrutement des docteurs. « On annonce un concours, on vous dit qu’on prend 600 personnes et au final, c’est 200, 300, 400 personnes qui sont prises. Il y a eu des années où il n’y a pas eu de recrutement du tout. Alors il y a eu le goulot d’étranglement. Aujourd’hui, il y a un lot de docteurs qui se trouvent sur le carreau », a-t-il souligné.

A l’écouter, les différents recrutements les ont appauvris. « Sur des années, on passait d’université en université pour déposer des dossiers. Chaque recrutement pouvait nous faire dépenser au moins 500 000 francs cfa parce qu’on voulait multiplier les chances d’être recrutés », a-t-il dit.

A entendre Dr Tehoua Germain, ce ne sont pas les propositions qui ont manqué face à cette situation. « Nous disons de respecter l’article 19 du Cames qui vise à ce que chaque université privée qui se crée recrute 5 docteurs permanents. On demande d’affecter des docteurs dans les lycées et collèges comme des docteurs agrégés comme cela se fait en France », a-t-il rappelé.

Dans la même dynamique, « On a également demandé de supprimer les heures complémentaires », selon Dr Tehoua.

« Nous avons décidé d’aller faire nos propositions à notre président, Dr Alassane Ouattara »

Face au blocage, les docteurs non recrutés ont décidé de rencontrer le chef de l’Etat. « Nous avons décidé d’aller faire nos propositions à notre président, Dr Alassane Ouattara », a-t-il indiqué.

Les attentes des docteurs non recrutés sont grandes vis-à-vis du chef de l’Etat. Ils demandent leur insertion, « comme cela s’est fait dans les autres pays, au Cameroun, au Sénégal, au Maroc, tenez-vous bien ». « Au Maroc, il y a deux semaines, ils ont recruté 2 350 docteurs par un décret exceptionnel. Au Cameroun, 2000, en Tunisie, ainsi de suite. Même au Soudan. Ces pays ne sont pas plus nantis que la Côte d’Ivoire », a-t-il souligné.

A l’écouter, si le président Ouattara est informé de la situation, il prendra des mesures exceptionnelles pour l’intégration des 3000 docteurs. « Je suis convaincu que si notre président, Dr Alassane Ouattara, est réellement informé des situations qui ont créé cette crise du doctorat, il va prendre une mesure pour la résolution de cette crise », s’est-il convaincu.

Contacté, le service de communication du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique affirme qu’il n’était pas informé d’une quelconque manifestation. « Je me suis renseigné auprès du service courrier. On n’a pas reçu de courrier de docteurs disant qu’ils allaient marcher. C’est pareil au niveau du secrétariat du ministre. Personne n’informé au ministère de cette marche », nous a-t-on confié.

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