Crime organisé et terrorisme : Des experts du Giaba réfléchissent sur l’implication des femmes et des jeunes

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Société

Du 5 au 7 décembre 2022, à Abidjan, des experts étudieront la question du genre dans les crimes financiers et économique liés au terrorisme.

Après le Ghana et le Sénégal, la Côte d’Ivoire accueille le 3e atelier régional conjoint du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent (Giaba) et le Centre de la Cedeao pour le développement du genre (Ccdg) sur les dimensions genre et jeunesse de la criminalité économique et financière en Afrique de l’Ouest.

Les femmes et jeunes dans le crime organisé

Procédant à l’ouverture de cet atelier, Moussa Diarrassouba, représentant la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance, Nassénéba Touré, a relevé le fait que de nos jours, les femmes et les jeunes sont de plus en plus impliqués dans ce fléau, aussi bien en tant qu’auteurs actifs dans les crimes financiers et d’autres activités criminelles concomitantes. Il explique par ailleurs que les femmes et les jeunes ont, à plusieurs reprises été victimes d’activités des terroristes et d’autres crimes impliqué dans des activités transfrontalières ; alors que selon les statistiques, dans notre région ouest-africaine, les femmes et les jeunes représentent une part importante de nos populations.


Pour lui, cette situation s'explique un peu par le chômage.  << Le taux de chômage est élevé aussi bien chez les femmes que chez les jeunes faisant d’eux des populations les plus vulnérables et des terreaux pour ce phénomène >> a-t-il justifié tout en notant tout de même qu'<< il convient d’approfondir les réflexions et de proposer des solutions concrètes adaptées aux contextes de nos réalités régionales. L’une des solutions demeure l’employabilité des jeunes et des femmes >> .


Il fait donc savoir la position de la ministre  qui << salue cette initiative et le choix de ce thème qui permettra aux différents experts ici réunis d’apporter des idées innovantes pour accompagner les gouvernements de note sous-région, et en particulier celui de la Côte d’Ivoire à intégrer les perspectives genre et jeunesse dans la lutte contre la criminalité économique et financière transnationale >>  et ajouté que << ces réflexions permettront, sans nul doute de bâtir un consensus sur les perspectives dans la définition des principales questions >>.


Intervenants au nom de la représentante permanent de la CEDEAO en Côte d'Ivoire Fanta Cissé, Wanou Jérôme a souligné que  le lien inextricable entre le terrorisme et la criminalité économique n’est plus à démontrer. Aussi, bien que l’on ait beaucoup appris sur les activités de financement utilisées par les terroristes en appui à leurs activités, les contre-mesures qui ont été élaborées et mises en œuvre par les pays semblent inefficaces ou insuffisantes pour faire obstacle aux activités des terroristes et démanteler leurs vastes réseaux.


<< Il convient donc de réexaminer notre compréhension du financement du terrorisme et ses implications sur les relations de genre et de savoir comment les évidences peuvent être utilisées de manière plus efficace pour lutter contre le terrorisme >> a-t-il fait remarqué.

Une priorité pour l'Afrique de l'Ouest

Quand à la représentante du directeur général du Giaba, Edwin Haris, Gina Woody, a souligné que l’intégration des questions de genre et de jeunesse dans la lutte contre la criminalité transnationale organisée économique et financière en Afrique de l’Ouest reste un point prioritaire à l’ordre du jour de la Communauté de la Cedeao. << Il est prévue que ce forum adopte le plan d’action régional sur l’intégration des perspectives de genre et de jeunesse dans la lutte contre la criminalité économique et financière transnationale en Afrique de l’Ouest et parvienne à un consensus sur la création d’un réseau de praticiens dans la lutte contre les crimes financiers >>.

Pour le centre de la Cedeao pour le développement du genre, Sandra Folquet a laissé entendre que << Nous sommes tous préoccupés par ce sujet qui constitue une grave menace pour l’Afrique >>.

Tandis que le Commissaire divisionnaire major,  Tobi Irié François de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif),va dit que << lutter contre la criminalité économique et financière transnationale organisée sans tenir compte de cette particularité serait une erreur stratégique et même pourrait être assimilé à une déficience >>. Et il attend attentivement les résultats des travaux de ce 3e atelier du Giaba.