Après son assemblée générale de vendredi: La MUGEF-CI se retrouve avec 3 Pca

Société
Publié le Source : L'inter
la-mugef-ci-se-retrouve-avec-3-pca Des mutualistes estiment que le feu couve encore à la Mugef-ci qui a 3 Pca que sont Holland N'Da (à gauche), Gnagna Zadi (au centre) et Soro Mamadou (Ph. DR)

Les lampions se sont éteints sur l’assemblée générale de la Mutuelle générale des fonctionnaires et agents de l’État de Côte d’Ivoire (Mugef-ci), le vendredi 28 juin 2013, avec l’élection de Soro Mamadou, tête de liste «Solidarité Espoir», comme président du conseil d’administration de la MUGEF-CI. Cette élection qui est l’aboutissement d’un long processus dévolu au Comité de gestion mis en place par le gouvernement depuis avril 2011, est manifestement loin de donner une réponse définitive à la crise qui secoue cette maison depuis quelques années.

Et pour cause, des mutualistes qui nous ont contactés dimanche, ne cachent pas leurs inquiétudes quant à l’avenir de la Mugef-ci. A les en croire, l’élection de Soro Mamadou va en rajouter aux difficultés qui minent cet outil de solidarité ; étant entendu qu’elle porte à trois (3) le nombre de président du conseil d’administration. Mais aussi, ce nouveau conseil d'administration jette la Mugef-ci dans un flou total.

Sur le premier point évoqué, nos interlocuteurs indiquent qu’en dehors du nouveau président élu, il existe deux autres Pca que sont Holland N’Da, suspendu par le gouvernement le 11 avril 2011 ; puis Théodore Gnagna Zadi, élu le 30 avril 2013 par une branche dissidente. «Sur le cas Holland N’Da, son conseil d’administration a été suspendu et non dissous. Ce qui veut dire, qu'il est encore en embuscade. Quant à Gnagna Zadi, il a été élu par une bonne frange de fonctionnaires qui se reconnaissent en lui, au nombre desquels les médecins. Ce qui fait de la Mugef-ci, une sorte de dragon à trois têtes. La crise est loin d'être réglée», se sont-ils convaincus, sous le couvert de l’anonymat.

Ajoutant que le conseil d’administration qui vient d’être élu n’est pas représentatif des fonctionnaires, en ce sens qu’il a été élu par des délégués représentant 21,48 %. Pour le reste, les mutualistes qui nous ont approchés disent ne pas comprendre le flou qui est créé autour de certains décaissements, et qui n'interpelle pas le Comité de gestion. Notamment, le décaissement de la somme de 1 milliard de fcfa en 2002, pour l’acquisition d’un terrain de 47 hectares sis Akouédo-Attié ; puis de la somme de 156 millions de fcfa pour la clôture qui n’a jamais été réalisée.

Enfin, le recouvrement de 486 millions de fcfa représentant des arriérés de cotisation des Forces armées de Côte d’Ivoire, le recouvrement des cotisations de la Cgrae en souffrance auprès du Trésor public, pour un montant de 2,372 milliards de fcfa. «Sur ce dernier cas, alors que le Trésor a viré directement et par tranche les cotisations dans les caisses de la Mugef-ci, des agents de la Mugef-ci ont monté des sociétés-écrans pour percevoir indûment des commissions», ont-ils martelé.

Au total, nos interlocuteurs ont regretté que l'assemblée générale du vendredi 28 juin ait manqué de faire un bilan, ainsi qu'un rapport moral et financier de sa gestion ; et même celui des années antérieures. L’on peut donc affirmer que la solution du gouvernement de mettre en place un Comité de gestion censé débarrasser cet outil de solidarité de toutes les sources de controverses intestines, est loin de régler les problèmes.

G. DE GNAMIEN

degnamien@yahoo.fr

G de Gnamien
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