Interview

Gervinho : «Lamouchi a mal géré la fin du match»

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gervinho-lamouchi-a-mal-gere-la-fin-du-match (Photo d'archives)
Sport

Dans les décombres de la défaite de Fortaleza, mardi dernier, à l’occasion du dernier match de poule face à la Grèce (1-2), la voix de Gervinho était au-dessus du lot.

Auteur de deux buts et deux passes décisives dans la Coupe du monde Brésil 2014, l’attaquant de l’As Roma était très en colère de ne pas voir la Côte d’Ivoire au deuxième tour de cette compétition. Sorti du match contre toute attente, il accuse Sabri Lamouchi, le sélectionneur national qui a rendu le tablier juste après l’élimination des Eléphants, d’avoir pris de mauvaises décisions en fin de rencontre.

Gervinho, vous venez de rater d’aller en 8è de finale d’une Coupe du monde…

C’est une grande déception. On n’imaginait pas se voir effondrés dans les dernières minutes, à la dernière seconde. On a tous notre part de responsabilité : un manque d’expérience. Mais, il y aussi le staff technique qui doit faire son boulot. C’est inadmissible de pouvoir se comporter comme ça.

Quelle analyse fais-tu du match?

L’entraîneur n’a pas su gérer la fin du match. On a fait un mauvais début, une mauvaise première mi-temps. Après, on est revenu au score. Chaque fois, on doit toujours courir derrière un but avec quelques erreurs. On a réussi à égaliser, c’était le plus difficile. Même en cas de match nul, on était qualifiés. Après, il y a eu de mauvaises décisions vers la fin du match.

Quelles sont ces mauvaises décisions?

Même s’il faut faire sortir les cadres de l’équipe, il aurait fallu renforcer la défense. Dans ces genres de rencontre, il faut être solide défensivement. Cela n’a pas été le cas.

Le sélectionneur vient d’annoncer son départ, en conférence de presse…

Franchement, je pense qu’on devrait être d’abord les premiers à être au courant. Il doit être déçu, il faut aussi le comprendre. Mais le problème, ce n’est pas qu’il démissionne ou pas. Le problème, c’est qu’on est encore là. Chaque fois, les entraîneurs viennent et vont. Nous, on est toujours là à subir chaque fois les déceptions. C’est nous qui subissons toujours.

Est-ce que vous aussi, joueurs, vous vous remettez en cause ? Parce qu’à votre niveau aussi, chaque fois, c’est la même chose. Toujours des défaites…

Franchement, je ne sais pas comment vous répondre. Comment se remettre en cause pour ne pouvoir pas perdre un match à la dernière seconde ? Il faut savoir ce qui ne va pas et quelle est la solution. On se pose tous la même question. Vous vous imaginez, en cas de match nul, on est qualifiés pour le deuxième tour et on perd à la dernière seconde. Qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse ? Il y a des choix…Souvent, ce sont les joueurs, souvent c’est l’entraîneur. On ne sait plus ce qu’il faut faire.

Quel avenir pour cette équipe ?

Franchement, il faut se reposer. On aura du mal à passer une belle nuit ce soir (Ndlr : mardi 24 juin). Il faut se reposer. Après, ce sera difficile de tenir parce qu’il s’agit quand même de la Coupe du monde. On rate le rendez-vous avec l’Histoire. Franchement, j’avais envie d’entrer dans l’histoire de la Côte d’Ivoire avec une qualification en huitième de finale. C’est dommage et je suis vraiment triste. Je vais me reposer, chercher à me vider la tête, sachant que cela va être difficile. Après, je vais me remettre au boulot. L’entraîneur a démissionné mais moi, je suis encore là. Je suis toujours Ivoirien et j’ai encore les couleurs de mon pays à défendre au mois de septembre, pour la qualification à la Can Maroc 2015.

Interview réalisée par Litié BOAGNON, envoyé spécial à Fortaleza (Brésil)

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Litié Boagnon
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