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Après le naufrage de Yaoundé : Le mea-culpa de Renard

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Sport

Arrivé dans une ambiance de triomphe sur le banc ivoirien où il a été immédiatement adoubé par les Ivoiriens, Hervé Renard se voit contraint, après deux matches seulement, au mea-culpa.

Il a avoué deux fautes, avoir minimisé les soucis défensifs chroniques des pachydermes et ne pas avoir su résoudre la question de l'efficacité en attaque face aux Camerounais. « Le premier match, même si on l’a remporté, n’a pas été de très bonne facture. Ça fait dix jours qu’on travaille, il faut beaucoup du temps pour construire quelque chose. Il va falloir réfléchir à la stratégie à employer pour le reste des matches de ce groupe. Notamment remanier le secteur défensif. Aujourd’hui, on s’est aperçu qu’il y a beaucoup de travail. Parfois, il faut prendre une bonne déculottée, et être régulier les autres fois (...) Mon sentiment après ce match, c’est de n’avoir jamais pu et su contrer les offensives camerounaises et de n’avoir pas été réalistes par rapport aux nombreuses occasions qu’on s’est créées également», a-t-il affirmé, juste après le match.

Le voilà qui est pris en flagrant délit de non-respect de promesse. Certes, il ne pourra rien régler à coups de baguette magique dans cette sélection ivoirienne, mais il a eu le temps de faire des diagnostics clairs dès sa prise de fonction. Reconnaître ne pas avoir une bonne défense et n'avoir pas su répondre au défit offensif posé par les Camerounais, relève certes de l'humilité. Toute chose qui a manqué au banc ivoirien pendant tout le temps que Sabri Lamouchi y était.

Mais, il faut plus au sélectionneur national pour rassurer les Ivoiriens et les convaincre d'une possible volonté de reconstruction de cette équipe. Au-delà du mea-culpa, Hervé Renard devra résoudre la question cruciale des pressions occultes sur le vestiaire ivoirien. Lui-même l'a reconnu après le premier match contre la Sierra Leone, des membres de l'encadrement technique l'ont induit en erreur sur le choix de certains joueurs. Il devra se donner les moyens pour choisir en toute liberté, les joueurs qui sont au mieux de leur forme. «Je ne choisirai pas de joueur qui manque de compétition dans leur club», avait-il dit.

Lamine Koné en manque grandement à Lens où il chauffe le banc. Pourquoi l'avoir appelé? Akpa Akpro n'a jamais été un titulaire à part entière dans son club. Pourquoi est-il convoqué à chaque match des Eléphants? Bamba Souleymane est en plein déménagement dans son nouveau club turc. Pourquoi lui avoir confié la responsabilité de la défense centrale? La reconstruction proposée doit s'accommoder d'une radicalité et non de demi-mesures et d'un semblant de rigueur. Il faut courageusement faire table rase des déchets qui pourrissent la sélection en n'écoutant pas n'importe quel intermédiaire de joueur beaucoup plus préoccupé à faire la promotion de son protégé que par la réputation de l'équipe nationale. Il y a des joueurs qui ne méritent pas la sélection. Si Renard n'est pas assez futé pour le comprendre, il est assuré de partir comme Lamouchi, en pleine conférence, au sortir d'un désastre.

Litié BOAGNON

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