Interview

De retour en France au Paris Fc: Baky Koné dit tout

«L’intégration s’est très bien passée»
15/02/2016
Baky Koné veut rebondir au Paris Fc (ph : DR)
Après plus de 5 ans dans le Golfe, Baky Koné fait son retour en France. Pas en Ligue 1, mais au Paris FC, lanterne rouge de l'échelon inférieur, où l'attaquant compte bien faire des miracles. Entre amour de Gourcuff, tampon de Lloris et Josh Groban, entretien petit mais costaud avec Baky, le vrai

Voilà maintenant quelques semaines que vous êtes arrivé au Pfc. Comment vous vous sentez ?

Je me sens très bien ! L’intégration s’est très bien passée, ils m’ont bien accueilli, avec beaucoup de joie et de respect. Je suis content, c’est comme si je faisais partie de cette équipe depuis longtemps. Ils connaissent mon parcours. Et je suis content d’être avec eux, car je peux apporter mon vécu, mon expérience. Quand il y a des conseils à donner, je les donne, et surtout, je vois qu’ils sont réceptifs. C’est le plus important.

Pourquoi avoir choisi le Pfc ?

C’est surtout par rapport au challenge. J’aurais pu rester dans le Golfe, j’ai également eu des propositions ici. Mais c’est mon choix, et comme je l’ai toujours fait, j’assume mes choix. Il y a un défi qui se présente devant moi, et je suis un homme à défi. Je vais tout faire pour aider le club à se maintenir.

Vous y croyez encore avec une seule victoire depuis le début de la saison ?

Il y a encore des matchs ! Tant que ce n’est pas mathématiquement fini, il y a de l’espoir ! On bosse à l’entraînement, on se donne les moyens pour réussir. Et si ce n’est pas facile, il y a encore la possibilité de le faire.

Pour l’instant, vous n’avez joué que 40 minutes (deux entrées en cours de match, ndlr). Quelles sensations avez-vous eues ?

Ça va. Je manque un peu de rythme, mais je me sens beaucoup mieux maintenant. L’entraîneur fait ses choix, moi je suis là pour aider. Mais on s’entraîne tous dans la même logique, pour avancer et tirer l’équipe vers le haut.

En juillet dernier, vous passiez un essai au Havre. Auriez-vous pu signer là-bas ?

À chaque fois, on me dit que j’ai fait un essai, mais il faut que je recadre un peu tout ça. J’y suis allé pour retrouver un peu le terrain, car ça faisait pas mal de temps que je n’avais pas touché le ballon et je venais de sortir d’un mois de ramadan qui était un peu dur. Donc ça m’a permis de toucher le ballon. J’ai passé juste une semaine là-bas, c’était bien, mais c’était juste pour ça. La signature n’a jamais été évoquée, j’avais juste la possibilité de m’entraîner. Et dès le départ, il n’y a pas eu discussion dans ce sens-là avec mon agent.

Pour revenir à vos débuts, vous êtes pensionnaire de l’académie Jean-Marc Guillou à Abidjan, aux côtés de grands noms du football ivoirien…

Oui, il y avait Kolo Touré, Zokora, Yapi-Yapo, Aruna Dindane... Je peux en citer encore, y en avait 27 (rires) !

Et tous ces gens-là sont partis plus tôt que vous vers l’Europe. Avez-vous eu peur de rester à quai ?

Il fut un moment où j’ai eu cette crainte de ne pas pouvoir partir, parce qu’à chaque fois que je voyais les autres partir, je me disais : « À quand mon tour ? » Donc ça m’a poussé à travailler encore plus et à me surpasser. Je bossais encore plus que le les autres, car on me disait à chaque fois : « Ta taille, ta taille… » Je n’ai pas la taille; mais je peux vous montrer d’autres choses.

Pourquoi ce choix de partir au Qatar à ce moment-là ?

Pour le défi. C’était une équipe qui venait de monter en 1ère division, avec de jeunes joueurs locaux et français. Djamel Belmadi était entraîneur, il avait un grand projet. Il voulait remporter le championnat, jouer la Ligue des champions, et moi, ça m’a plu. Au départ, c’était difficile, mais on a fini champions dès la première année, je finis meilleur joueur, on gagne encore le titre la saison suivante. C’était une très belle expérience, c’est à vivre. Quand je suis arrivé là-bas, il n’y avait même pas de vestiaires, de banc pour s’asseoir. Alors qu’aujourd’hui, quand tu vois le club… Ils ont un stade qui est mieux que beaucoup de stades ici, un centre d’entraînement magnifique. Et je suis content d’avoir contribué à aider ce club à être là où il est aujourd’hui.

Donc pas du tout par appât du gain ?

Je l’ai beaucoup entendu, mais comme je l’ai beaucoup dit, même si certains vont rigoler, j’aurai pu rester à Marseille pour la même chose, voire plus… Ça n’avait pas grand-chose à voir avec l’argent. Et puis je connaissais déjà le Qatar, je ne partais pas en terre étrangère. Même si ça avait beaucoup changé entre-temps (rires)… Ils avaient construit de partout ! C’est un pays, tu pars 3 ans, tu reviens, et ce n’est plus le même pays. Mais le cadre de vie est super là-bas. C’est sécurisé, très calme, donc j’étais tranquille. Et puis cette fois-ci, je suis parti avec ma famille. Après, il m’a manqué certaines choses, comme pouvoir parler aux supporters, le manque de monde dans les stades… C’est aussi ces raisons qui m’ont poussé à revenir.

Il y a aussi un écart de niveau physique et technique, non ?

Il y a un écart, c’est sûr. Mais ce que j’explique aux gens, c’est qu’au Qatar, quand on gagne, c’est l’équipe, quand tu perds, c’est à cause de l’attaquant. Et les dirigeants peuvent te mettre à l’écart rapidement. Donc tu as un souci de performance assez élevé, et tu te dois sans cesse d'être prêt. Tu n’as pas le droit d’être malade, pas le droit d’être blessé. Si tu te blesses deux semaines, ça va murmurer dans ton dos et préparer quelqu’un pour prendre ta place. La deuxième année là-bas, j’ai eu quelques blessures, mais comme j’avais de très bonnes relations avec les dirigeants, ça allait. Et c’est aussi pour ça que je suis resté 5 ans là-bas. Mais ce n’était pas pour me laver les mains, prendre des sous. D’autant que là-bas, quand on te donne des sous, on te saigne jusqu’à la fin. Donc si tu n’es pas exigeant, que tu prends 5 kilos en plus, on te met à l’écart.

Sinon Baky, on vous a souvent vu jouer avec les chaussettes baissées…

C’est un choix (rires) ! Depuis tout petit, j’ai toujours joué comme ça. J’ai une gêne à mettre les chaussettes jusqu’au genou. J’aime sentir ce petit vent, cette liberté, ne pas me sentir enfermé… Même en hiver, quand on me donne des manches longues, je préfère rester en manches courtes. Sinon, je ne me sens pas ! C’est un truc assez personnel, je ne saurais pas l’expliquer, mais c’est juste comme ça !

Pour finir, vous écoutez toujours les Garagistes d’Abidjan dans votre voiture ?

Pas que les Garagistes (rires) ! Et puis ça dépend des moments. Parfois, j’écoute énormément de zouglou, les Garagistes et plein d’autres artistes ivoiriens, du coupé décalé. Et puis à d’autres moments, j’écoute de la musique douce, de l’opéra…

Et là, vous êtes dans quelle période ?

Là, c’est coupé décalé et du zouglou (rires) ! Mais quand je veux être plus tranquille, j’écoute du Josh Groban, des chanteurs comme ça pour souffler, retrouver mes esprits, avoir le corps en harmonie, me sentir en liberté.

Un peu comme pour les chaussettes baissées donc ?

Et oui (rires) !

Source : So Foot.com

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  • SOURCE: L'inter

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