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CAN 2017 : Les raisons profondes de l’élimination des Eléphants de Côte d’Ivoire

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Publié le Source : Linfodrome
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La sélection de la Côte d’Ivoire, vainqueur de l’édition précédente de la CAN, était beaucoup attendue à la 31ème édition de cette compétition, au Gabon. Mais les poulains de Michel Dussuyer, après avoir fait rêver les Ivoiriens lors de leur stage de préparation, sont rentrés à la maison plus tôt que prévu. Les raisons de ce retour précipité au bercail.

Après 6 qualifications d’affilée en quart de finale de la CAN marquées par 2 finales perdues (2006 et 2012) et le sacre en 2015, la sélection de Côte d’Ivoire, version Michel Dussuyer a réussi la prouesse de briser la chaîne. De façon déshonorante, à Oyem.

Le match crucial contre les Lions de l’Atlas, disputé et perdu (1-0), le mardi 24 janvier 2017, fut le sommet de l’humiliation.

Les Eléphants ont produit un spectacle ( ?) insipide et un jeu sans relief avec un Gbohouo Sylvain ayant perdu son aura depuis la seconde sortie des Ivoiriens contre les Congolais, soldée par le nul (2-2), le vendredi 20 janvier 2017.

A froid, Linfodrome a fait une analyse de la situation et relevé quelques causes de ce qu’on pourrait appeler la débâcle des Eléphants au regard du standing de la Côte d’Ivoire dans le gotha du football africain et de son riche potentiel. Quel gâchis !

Les raisons sont multiples et les plus significatives sont endogènes.

La science du sélectionneur Michel Dussuyer inefficace

A tout seigneur, tout honneur. Le premier responsable de cette mauvaise campagne n’est personne d’autre que le sélectionneur Michel Dussuyer.

C’est lui le concepteur de tous les plans de bataille et qui choisit les joueurs pour les animer.

Le premier constat qui crève même les yeux du profane, c’est la difficulté pour le technicien français à trouver une équipe type. Certes, on peut se permettre un turnover lors des matches amicaux ou de préparation, comme ce fut le cas, pendant le stage d’Abu Dhabi, contre la Suède et l’Ouganda.

Mais de là à devenir un adepte du turnover lors d’une compétition d’envergure comme la CAN, cela passe difficilement. En effet, lors des 3 matches de poule, Michel Dussuyer a présenté des équipes différentes. Le faire, n’est pas mauvais en soi, mais lorsque les résultats ne suivent pas, alors on est en droit de se poser des questions sur l’efficacité de la science du technicien français.

Face au Togo, le lundi 16 janvier 2017, Michel Dussuyer avait placé en défense Eric Bailly, Wilfried Kanon, Serge Aurier et Traoré Adama adossés au gardien Gbohouo Sylvain tandis que dans le secteur médian, il avait laissé le capitaine Serey Dié, Franck Kessié et Seri Jean Michael dans l’éventail de récupération.

Wilfried Zaha et Salomon Kalou placés sur les ailes devaient alimenter l’attaque où Jonathan Kodjia faisait figure de leader.

Malheureusement, lorsque cette « machine » s’est grippée face à la sélection togolaise considérée comme la cendrillon de la poule C, Dussuyer n’a pas trouvé de solution, se contentant du nul (0-0).

Le second match disputé contre la RD Congo, le vendredi 20 janvier 2017, a vu la titularisation de Wilfried Bony sur le front de l’attaque, en lieu et place de Kodjia, ainsi que de Doukouré Cheik au poste de Seri Jean Michael. Max Alain Gradel avait été préféré à Kalou sur l’aile.

La dernière sortie des Eléphants dans cette compétition, le mardi 24 janvier 2017, a vu la titularisation de Déli Simon dans la charnière centrale de la défense, pour permettre à Wilfried Kanon de glisser sur le côté gauche à la place de Traoré Adama. Salomon Kalou signait son retour sur l’aile.

En 270 minutes, le temps des 3 matches de poule, la Côte d’Ivoire n’a véritablement produit du jeu que dans les 45 dernières minutes du match contre la RDC (2-2). Le reste du temps, l’équipe n’a misé que sur les exploits individuels de certains joueurs, le collectif étant absent.

En outre, pendant que ses collègues entraineurs lui posaient des équations, Michel Dussuyer éprouvait mille et une difficultés pour les résoudre. Il n’a d’ailleurs pas trouvé de solution à ces différentes équations.

Les approximations de l’entraîneur ne sont pas les seules causes de l’échec. Il est vrai qu’une équipe est un tout, mais lorsque certains joueurs d’ordinaire irréprochables ne sont pas dans le coup, tout le groupe ressent le contrecoup.

Baisse de régime de certains joueurs

En défense, Serge Aurier et Adama Traoré ont commis quelques erreurs de marquages lors du match contre la RD Congo.

Au milieu, le remplacement de Seri Jean Michael par Doukouré Cheik n’a pas donné le résultat escompté.

Sur l’aile, les nombreuses arabesques de Wilfried Zaha auraient été utiles s’il avait privilégié le jeu collectif à des moments précis. En outre, il a paru un peu nerveux lors du match crucial contre le Maroc.

Et quand une telle formation est adossée à un Gbohouo Sylvain pas du tout dans sa splendeur olympique, il faut s’attendre à une débâcle programmée. Dans un grand jour, Gbohouo aurait pu éviter au moins 2 des 3 buts qu’il a encaissés dans cette CAN.

Manque d’un patron dans l’entrejeu et un leader en attaque

Toutes ces erreurs individuelles auraient pu être corrigées s’il y avait un métronome dans l’entrejeu.

Le capitaine Serey Dié Geoffroy est certes admirable par sa combativité, mais n’a pas le profil du maître à jouer. Il est plus utile dans le corps à corps et sa capacité à aller au charbon. A ses côtés, la présence d’un joueur technique, capable d’accélérer ou garder le ballon quand il le faut, aurait fait assez de bien au groupe.

Il a aussi manqué à la bande à Dussuyer un leader en attaque, un tueur capable de semer la désolation dans les camps adverses.

Faut-il pour autant brûler nos héros d’hier? Non. Car la plus grosse erreur serait de jeter le bébé avec l’eau du bain. Il faut plutôt tirer les leçons de cette mauvaise campagne. Les échecs d’aujourd’hui préparent les victoires de demain, dit-on.

Adolphe Angoua

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