Interview

Président de l'Association des journalistes sportifs de Côte d'Ivoire : Alphonse Camara dévoile son plan d'actions

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president-de-l-association-des-journalistes-sportifs-de-cote-d-ivoire-alphonse-camara-devoile-son-plan-d-actions "nous allons faire des formations pour que les uns et les autres soient suffisamment outillés pour pouvoir utiliser ces nouveaux médias.
Sport

Elu président de l'Association des journalistes sportifs de Côte d'Ivoire (Ajs-Ci), le samedi 21 septembre 2019, Alphonse Camara dévoile son plan d'actions.

Vous venez d'être élu nouveau président de l'Association des journalistes sportifs de Côte d'Ivoire (Ajsci). Quel est le sentiment qui vous anime ?

Je me sens honoré par la confiance que les membres de l'Ajsci ont placé en moi. Je suis d'autant plus honoré que ce choix est celui de tout le monde. Il y a eu un consensus autour de ma personne. C'est parce qu'on a fait confiance en ma personne, qu'on a décidé que ce soit moi qui conduise l'équipe. Tout cela participe aussi de la cohésion que nous voulons au sein de cette association.

 

Vous avez été élu par acclamations. Cela veut dire que votre famille est soudée. Quelles sont les attentes liées à cette unité ?

Les attentes sont nombreuses parce que notre association est restée longtemps dans la léthargie. L’Ajsci s’était très bien illustrée après sa création avec le président Coulibaly Vamara. Aujourd’hui, nous avons de nombreux défis à révéler. Il faut renouer avec les activités. C'est pourquoi, nous proposons un plan d’action qui repose sur plusieurs points. Entre autres, la formation des journalistes. On peut revendiquer une certaine expérience mais de temps en temps, nous sommes obligés de revisiter les techniques qui fondent notre métier. De nombreux jeunes sont arrivés dans la corporation. Soit par passion, soit par vocation. Mais anciens comme jeunes journalistes, nous avons tous besoin de formation. Nous allons donc nous atteler à organiser des séminaires de formation pour que les uns et les autres aient les coudées franches, pour pouvoir apporter leur contribution à la promotion et au développement du sport en Côte d'Ivoire.

La formation va s’étendre aux nouveaux médias. Aujourd’hui, on assiste à un développement important de la presse numérique qui s'impose à nous. Nous allons faire des formations pour que les uns et les autres soient suffisamment outillés pour pouvoir utiliser ces nouveaux médias. De nombreux journaux en Côte d'Ivoire ont des sites internet. La presse en ligne s'est beaucoup développée. Il faut donc s’approprier ces nouveaux outils numériques qui peuvent nous apporter une plus-value.

Nous avons prévu aussi la spécialisation. Nous sommes journalistes sportifs. Tout le monde parle du football. En Côte d’Ivoire, c’est le sport roi comme dans beaucoup, d'autres pays. Mais il n’y a pas que le football qui fait le sport. Nous avons le basket, le handball et d’autres sports qui ont besoin d’être connus. Les journalistes doivent être capables de maîtriser les règles, les techniques et le langage de ses sports, de sorte à pouvoir faire des compte-rendus, des analyses et même des commentaires pertinents sur des sujets liés à ces sports.

 

La spécialisation pourrait s’accélérer au rythme des relations avec les fédérations. Quelles sont les actions que vous allez mener dans ce sens ?

Bien évidemment, nous avons déjà échangé avec de nombreux présidents de fédération qui adhèrent à l'idée. Ils trouvent que cela va contribuer à la promotion de leur sport. Nous avons un chronogramme avec ces fédérations. En temps opportun, le programme va démarrer avec l'appui des experts et des techniciens de ces fédérations.

 

Il y a un sujet qui revient constamment dans le milieu des journalistes sportifs. C'est l'unité. Est-ce qu'il y a urgence d'aller à l’union avec l'autre association des journalistes sportifs ?

Nous avons besoin au niveau de l'Ajsci, de relancer d'abord nos activités. Fondamentalement, nous ne sommes pas opposés à cette idée. Je pense que de part et d'autre, il y a de bonnes intentions. Nous avons besoin d'être une force qui compte dans le mouvement sportif ivoirien. Chaque chose en son temps. Je pense que le moment venu, les deux associations se retrouveront pour échanger sur cette question.

 

Vous êtes un journaliste de longue date et chevronné. Quel conseil pouvez-vous donner aux jeunes journalistes qui veulent embrasser le métier de journaliste sportif ?

Je dirai aux jeunes de cultiver l’humilité, d'accepter d'apprendre tous les jours et de rester surtout accrochés aux règles du métier. La passion ou la fougue ne doivent pas leur faire perdre de vue le fait que le journalisme est un métier qui a ses règles.

 

Aujourd'hui dans la grisaille où la précarité salariale est le quotidien des journalistes, quel est l'intérêt d'être journaliste sportif ?

Avant d'être journaliste sportif, on est d'abord journaliste. Et le journalisme est une profession. Aujourd'hui, la question de la précarité salariale au niveau de la presse doit être appréciée de façon globale. Pas seulement par rapport au journaliste sportif. Le nouveau président de l'Union nationale de la presse sportive a décidé d'en faire son cheval de bataille. Cette initiative a tout son sens et son importance.

 

Les médias classiques sont débordés par les réseaux sociaux. Est-ce une crainte pour vous?

La menace est présente certes mais pour moi, il faut capitaliser cela en utilisant à bon escient les nouveaux médias. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous parlons de la formation des journalistes dans ce domaine. Il faut avoir les coudées franches pour transformer cette menace en avantage.

 

Quel est le message que vous voulez faire passer aux journalistes et aux autorités ?

D'abord aux membres de l'Ajsci, je dis restons unis pour relever les défis dans la cohésion. Nous avons l'obligation de rester unis, non seulement pour la consolidation de notre association, mais pour créer la confiance vis-à-vis des autorités. Nous avons besoin de l'appui des autorités et des opérateurs économiques pour nos actions. Dans les pays de la sous-région (Burkina Faso, Mali, Bénin, Guinée, etc.), les associations de journalistes sportifs bénéficient du soutien de leurs États, surtout lors des compétitions internationales, continentales telles que la Coupe d’Afrique des nations de football, la Coupe du monde de football, les Jeux olympiques par exemple. Nous souhaitons que nos autorités, nos États nous soutiennent en tant qu'acteurs de promotion et de développement du sport en Côte d’Ivoire.

 

Réalisé par Litié BOAGNON

En coll. avec Eddy BIBI

Litié Boagnon
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