Côte d'Ivoire

Affrontement intercommunautaire à Rubino (Agboville) : Plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels


10/02/2020
Affrontement intercommunautaire à Rubino (Agboville) : Plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels
Le match interclasse opposant des élèves du lycée municipal a viré à l'affrontement (Ph d'archives)

La paisible cité de Rubino, située à 26 km au nord d'Agboville, chef-lieu de département, s'était transformée en une véritable fournaise les vendredi 7 et samedi 8 février 2020. A l’origine de l’affrontement, un match de football d’interclasse opposant des élèves du lycée municipal, le mercredi 5 février 2020.

Un week-end noir du fait d'un Affrontement entre les communautés autochtones et allogènes vivant jusqu'à ces jours en parfaite symbiose. Au moment où nous y arrivions dans la matinée de ce lundi 10 février 2020, c'est une ville morte qui s'est dressée devant nous. Les commerces fermés, la circulation inexistante dans les rues. Des groupuscules issus des deux camps rassemblés par endroits se regardent encore en chien de faïence sous la vigilance des forces de l'ordre.

Devant ce tableau sombre, nous avons interrogé des sachants pour nous enquérir de la situation. Selon nos interlocuteurs, tout est parti d'un match de football entre élèves au lycée municipal, le mercredi 5 février 2020, dans le cadre d'une compétition interclasse. C'est au cours de ce jeu qui, contrairement à son esprit rassembleur, a semé les germes du désordre. Les élèves des deux clans s'affrontent en se jetant des pierres et autres projectiles. Dans leur débandade, le terrain des hostilités se déporte au centre-ville, face à la brigade de gendarmerie. Des heures plus tard, une méditation composée des éléments de la brigade, des présidents de jeunesse des différentes communautés réussit à ramener balle à terre.

Le lendemain jeudi 6 février, si la journée a été sans heurt, ce ne fut pas le cas la nuit tombée. Les démons de la violence reviennent de façon plus énergétique. Si bien que jusqu'à 3h du matin, l'affrontement devenait plus atroce. Des bûchers sur les artères matérialisent des barrières à ne pas franchir. Les rues jonchées de projectiles de tous ordres. Quelques kiosques situés en bordure de route ont été soit détruits, soit incendiés. Plusieurs blessés également ont été enregistrés dans les deux camps, dont l'un portant un traumatisme crânien. Au lever du jour, c'est le retour au calme.

Alors que tous s'imaginaient que c'était la fin de la belligérance, que nenni. Aux environs de 11h, le vendredi, la crise a atteint son paroxysme. Toujours selon nos informateurs, c'est qu'une rumeur a fait croire que l'un des blessés a succombé. C'est donc cette fausse information qui a jeté l'huile sur le feu. En plus des projectiles, les deux camps en sont venus à une guerre à l'arme blanche. Ce mauvais vent a duré jusqu'à l'arrivée des forces de l'ordre venues en renfort aux gendarmes de la localité débordés. La présence des soldats n’a pas tiédi l’ardeur des uns et des autres puisque personne n'a voulu se laisser distraire. La situation est restée délétère jusqu'au samedi.

Heureusement, les ultimes médiations menées par Sihindou Coulibaly, Préfet de la région de l'Agnéby-Tiassa, préfet du département d'Agboville, Aka oi Aka, sous-préfet de Rubino et Kouassi Marie Virginie, député maire de la localité, le mercure est tombé. La situation est finalement sous contrôle du fait de la forte présence des forces de l'ordre. Les différents chefs des deux communautés que nous avons rencontrés appellent à la cessation des affrontements et prônent la paix durable entre toutes les populations qui vivent depuis des lustres sur le territoire de Rubino ou encore Gbogbobo.

Il faut noter que si la situation a connu cette ampleur, cela est le fait d'une horde de jeunes venus d’Anyama, en renfort à leurs frères allogènes de Rubino. Le mini car de type massa qui a servi au convoyage a été bloqué par les forces de défense et de sécurité. Quant aux mercenaires, ils ont fait l'objet d'arrestation. Ils seront traduits devant les tribunaux pour y répondre de leurs actes de terrorisme.

 

Célestin KOUAME

(Correspondant Régional de l'Agnéby-Tiassa et de la Mé)

Celestin KOUAMÉ

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  • SOURCE: Linfodrome
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