Côte d'Ivoire

René Didy à propos de l’élection à la FIF : « La situation est devenue bien compliquée pour tout le monde »

« Je ne connais pas Drogba, je n’ai jamais parlé avec lui »
« Je n’ai aucun intérêt à défendre »
16/09/2020
René Didy à propos de l’élection à la FIF : « La situation est devenue bien compliquée pour tout le monde »
René Ddjédjémel Diby, le président de la commission électorale

Joint, ce mercredi 16 septembre 2020, par Linfodrome, le président de la commission électorale, René Djédjémel Diby, s’est prononcé sur l’élection à la présidence de la Fédération ivoirienne de football (FIF) dont le processus électoral a été suspendu par la Fédération internationale de football association (FIFA) qui a décidé de créer une mission conjointe avec la Confédération africaine de football (CAF) pour entendre les acteurs de ladite élection.

Le président de la commission électorale, René Djédjémel Diby, s’est prononcé sur l’élection à la présidence de la FIF dont le processus électoral a été suspendu, le jeudi 27 août 2020, par la FIFA jusqu’à nouvel ordre. L’instance Fédérale du football mondial ayant décidé de créer par la suite avec la CAF, une mission conjointe pour entendre les membres de la commission électorale et du comité d’urgence ainsi que le président de la FIF, Augustin Sidy Diallo et le directeur exécutif, Jean Baptiste Sam Etiassé. A Linfodrome qui l’a joint, dans l’après-midi de ce mercredi 16 septembre 2020, René Diby qui revient de Yamoussoukro a fait savoir qu’il n’a pas encore été entendu par la commission FIFA-CAF par visioconférence.

« J’ai fini à Yamoussoukro, je suis en train de rentrer, tout fatigué. Appelez-moi, je ne sais pas quand. Mais de toute façon, on attend que la FIFA nous interroge. Non, non, on ne m’a pas appelé. On ne m’a toujours pas appelé. On ne m’a toujours pas interrogé », a-t-il insisté. Et d’ajouter : « J’ai demandé aux autres aussi, je crois qu’ils n’ont interrogé personne. J’ai eu aussi la lettre que le directeur exécutif (Jean Baptiste Sam Etiassé : ndlr) a écrite à la FIFA pour leur parler du temps que ça prenait. De toute façon, pour moi, c’est tout simple. Quand ils vont m’interroger, je dirai qu’on a fait une réunion, et tout le monde était d’accord. On a validé et puis après, ils sont partis se réunir pour revenir le lendemain. Moi, je n’ai pas voulu renier ma signature ».

A l’endroit de tous ceux qui sont à la base de ce blocage, le président de la commission électorale dit que le problème « était tout simple ». Mais « Ils n’ont pas voulu aller au recours et maintenant, ils parlent de recours. Mais, c’est tout simple. Je ne connais pas Drogba, je n’ai jamais parlé avec lui. Je ne peux pas attendre, à mon âge, que Drogba puisse être candidat, pour me corrompre et me donner à manger. N’importe quoi ! », a-t-il martelé, avant de lever un coin du voile sur ce qu’il a fait pour le sport ivoirien, à ses propres frais : « On a fait des équipes ici avec notre propre argent. Le Socraf de Dabou, l’Omness qui a été champion d’Afrique, qui nous donnait l’argent ? On était les vrais mécènes, avec Karim Diabagaté, Fah Cissé, Zinsou Simplice, Me Mondon, Aduo Luc et tout. C’était avec notre argent. Mais aujourd’hui, à mon âge, je vais attendre quoi ? (…) C’était tellement plus facile d’aller corrompre les gens pour avoir le parrainage… ».

Concernant la cohésion sociale dont certains font allusion pour tenter de le discréditer, il a donné des explications. « J’ai parlé de cohésion sociale en disant qu’avec l’atmosphère qui prévaut politiquement, il ne faut pas en rajouter. Que le football n’en rajoute pas…C’est tout simplement qu’on n’a pas interdit les multiples parrainages que cette porte est restée ouverte et puis on a validé les trucs. C’est tout. Rien d’autre. Je ne vais pas dire que c’est à cause de la cohésion sociale. On a fait un tour de table, tout le monde était d’accord. C’est le soir qu’ils sont partis derrière nous, ils ont pris quelques-uns pour faire… ».

Pour René Diby, si la commission électorale avait mal travaillé, tous ceux qui avaient à redire pouvaient saisir la commission de recours. « De toute façon, il y avait un recours. Pourquoi ne pas aller au recours ? Si j’ai mal travaillé, je veux bien. Je veux bien que j’ai mal travaillé. Mais pourquoi ne pas aller à la commission de recours ? », s’est-il interrogé, avant de dire que la situation est devenue compliquée par la faute de certaines personnes à la base de ce blocage : « Aujourd’hui, je constate que la situation est devenue bien compliquée pour tout le monde. Pas moi ! Moi, je n’ai aucun intérêt à défendre. Rien du tout. Je ne cherche rien. Je vais venir encore m’acoquiner à la FIF, après avoir été président de la FIF ? Après avoir été ministre ? Je vais venir faire quoi là-bas ? Servir du thé aux gens ? ».

Face à la situation de blocage, le directeur exécutif de la FIF, Jean Baptiste Sam Etiassé, a adressé, en début de semaine, un énième courrier à la FIFA pour attirer son attention sur certains impératifs, notamment « la reprise du championnat national 2020-2021, la préparation des échéances des matches de qualification pour la Can 2021 et la Coupe du monde 2022 et des contraintes liées au calendrier politique national en Côte d’Ivoire ».

Désormais, tout le monde a les yeux tournés vers Zurich où se trouve le siège de la FIFA. Une affaire si simple, on l’a compliquée parce qu’on voulait coûte que coûte casser du Drogba. Mais voilà qu’on commence déjà à pleurnicher. Tant pis ! D’aucuns diront que « Ils ont cherché la FIFA, ils l'ont trouvée ».

 

Adolphe Angoua

Sauf autorisation de la rédaction ou partenariat pré-établi, la reprise des articles de linfodrome.com, même partielle, est strictement interdite. Tout contrevenant s’expose à des poursuites.

Adolphe ANGOUA

|

  • SOURCE: Linfodrome

1 | 2