JO de Tokyo 2020 / Vainqueur du 100m hommes : Marcell Jacobs successeur de Bolt révèle son secret

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jo-de-tokyo-2020-vainqueur-du-100m-hommes-marcell-jacobs-successeur-de-bolt-revele-son-secret Le rêve de Marcell s’est réalisé de la plus belle des manières.
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Vainqueur du 100m hommes, Lamont Marcell Jacobs a créé dimanche 1er août 2021 au stade olympique l’une des plus grandes surprises des Jeux olympiques de Tokyo 2020 en devenant le premier Italien sacré sur la ligne droite.

Beaucoup s’interrogent sur l’origine de la force qui a propulsé cet athlète jusque-là peu connu, au point de lui permettre de réaliser pareille performance. Le nouveau maître du sprint mondial l’a expliqué après sa victoire. Il a révélé que ses progrès depuis un an ont une origine familiale. «Je suis né au Texas, mais je suis resté là-bas seulement six mois avant que mes parents ne se séparent et que je vienne en Italie », a confié Lamont Marcell Jacobs à la Gazzetta dello Sport, avant d’expliquer : «Je n’ai plus entendu parler de mon père jusqu’à il y a un an, lorsque j’ai décidé de travailler avec un préparateur mental. Elle m’a dit que pour courir vite, je devais reprendre contact avec le père que je n’avais jamais connu. Cette réconciliation m’a apporté quelque chose de plus, qui m’a aidé ces derniers jours. Mais je ne l’ai jamais rencontré en personne, nous nous écrivons et nous parlons».

Encore jamais médaillé dans un grand championnat, Lamont Marcell Jacobs s’est offert dimanche le titre olympique et le record d’Europe (9 sec 80). A l’exception d’Usain Bolt, aucun athlète n’avait couru aussi vite pour devenir champion olympique du 100 m. Né le 26 septembre 1996 à El Paso, au Texas, d’une mère italienne, et d’un père américain, Jacobs a succédé à Usain Bolt comme «l’homme le plus rapide de la planète ».

Rares étaient ceux qui auraient misé sur l’Italien Lamont Marcell Jacobs.

Mais il a réussi à déjouer tous les pronostics et s’est imposé au Stade Olympique de Tokyo 2020 avec, à la clé, un record d’Europe en 9,80 s. Lors de l’épreuve la plus prestigieuse des Jeux, Jacobs a pris le meilleur sur une pléiade de stars pour mettre fin à 25 ans de domination des sprinteurs des Amériques. Jacobs est ainsi devenu le premier Européen à remporter le titre olympique du 100 m depuis le sacre du Britannique Linford Christie à Barcelone 1992. « C’est un rêve tellement grand. Je ne réalise pas, a réagi Marcell Jacobs après sa victoire. Ce n’est pas un rêve, c’est la réalité. C’est incroyable. Je me suis dit 'Tu es en finale, va à fond, cours vite' ». Cette recette fait de lui le successeur du Jamaïcain Usain Bolt, triple champion olympique en titre. De même, il est le premier champion olympique italien de sprint depuis Pietro Mennea, vainqueur du 200 m à Moscou 1980. Jamais l'Italie n'était montée sur un podium olympique sur 100 m, Marcell Jacobs l'a emmenée au sommet.

Durant son enfance, Marcell s’est essayé à de nombreux sports avant de finalement se décider pour l’athlétisme. Il rappelle au Corriere della Sera les mots de son entraîneur à l’école : « Comme je n’étais pas particulièrement bon au football, mais que j’étais rapide, il m’a dit : pourquoi n’essaierais-tu pas un autre sport comme l’athlétisme ? »

Le jeune Jacobs fait ses premières armes en athlétisme au niveau national au saut en longueur. Lors des Championnats d’Italie 2016, il s’impose en sautant jusqu’à 7,89 m, son record personnel grimpant jusqu’à 7,95 m et même 8,48 m, avec un vent arrière de +2,8 m/s, en cette même année. Mais il brille réellement sur la piste en 2018, année où il décroche son premier titre national sur 100 m et se rapproche de la mythique barre des 10 secondes.

Durant le confinement imposé par le Covid en 2020, il s'entraîne dans une maison du Lac de Garde avec un mini-stade d’athlétisme comprenant une piste de 90m et une fosse de saut en longueur. Ces séances portent leurs fruits, puisqu’il se fait remarquer dès le début de la saison 2021.

Battre le record d’Italie était le premier objectif de Jacobs en 2021, mais son second était de participer aux Jeux Olympiques, une ambition qu’il nourrit de longue date. « La première fois que je suis rentré sur une piste d’athlétisme, à neuf ans, mon rêve était déjà de participer aux Jeux Olympiques. Sur le mur de ma chambre, j’avais une page de journal avec la célèbre publicité de Carl Lewis, où il portait des talons aiguilles dans les starting-blocks», raconte-t-il au média italien. Aujourd’hui, le rêve de Marcell s’est réalisé de la plus belle des manières.

 

Alphonse  CAMARA, Envoyé spécial à Tokyo