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"Affaire 100 millions", le "sacrifice de son fils"… Yapi Yapo raconte son incroyable descente aux enfers

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L’ancien footballeur ivoirien Yapi Yapo Gilles est revenu sur sa longue descente aux enfers après avoir eu recours à un marabout qui lui a fait des misères avant que son chemin ne croise celui de Dieu.

Yapi Yapo Gilles est l’un des plus grands talents que le football ivoirien a produit à la fin des années 90. Formé à l’Asec Mimosas, il a remporté la Supercoupe de la CAF en 1999. Le milieu de terrain a ensuite découvert l’Europe, en débarquant d’abord à Beveren en Belgique, puis au FC Nantes en France. Mais il a passé l’essentiel de sa carrière en Suisse, où il a porté les maillots du FC Zurich, du FC Bâle et du FC Aarau. En sélection, le joueur a défendu 21 fois les couleurs de la sélection nationale terminant au passage vice-champion d’Afrique 2006 avec les Eléphants.

Ce qui lui est arrivé

Meneur de jeu explosif, doué techniquement et doté d’une sacrée vitesse d’exécution, Yapi Yapo Gilles s’adapte et se hisse rapidement au très haut-niveau.

« J’ai connu des moments où je me suis senti très fort, mais je n’ai jamais été constant. Je n’ai pas réussi à maintenir ce niveau sur toute une saison. Mais c’est en Suisse où je me suis senti très bien dans ma peau », explique-t-il dans une interview à Ouest-France.

«  Je jouais moins et j’avais la pression de la sélection avec la coupe du Monde qui arrivait. Ce n’est pas quelque chose que j’ai très bien vécu. J’étais jeune, je réalisais mon rêve de venir jouer en France. Tout est allé très vite, j’étais médiatisé et je gagnais beaucoup d’argent pour mon âge. Ce n’était pas facile à gérer, ça m’a déstabilisé. J’étais loin de mes parents et je devais supporter tout cela seul », ajoute-t-il.

Ainsi, le joueur se réfugie dans le monde occultisme qui le plonge dans une incroyable descente aux enfers.

«  J’ai commencé à moins jouer et c’est le début de ma période sombre. Elle s’est poursuivie en Suisse avec les blessures. J’avais des dettes, j’ai même eu des pensées suicidaires, ça commençait à être trop lourd. J’ai beaucoup investi dans l’occultisme à cette période (…) »

Manipulé par de faux marabouts, il ne maîtrise plus ses pulsions et mange dans le creux de la main des escrocs qui réussissent à lui soutirer la coquette somme de 200 000 euros, soit environ 100 millions CFA.

Un jour, on m’a demandé de sacrifier mon propre fils

« On nous répète depuis l’enfance qu’il n’y a rien de néfaste, que c’est une manière de se protéger. Dans la naïveté et l’insouciance, on écoute les conseils, mais c’est malheureusement un monde qui n’est pas neutre. On tombe dans un engrenage. Moi, je me suis fait manipuler et escroquer. J’ai pratiquement dépensé 200 000 € et sans avoir de résultat », se souvient-il amèrement. « Je voulais guérir de mes blessures, retrouver la popularité que j’avais perdue. On explique que vous devez faire des sacrifices pour briser les sorts et vous commencez à être dépendant. On vous demande toujours plus, jusqu’à ne plus en pouvoir. Moi, je n’arrivais pas à faire la part des choses. Et comme je perdais beaucoup d’argent, j’étais attiré pour récupérer ma mise. » 

« On m'a demandé un jour de sacrifier mon propre fils. Ça devait être l’élément pour retrouver la gloire et me protéger de sorts. Je n’ai pas eu la force et ça a été un déclic, un réveil », commente celui qui est aujourd'hui libéré de ses démons. « A cette période, ma femme m’a aussi amené à l’église et je sais que Dieu m’a sorti de là. J’ai trouvé un autre chemin, je me suis senti revivre et j’ai fait la paix avec moi-même ».

« Si j’avais compris les choses comme je les vois aujourd’hui, si j’avais été plus mature, elle aurait sans doute été différente. Avec le recul, on peut se dire qu’on aurait pu faire autrement. Mais moi, je garde tout. On m’a dit un jour que si “mes erreurs me permettent d’être bien aujourd’hui, alors, ce n’était pas des erreurs”. Et j’ai aussi grandi avec mes erreurs », a conclu Yapi Yapo.

Comme le disent les Saintes écritures, "Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos car je suis doux et humble de cœur."