Cohésion sociale : La question de l’emploi dans l’engagement communautaire des jeunes de Daloa

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cohesion-sociale-la-question-de-l-emploi-dans-l-engagement-communautaire-des-jeunes-de-daloa Quelques membres du Sénat des jeunes du Haut Sassandra
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Daloa, localité située au centre ouest de la Côte d’Ivoire, fait partie des villes de ce pays ayant un fort taux d’immigration clandestine. Pour réduire ce problème et participer à la cohésion sociale, des organisations de jeunes se mettent ensemble pour trouver du travail à certains de leurs membres.

Il est 10 heures ce lundi 13 décembre 2021 quand nous rencontrons Dao Mohamed, président du Sénat des jeunes de la région du Haut Sassandra. Son quotidien est meublé par des séminaires ainsi que ses activités professionnelles.

Il nous conduit vers les jeunes qui ont pu obtenir un emploi ou qui entreprennent grâce aux plateformes d’insertion sociales locales.

En amorçant les rues de la ville, nous notre attention est captée par des magasins et divers de commerces gérés par plusieurs jeunes. Ces derniers ont décidé de ne pas attendre l’aide du gouvernement ivoirien pour se prendre en charge. « C’est ce qu’ils font pour se défendre, et nous prônons cela dans nos formations», nous explique Dao Mamadou.

Processus d’intégration dans une entreprise

Grâce à des partenariats avec des structures étatiques et privés, le Sénat des jeunes du Haut-Sassandra offre des débouchés à ses membres dont l’âge oscille entre 16 et 35 ans.

« Nous avons signé des partenariats avec des entreprises telles que Sagecoop qui intervient dans la cacao culture afin de trouver des opportunités de stage et d’emploi pour nos membres. Actuellement nous avons donné des stages à beaucoup de jeunes qui déjà après leur stage sont partis. Je peux dire qu'ils peuvent atteindre 40 »

De son côté, Mamadou Diallo, délégué général de l’université Lorougnon Guédé de Daloa, également membre de la société civile, use de sa position pour offrir des opportunités à de nombreux étudiants et étudiantes.

« Régulièrement des étudiants de toutes les UFRs sont recrutés pour participer à des activités de collecte de données, de supervisions, de participation à des séminaires de haut niveau afin de parfaire le niveau de formation théorique », a-t-il indiqué soulignant que 38 étudiants de niveau licence 2 ou master ont été recrutés pour une collecte de données pendant une année, en raison « de deux semaines par semestre ».

Aussi, plus 15 étudiants, ont-ils, été recrutés pour prendre part à des formations et séminaires de haut niveau entre octobre et décembre 2021 dans le cadre de la phase régionale des états généraux de l'éducation nationale en Côte d'Ivoire.

Témoignages des bénéficiaires

45 personnes issues du Sénat des jeunes du Haut Sassandra ont obtenu un emploi ou un stage dans la ville de Daloa. Parmi eux, Ndeye, Marietou, Vice-présidente de l’organisation. Pendant la pause d’une formation, elle nous explique comment elle a pu obtenir un stage au trésor public de ladite ville.

Je n’ai pas forcément fait ma formation en entreprise 

« Je suis étudiante en master 1 de droit public à l'Université Lorougnon Guede et Vice-présidente du Sénat des jeunes du Haut-Sassandra. J’ai obtenu un stage au Trésor en tant que Comptable. Tout est passé par le président Dao Mamadou. Il a signé un partenariat avec le Trésor et il a demandé à ce que des membres dynamiques du Sénat puissent  y effectuer un stage».

Sanata Tiero, Directrice d'une coopérative produisant du chocolat à Daloa rend son témoignage dont la quintessence est la persévérance. Elle a commencé en tant que stagiaire avant de devenir directrice grâce à une offre faite au Sénat des jeunes.

C'est vrai qu’ils nous aident à avoir un stage mais c'est notre volonté, notre aptitude à vouloir travailler qui nous aide à rester dans l'entreprise

« Moi, mon histoire remonte à près de trois ans. J'ai intégré le Sénat. L'objectif du Sénat est de permettre à des jeunes personnes diplômées ou pas de bénéficier des formations en leadership. C'est vrai qu’ils nous aident à avoir un stage mais c'est notre volonté, notre aptitude à vouloir travailler qui nous aide à rester dans l'entreprise. Et on nous apprend tout ceci au Sénat des jeunes du Haut-Sassandra. J'ai commencé au bas de l’échelle dans l’entreprise. J'ai commencé en tant que stagiaire. Après responsable commerciale aujourd'hui directrice », confie-t-elle, annonçant que bientôt, elle recrutera deux stagiaires.

La formation à l’entrepreneuriat fait partie de leur leitmotiv

Le Sénat des jeunes du Haut-Sassandra, organise également des séminaires de formation sur le leadership et l'entrepreneuriat.  L’entreprise du jeune Fofana El Hadji Bobognon, étudiant en master 1 de sociologie, est le fruit des formations dans ce domaine.

« C'est à l’issue de ces différentes formations que j'ai acquis les éléments qu'il faut pour ouvrir une structure de formation. Grâce au Sénat, j'ai pu suivre des formations dans le domaine de l’informatique, j'ai une structure. », se réjouit-il, précisant que l’informatique n’était pas sa formation de base.

Solutions pour des emplois durables à Daloa

La ville de Daloa fait partie des plus grandes villes de la Côte d’Ivoire. Elle est également une zone fortement agricole qui ne bénéficie pas d'infrastructures de pointes pour absorber les jeunes de plus en plus demandeurs d'emploi.

Pour permettre à la jeunesse d’avoir un emploi stable et réduire le nombre de chômage dans cette zone en Côte d’ivoire, le Sénat des jeunes invite la jeunesse à prendre des initiatives en se formant à tout ce qui est leadership et entrepreneuriat.

« On arrive à trouver des stages mais au-delà des stages il y a la formation personnelle parce que mine de rien quand tu trouves du stage à quelqu'un et qu'il ne fait pas valoir ses compétences dans l'entreprise, il ne peut pas être retenu », a expliqué Dao Mamadou, encourageant les jeunes à acquérir plus d'expériences en participant à des formations en leadership et à adhérer à des organisations.

Sandra KOHET