Lutte contre la pauvreté / Koné Kipeya catégorique: «Les Filets Sociaux productifs ne sont pas une charité, mais ...»

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Publié le Modifié le Source : Linfodrome
lutte-contre-la-pauvrete-kone-kipeya-categorique-les-filets-sociaux-productifs-ne-sont-pas-une-charite-mais Le Coordonnateur du projet Filets Sociaux Productifs, Koné Kipeya. (Ph: DR)

Le Coordonnateur du projet Filets Sociaux Productifs, Koné Kipeya était l’invité, lundi 10 janvier 2022, du ‘’Life Talk’’, une émission d’une chaîne privée de télévision, autour du thème: «Quelle prise en charge des couches vulnérables en Côte d'Ivoire ?».

«Les Filets Sociaux productifs ne sont pas une charité, mais favorisent l’autonomisation des ménages les plus vulnérables», a déclaré, lundi 10 janvier 2022, Koné Kipeya, Coordonnateur du projet Filets Sociaux Productifs. C’était au cours du ‘’Life Talk’’, une émission d’une chaîne privée de télévision.

Il a expliqué, à cette occasion, que le Projet Filets Sociaux productifs a pour rôle d’élever le niveau de consommation des ménages les plus vulnérables par l’octroi des allocations trimestrielles de 36 000 Fcfa. Cette allocation permet de sortir les bénéficiaires dudit projet de l’extrême pauvreté, à travers la réalisation d’Activités génératrices de revenus (AGR).

«Nous ne faisons pas que distribuer de l’argent»

Au cours de cette tribune d’échanges, Koné Kipeya a fait savoir qu’au-delà de l'amélioration du niveau de consommation des ménages, le projet Filets sociaux productifs accompagne également les bénéficiaires dans la création de richesses. Selon lui, la régularité du paiement des 36 000 Fcfa sur les 3 ans en plus de l’encadrement, permet aux ménages d’asseoir un plan d’affaires, puisque le Gouvernement met à leur disposition une subvention de sortie qui équivaut à un versement de deux trimestres. «Nous ne faisons pas que distribuer de l’argent, nous apportons une formation sur la bonne utilisation du budget familial et l’initiation ou l’accroissement des Activités génératrices de revenus (AGR). Pour l’année 2021, 12 928 personnes ont été formées sur le budget familial et nous avons encadré 311 Associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) afin de leur permettre de réaliser des AGR. Ce mécanisme d’économie sociale permet de briser le cercle vicieux de la Pauvreté», a-t-il expliqué.

227 000 bénéficiaires du projet

Koné Kipeya a expliqué que sur les 227 000 bénéficiaires du Projet, près de 80% de ménages ont amorcé un processus d’autonomisation à travers la réalisation de projets rentables qui impactent positivement le niveau de vie des populations cibles.

«Les Filets Sociaux ont pour objectif de régler les questions de vulnérabilité sociale»

Concernant le volet social du projet, le Gouvernement avec l’appui de la Banque mondiale, a mis en place un régime d’assistance médicale de la couverture maladie universelle. L’idée est de permettre aux bénéficiaires des Filets sociaux productifs de se soigner à moindre coût. A cela s’ajoute la scolarisation des enfants et la participation des bénéficiaires à la vie communautaire. « Les Filets Sociaux ont aussi pour objectif de régler toutes les questions de vulnérabilité sociale » a indiqué Koné Kipeya.

Un programme multisectoriel d’appui annoncé

C'est pourquoi l’État ivoirien a pour ambition de mettre en place un programme multisectoriel d'appui au système national des filets sociaux pour la période (2021-2025) qui va mettre l'accent sur la synergie de différents départements ministériels en faveur des ménages vulnérables. Ce programme viendra répondre davantage aux préoccupations concrètes des populations défavorisées. Il s’agit de l’électricité pour tous, l’accès à l’eau potable, les cantines scolaires, la gratuité sanitaire ciblée et le Fonds spécial de solidarité Covid-19.

Parlant du recensement des ménages pouvant bénéficier de cette action gouvernementale en milieu rural et urbain, Koné Kipeya a indiqué qu'il s'agit des personnes qui sont au seuil de l'extrême pauvreté, c'est-à-dire, celles qui n'arrivent pas à obtenir un montant de 335 Fcfa par jour. Poursuivant, il a expliqué que ce recensement consiste d’abord à sélectionner les zones d’intervention du projet, ensuite à conduire une enquête de niveau de vie des ménages, à travers des questions sur leurs conditions de vie et d’accès aux services sociaux de base. Cette enquête permet de procéder à un classement des plus pauvres au moins pauvres. Et enfin, la vérification et la validation des listes des ménages issus de l’enquête avec les communautés elles-mêmes ainsi que le corps préfectoral.

Critères d’éligibilité au projet

Il a rappelé les critères d'éligibilité au projet Filets Sociaux Productifs. «Pour bénéficier du programme Filets Sociaux Productifs, les ménages cibles doivent être identifiés comme résident permanent dans une localité de la zone d’intervention du projet, ensuite pré-identifiés comme un ménage éligible en raison de sa situation d’extrême pauvreté après une enquête-terrain. De plus, ils doivent être confirmés par la communauté de leur milieu de résidence, comme des ménages en situation de pauvreté extrême ou des cas particulièrement vulnérables du fait de l’âge, d’un handicap ou toute autre situation de vulnérabilité (…) Le principe de cette assistance est de les hisser au-delà de ce seuil de pauvreté afin d'améliorer leur niveau de consommation», a énuméré Koné Kipeya avant d'insister sur la gratuité du projet. «Aucun ménage éligible ne doit débourser un centime pour bénéficier du projet des Filets Sociaux Productifs», a-t-il clarifié.  

 «Aucun ménage éligible ne doit débourser un centime...»

Le coordonnateur du projet Filets Sociaux Productifs a aussi souligné que 35 000 ménages ont été sortis du projet fin 2021. Ces derniers font actuellement objet d'une évaluation afin de mesurer l'impact du projet sur leur vécu quotidien.

Et dans le cadre de la pérennité du projet Filets Sociaux Productifs, l’État dans sa politique sociale veut permettre à d'autres ménages d'en bénéficier. C'est pourquoi, jusqu'en 2025, le gouvernement veut atteindre plus de 300 000 ménages vulnérables, a conclu Koné Kipeya.

Ce projet social cofinancé par la Banque mondiale et la Côte d’Ivoire à hauteur de 69 milliards Fcfa est déployé dans les 31 Régions du pays et prend en compte 1 905 villages et 108 communes et chefs-lieux de département du pays. Il s'inscrit dans le cadre de l'axe 4 du Plan National de Développement (PND) qui se rapporte à l'inclusion sociale et de la deuxième phase du Programme Social du Gouvernement (PsGouv).

I.B. (Avec sercom)