Côte d’Ivoire-Ghana

Fermeture des frontières: le calvaire des opérateurs économiques, voici les facteurs qui retardent la réouverture

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Sujet du jour

Situation des opérateurs économiques à Noé, deux (2) ans après la fermeture des frontières du fait de la covid-19.  

Dans le cadre de la lutte contre la progression de la maladie à coronavirus (Covid-19), le gouvernement ivoirien a décidé de la fermeture des frontières terrestres, maritimes et aériennes à tout trafic de personnes depuis le 22 mars 2020.  

les passagers ont recours à la clandestinité

Dans ce communiqué, il a été mentionné que les trafics de marchandises sont autorisés sous réserve de contrôles sanitaires réalisés par les autorités compétentes avec également des couloirs humanitaires et de sécurité pour faire face aux besoins spécifiques de gestion de la pandémie. 

L'état des lieux

Toiles d'araignées dans la chambre (pas toutes les chambres), avec la présence de salamandre, un signal que cette chambre d'hôtel n'est pas beaucoup sollicitée.  Ici à Noé, ville frontalière au Ghana, les opérateurs économiques se tournent les pouces depuis la fermeture des frontières; a constaté Linfodrome ce jeudi 09 juin 2022. 

« Plus rien ne va ici (à Noé, ndlr) depuis la fermeture des frontières.  Normalement ce sont les étrangers (personnes qui transitent, ndlr) qui vont venir faire la location des chambres de l'hôtel afin que notre business tourne bien. Mais du fait de cette situation, nous n'avons plus de clients.  Avant, chaque week-end, l'hôtel était plein. Les 30 chambres dont nous disposons étaient toutes occupées.  Depuis la fermeture, nous recevons au maximum cinq (5) clients et ce, lorsque c'est le jour du marché » a indiqué Kontossamba Abdoulaye, gérant de l'hôtel Bachalp.  

Des personnes au chômage 

Continuant, il a indiqué que cette situation les a poussés à réduire l'effectif. « Nous étions sept (7) à huit (8) employés dans cet hôtel ; on est désormais quatre (4). L'activité ne tourne plus à plein régime donc nous étions obligés de renvoyer certaines personnes. 

les opérateurs économiques se tournent les pouces depuis la fermeture des frontières

Vous voyez que nous sommes en chantier.  On envisage d’agrandir le bâtiment avec la construction de 28 nouvelles chambres ajoutées aux 30 déjà existantes et recruter. Malheureusement, les travaux sont arrêtés car rien ne marche ». Même constat au maquis " le Zouglou", l'un des points chauds de la ville.  Quelques personnes étaient installées ici et là dans cet espace qui « accueillait du monde avant la fermeture des frontières », indique le gérant qui fait également cas de la réduction du personnel. 

Faible affluence au marché d'Elubo 

De l'autre côté du fleuve Tanoé, au marché d'Elubo (première localité du Ghana après la frontière), il est 14 heures (heure locale) et les commerçants somnolent. « Plus rien ne marche, notre chiffre d’affaires a considérablement baissé. Vivement la réouverture des frontières », a plaidé une commerçante d’écharpes, pagnes, chaussures et autres accessoires pour femmes. 

Des moyens clandestins 

Du fait de la fermeture des frontières, les passagers ont recours à la clandestinité en passant sur l'eau (Noé-Elubo 10.000f) ou dans des tricycles à 15.000f pour la même distance ; selon M. C, l'un des convoyeurs. Des faits qui ne sont pas étrangers aux forces de l'ordre qui font cas d'arrestations et disent redoubler de vigilance.  Le Commissaire de police de Noé, Daouda Soumahoro, a même révélé une nouvelle forme de délinquance : la fraude identitaire. « C’est une évidence que nos passeports sont sécurisés et pratiquement inattaquables.  Mais une autre forme de délinquance est en train de voir le jour. Il s'agit de la fraude à l'identité qui ne peut pas être identifiée avec le matériel dont nous disposons, mais qui fait appel à notre intelligence et notre flair de policier », a-t-il révélé. 

Les facteurs qui retardent la réouverture des frontières

Interrogé sur la question de la prochaine réouverture des frontières, Daouda Ouattara, préfet hors grade, conseiller spécial du Premier ministre, en charge des processus électoraux et de l’identification, a indiqué que la question est un souci permanent sur lequel le gouvernement travaille. « C’est un souci permanent posé à nos autorités supérieures.  Il faut prendre des dispositions du fait de la haute criminalité, du grand banditisme et du terrorisme. C'est tout cela qui fait qu'on est obligé de regarder un peu avant d'ouvrir la frontière.  Mais sachez que c'est un souci permanent pour le gouvernement » a-t-il martelé. 

À en croire le Conseiller du Premier ministre, s'il est vrai que la crise sanitaire (pour laquelle la frontière a été fermée) est en voie d'être maîtrisée, d’autres facteurs sécuritaires retardent sa réouverture.  À quand la réouverture de la frontière terrestre Côte d’Ivoire-Ghana ?