Côte d’Ivoire : Mariage homosexuel: Alassane Ouattara met fin au débat


10/07/2013
Alassane Ouattara invoque les lois et les traditions ivoiriennes relativement à l’homosexualité
Si l’on saisit le fond de la pensée du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, qui invoque « les traditions et les lois ivoiriennes », il est clair que la légalisation de l’homosexualité en Côte d’Ivoire n’est pas envisageable, ni pour aujourd’hui, ni pour demain.

En tout cas, aussi longtemps que son régime sera au pouvoir. En Côte d’Ivoire, aucune législation n’autorise l’union entre les hommes et les femmes du même sexe, c'est-à-dire « le mariage pour tous », même si l’homosexualité n’est pas pénalisée.

Mais, la réponse du chef de L’Etat, musulman pur sucre, ne souffre d’aucune ambigüité, quant à sa position sur cette « abomination » dont la légalisation, en Côte d’Ivoire, hante bien des esprits. Alassane Ouattara a donné le lundi 8 juillet 2013, à Korhogo, la position de son pays sur le mariage homosexuel qui alimente depuis quelques jours le débat sur le continent.

"Concernant la déclaration sur l'homosexualité, je n'ai pas de commentaire à faire", a déclaré le Chef de l'Etat ivoirien lors de la conférence-bilan d'une semaine de visite d'Etat dans le district des Savanes dans l'extrême Nord du pays. "Nous avons des lois en Côte d'Ivoire, nous avons des traditions et donc la France fait ce qui est conforme à sa tradition. Les Etats-Unis aussi, et la Côte d'Ivoire a ses propres traditions", a conclu Alassane Ouattara. En France et aux Etats-Unis, des lois permettent ces unions qui tendent à éteindre l’espèce humaine.

En Côte d’Ivoire, ce n’est pas le cas, a semblé avoir dit le chef de l’Etat… Cette position de M. Ouattara, par ailleurs Président en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), intervient après le soutien financier de 30 millions de francs fcfa accordé par l'Ambassade de France en Côte d'Ivoire à une organisation non gouvernementale (ONG) ivoirienne pour la promotion des droits humains et la lutte contre les discriminations en raison de l'orientation sexuelle.

Déjà, au niveau du gouvernement, cette question ne laisse aucun collaborateur du chef de l’Etat indifférent. Gnamien Emmanuel Konan, ministre de la Fonction publique et de la Reforme administrative a mis, carrément, les pieds dans le plat.

Selon un confrère qui rapporte ses propos, partant du principe que la « postérité » du monde est assurée par les progénitures issues de deux sexes différents », Gnamien Konan soutient que « le mariage homosexuel va marquer la fin du monde ». « Le mariage à consentir pour des personnes de même sexe va marquer la fin du monde », a-t-il déclaré lors d’une cérémonie publique samedi 6 juillet 2013 à Brobo. Pour le ministre ivoirien, le mariage homosexuel est « une aberration » et, en Côte d’Ivoire, « l’instaurer sera rompre avec les valeurs culturelles et morales ».

Selon lui, « le monde n’aura de postérité que par les progénitures issues de l’union de l’homme et de la femme (car) deux personnes de même sexe ne pourront jamais procréer, donc doter nos sociétés de postérités ». « Si nous disons que nous travaillons pour nos progénitures, en quoi devons-nous accepter le mariage de deux personnes de même sexe? », s’est-il interrogé. Près de 40 Etats sur la cinquantaine que compte l’Union africaine (UA) condamnent l’homosexualité.

Armand B. DEPEYLA

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Armand B. Depeyla

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  • SOURCE: Soir info

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