Justice internationale: Des ex-combattants grognent contre le non transfèrement de Simone

« C'est un acte de haute trahison »
26/09/2013
La décision du président de la République, Alassane Ouattara, et de son gouvernement de ne pas transférer Simone Éhivet Gbagbo à la Cour pénale internationale (CPI), prise en conseil des ministres extraordinaire du vendredi 20 septembre 2013, n'est pas du goût du Comité national de sensibilisation et de moralisation (CNSM).

Dans une déclaration dont copie nous est parvenue hier, Samba Koné, le porte-parole de ce mouvement composé essentiellement d'ex-combattants proches d'Alassane Ouattara, accuse le chef de l'État de « haute trahison ».

En effet, pour lui, le président Ouattara, en prenant cette décision vient de violer le pacte qui le lie à ces jeunes qui ont donné leurs poitrines pour l'installer au pouvoir. « A l’instar des pays comme le Soudan où les Djandjaouides sèment la terreur et la mort en toute impunité, comme le Nigeria où Boko Haram fait pareil, ou comme au Congo où des bandes armées tuent et violent, nous constatons amèrement que la Côte d’Ivoire qui a connu des cas similaires, par la faute de Madame Simone Gbagbo à travers des soutiens à l’escadron de la mort et aux incitateurs à la haine sous le règne de son époux, se voit bénéficier d’un non transfèrement à la CPI, chose que nous considérons comme un acte grave de haute trahison à l’encontre des peuples du monde, des ONG et des institutions internationales. Cela pourrait compromettre à l'avenir, si l'on n'y prend garde, la paix sous-régionale », a écrit Samba Koné. Il a rappelé au chef de l'État ses propos tenus le dimanche 22 mai 2011 à la radio française RFI sur la fin de l'impunité dans le pays.

Alassane Ouattara avait affirmé que Laurent Gbagbo ne serait pas le seul acteur de la crise postélectorale à être transféré à La Haye dans le cadre du dossier ivoirien. « Nous lançons un appel à tous les défenseurs des droits de l’homme à travers le monde à s’unir afin d’éviter la fragilisation des ONG, des institutions de défense des droits de l’homme, car la décision du gouvernement ivoirien concernant le cas Simone Gbagbo est un acte susceptible de favoriser la prolifération des milices et autres bandes armées à caractère terroristes », a estimé Samba Koné, qui a été le président du Congrès des jeunes du Nord (COJEN).

Également ex-président des Brigades de dignité d'Abobo (BDD, une milice pro-Ouattara), il a souligné qu'il est temps de « donner de la valeur à la dignité et à la vie humaine » en Côte d’Ivoire et surtout de mettre fin à l'impunité dans le pays.

Hervé KPODION

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Hervé Kpodion

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  • SOURCE: L'inter

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