Transfèrement à la CPI : La décision du gouvernement a été votée au conseil des ministres

Le ministre Koné Bruno fait des précisions
25/03/2014
(Photo d'archives)
C'est le 20 mars dernier que le gouvernement donnait son accord à la demande d’arrestation et de remise de Charles Blé Goudé à la Cour pénale internationale (Cpi).

La communication a été faite par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, des Droits de l’Homme et des Libertés publiques, M. Gnénéma Coulibaly, à l’issue d'un Conseil des ministres. Cette décision fait suite, au rejet formulé par la Cpi le lundi 3 mars dernier, de la requête du gouvernement de surseoir à la demande d’arrestation et de remise de Charles Blé Goudé.

Quatre jours après la décision de transfèrement, ''Jeune Afrique'' revient sur les détails de cette décision qui continue d'alimenter l'actualité. Selon le confrère panafricain dans sa livraison d'hier, c'est sous pression que le gouvernement ivoirien aurait pris la décision de transfèrement de l'ex-ministre de la jeunesse de Laurent Gbagbo. Face à la délicatesse de la question, il a choisi un mode de règlement inédit. En effet, poursuit le confrère, le gouvernement aurait soumis au vote des ministres réunis en conseil, la décision d'envoyer ou non le '' général '' de la rue à la Haye. Résultat, rapporte l’hebdomadaire panafricain, les «pro-transfèrement» l'auraient emporté à une large majorité. Vrai ou faux ?

Voulant en savoir davantage, nous avons joint hier dans la soirée le porte-parole du gouvernement ivoirien. « Il n'y a pas eu de vote. En conseil des ministres, on ne vote pas. Mais la majorité des ministres était pour le transfèrement », a précisé le ministre Koné Bruno, sans plus. Il faut toutefois noter que tout commence pour Blé Goudé le 17 janvier 2013. Exilé à Accra au Ghana, il est arrêté et remis aux autorités ivoiriennes. La justice ivoirienne qui l'accuse notamment de crimes de guerre, décide de l'emprisonner dans un lieu secret, sans droit de visite. Le 30 septembre 2013, la Cpi, qui avait émis le 21 décembre 2011 un mandat d'arrêt international contre lui mais l'avait gardé sous scellé, le rend public et réclame le transfèrement du prisonnier à la Haye. Charles Blé Goudé, 42 ans, aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que coauteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l’humanité (meurtres, viols et autres violences sexuelles, actes de persécution et autres actes inhumains) qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences post-électorales survenues sur le territoire de la Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011. S'ouvre alors une longue période de mutisme, côté ivoirien. Faut-il transférer Blé Goudé à la Cpi ou bien le juger sur place, en Côte d'Ivoire ? La question divise au sein même du gouvernement.

Selon toujours ''Jeune Afrique'', d'un côté les «anti-transfèrement», qui ne veulent surtout pas créer de précédent en la matière. Leur crainte: si demain la Cpi venait à en faire la demande, le pouvoir serait à court d'arguments pour refuser le transfert de certains cadres de son camp. De l'autre côté, les «pro-transfèrement» voient dans ce geste l'occasion de faire d'une pierre deux coups: montrer la bonne volonté de la Côte d'Ivoire en matière de coopération avec la Cpi tout en consolidant le dossier d'accusation contre Gbagbo. Malgré tout, une chose est sûre, Charles Blé Goudé est, depuis la nuit du samedi à dimanche dernier, un prisonnier de la Cpi, où il attend sa première comparution devant le juge unique qui vérifiera l’identité du suspect et la langue dans laquelle il pourra suivre les procédures. Le suspect sera informé des charges portées à son encontre.

Cyrille DJEDJED

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Cyrille Djedjed

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  • SOURCE: L'inter

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