Conditions de détention en Côte d 'Ivoire

Blé Goudé raconte l’histoire des photos et "la soupe" qu’il mangeait


27/03/2014
"Chaque soir, je devais chercher un morceau de viande solitaire dans une marre d’eau appelée abusivement soupe", a dit Blé Goudé. Ph D.R
Enfin la version de Blé Goudé sur l’histoire de ses photos publiées récemment sur net et qui a précipité, selon certaines langues, son transfèrement à La Haye.

Une affaire de photos de Blé Goudé avait remué la Côte d’Ivoire. D’abord un premier lot de photos publié par un quidam où on voyait ‘’le général de la rue’’ dans un état dégradant. Et plus tard, d’autres publiées par le ministère de l’intérieur où Blé Goudé se trouvait dans une chambre ‘’douillée’, en train de lire un livre. Au cours de sa première comparution devant les juges de la CPI, Blé Goudé n’a pas manqué de raconter l’histoire des photos provenant des services du ministre Hamed Bakayoko.

« Dans mon pays, avant qu’on remette à la CPI, pendant quatorze (14) mois, j’ai été séquestré. Madame la juge, je ne pouvais voir personne et personne ne pouvait me voir. J’ai fait dix mois dans un violon, nu. Je n’étais pas bien nourri. Chaque soir, madame la juge, je devais chercher un morceau de viande solitaire dans une marre d’eau appelée abusivement soupe, madame la juge. Chaque qu’on devait me déplacer, on me bandait les yeux avec un morceau de pagne, on me mettait une cagoule.

A part la DST de mon pays où j’ai passé près de neuf (9) mois et demi dans un violon avec pour voisins Jean Yves Dibopieu et Jean Noel Abehi, dans les autres lieux où on m’a détenu, j’avais toujours les yeux bandés et je n’ai jamais su où j’étais.

Madame la juge, c’est tout dernièrement, un après midi, que mon geôlier est venu pour me coiffer. Ils sont venus dans ma chambre avec des bagages. Ils m’ont amené au sous-sol tout l’après midi. C’est quand nous sommes remontés que je me suis rendu compte que la chambre était d’une propreté sans pareil. Ils ont rangé des livres, ils ont rangé tout ce qu’ils avaient à ranger et ils avaient un appareil photo. Ils ont commencé à me photographier. Ils me disent il faut sourire et je souris, fais comme si tu étais en train de lire et je lis. C’est plus tard que je me suis rendu compte que c’était une mise en scène que le ministre de l’intérieuur de mon pays venait de faire », a confié Blé Goudé à la juge Silvia Fernandez de Gurmendi.

César DJEDJE MEL

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  • SOURCE: Linfodrome

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