Devant les juges de la CPI

Blé Goudé: « Si je suis reconnu coupable, que la loi me soit appliquée dans toute sa rigueur »


27/03/2014
Blé Goudé est prêt à être condamné s'il est coupable. Ph D.R
Charles Blé Goudé, lors de sa comparution, a indiqué aux juges de la CPI son innocence et sa foi en sa future libération. Mais s’il est reconnu coupable, il souhaite que la loi lui soit appliquée.

A la suite de sa version des faits de l’histoire des photos, Blé Goudé Charles a expliqué la procédure de son transfèrement à la CPI. Selon lui, cela n’a pas été faite dans « les normes ».

« Madame le juge, j’ai été réveillé le 21 mars à minuit. On m’a bandé les yeux, on m’a mis une cagoule, on m’a mais dans un véhicule. De minuit jusqu’au matin, j’étais assis dans une chaise, les yeux bandés, la tête encagoulée. Et c’est le matin, quand on m’a enlevé la cagoule que je me suis rendu compte que j’étais à la DST à nouveau. Mis dans un véhicule, on m’a conduit chez le procureur, c’est là qu’on m’a signifié votre mandat d’arrêt. Le même jour, au pas de course, les autorités de mon pays ont fait siéger la Chambre d’Accusation qui devait approuver mon transfèrement. Madame la juge, c’est comme cela que j’ai été remis le lendemain à la CPI. J’estime qu’on peut faire la politique avec élégance, avec sagesse, et que la prison n’est pas un instrument pour briser le moral de ses adversaires politiques. On n’utilise pas la prison pour cela. Quelqu’un est accusé, on peut le mettre en prison avec tous ses droits, s’il est reconnu coupable, il est condamné. Et je voulais vous dire dans cette cour où je suis, si je suis reconnu coupable, que la loi me soit appliquée dans toute sa rigueur. Mais si je suis jugé pour ce que j’ai fait et non pour ce que je suis que je sois reconnu innocent et que je reparte chez moi. Et je sais que je repartirai chez moi. »

Avant d’en arriver là, quand la juge lui a demandé de faire des observations quant aux conditions de son transfèrement et sa détention à la CPI, Blé Goudé a dit « Madame la juge, contrairement à une certaine opinion qui estime à tort ou à raison qu’un voyage à la CPI est un voyage de non retour, je pense qu’un citoyen qui est suspecté par la CPI, peut venir ici, faire l’objet d’un procès, et s’il est innocent, peut repartir chez lui. Et je sais que je repartirai chez moi ».

César DJEDJE MEL

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  • SOURCE: Linfodrome

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