Bouaké : Les soldats mécontents ont paralysé la ville, hier

Les mutins tentent de prendre la télévision régionale
19/11/2014
(Photo d'archives pour illustrer l'article)
Bouaké, fief de l’ex-rébellion n’a pas enregistré de journée aussi chaude que celle d'hier mardi, depuis la fin de la crise post-électorale.

Des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) ont, de façon musclée, traduit leur mécontentement, dénonçant un mutisme du gouvernement dans le règlement de certaines revendications corporatistes maintes fois portées devant leurs supérieurs hiérarchiques. Si jusque-là, la grande muette est restée en caserne, prenant son mal en patience, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase est leur dernière rencontre infructueuse avec le chef d’Etat-major.

Las de voir leurs exigences renvoyées aux calendes grecques, ces soldats ont pris d’assaut la ville de Bouaké tôt hier matin. Très vite, le quartier Commerce, centre des affaires est bouclé. Les services, les commerçants et autres opérateurs ne se font pas prier pour fermer. Des barricades sont aussitôt dressées sur les principales artères de la ville, empêchant la circulation des biens et des personnes. Impossible d’avoir accès à la capitale du Centre pour les voyageurs en provenance du sud que du nord; les corridors étant fermés et les gendarmes, douaniers et policiers en faction en ces lieux, chassés par les Frci mécontents. Tout donnait l’allure d’un mouvement insurrectionnel au point où avoir un interlocuteur direct était un exercice périlleux.

Mais, de sources concordantes, il ressort que la motivation de cette sortie bruyante de la grande muette tient à une revalorisation de grade, au paiement de 24 mois de salaires allant de 2009 à 2011 et à l’exigence de baux administratifs pour les caporaux. S’agissant des revendications relatives à leur solde, les militaires ont fait savoir que, recrutés depuis 2009 pour certains, sous le régime de l’ex-président Laurent Gbagbo, ils n’ont été pris en compte qu’à partir de 2011; d’où un manque à gagner de deux années de solde. Loin d’être un mouvement spontané, cette sortie des éléments des Frci a été bien peaufinée au point où les régions du Pôrô et du Tchologo n’ont pas été épargnées par la chaude journée d'hier.

A Korhogo, nos sources indiquent qu’aux environs de 7h30 mn, les manifestants ont pris d’assaut les différentes entrées et sorties de la ville, créant une psychose généralisée et un ralentissement notable des activités. Malgré l’appel des autorités de la ville, les militaires ont continué dans leur élan de manifestation sans heurt. Même ambiance à Ferké, capitale de la région du Tchologo où les différents corridors ont également été bouclés, paralysant ainsi le trafic routier.

Faut-il le souligner, ce sont des soldats aux mains nues qui ont mené cette fronde, qui n’a enregistré aucun dégât humain ni matériel dans la ville de Bouaké. Toutefois, à l'appel du ministre de la Défense au calme, les militaires mécontents ont réagi avec plus de vigueur en investissant les locaux de l'antenne régionale de la télévision nationale, où ils entendaient diffuser un message en réponse à leur tutelle. Ils exigent l'application hic et nun des propositions faites par Paul Koffi Koffi, notamment le paiement intégral de leurs dus, le règlement des questions de grade et des baux.

Jusqu'à l'heure où nous mettions sous presse, l’atmosphère restait encore tendue tant dans les localités du Centre et du nord.

Francis N’goran à Bouaké

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  • SOURCE: L'inter

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