Affaire « écoutes téléphoniques »: 4 partis demandent à Soro Guillaume de démissionner


04/12/2015
(Photo d'archives)
Dans cette déclaration reçue, mercredi 2 décembre 2015, l’Union républicaine et démocratique (Urd) de Danièle Boni Claverie, le Parti ivoirien des Travailleurs (Pit) de Daniel Aka Ahizi, le Rassemblement pour la paix (Rpp) de Ouattara Gnonzié et l’Union des sociaux démocrates (Usd) d'Henri Niava, prennent position dans l'affaire « écoutes téléphoniques ».

Depuis quelques semaines, le microcosme politique ivoirien est secoué par une information d’une gravité extrême, et qui touche de très près une des plus hautes autorités de l’Etat de Côte d’Ivoire, Monsieur Soro Guillaume, le président de l’Assemblée nationale.

Analyse des faits

Quelques jours après l’échec du coup d’Etat du 16 septembre 2015 au Burkina Faso, les Ivoiriens et le monde entier ont découvert sur les réseaux sociaux, et non sans stupeur, un enregistrement vidéo de seize minutes dans lequel, deux personnes discutent des meilleures dispositions à prendre pour éviter que le coup d’Etat perpétré contre les autorités de la Transition au Burkina Faso n’échoue.

Les deux hommes qui, au cours de leur conversation, en arrivent à dévoiler leur identité, se présentent l’un comme Guillaume Soro, Président du Parlement ivoirien, et l’autre comme Djibril Bassolé, ancien ministre dans le gouvernement déchu de Blaise Compaoré.

Quelques jours après la découverte de cette bande vidéo, des faits marquants viennent grossir des indices déjà troublants:

Le 17 octobre 2015, les autorités Burkinabé font des découvertes pour le moins incongrues lors de la perquisition du domicile de Monsieur Soro Guillaume à Ouagadougou.

Le 20 octobre 2015, le rapport officiel de la Commission d’enquête sur le coup d’Etat du Général Gilbert Diendéré est rendu aux autorités de la Transition. Ce rapport, en plusieurs endroits, précise bien qu’il s’agit d’un coup d’Etat réalisé en relations avec des forces étrangères.

Comme pour corroborer les supputations sur l’implication d’agents extérieurs, ce rapport révèle en outre, avec une traçabilité très précise, que des armes ont été envoyées aux membres du Rsp, auteurs du coup d’Etat, en provenance du Togo et de la Côte d’Ivoire, et que par ailleurs, une somme de cent soixante millions (160 000 000) de francs en provenance de notre pays serait bien parvenue aux putschistes.

Et le 29 octobre 2015, nous apprenions l’arrestation du Général Djibril Bassolé, formellement accusé par les autorités de la transition de haute trahison, complicité d’atteinte à la sûreté de l’Etat en intelligence avec un pays étranger.

Ce sont tous ces faits, faisceaux d’indices concordants et graves, qui ont poussé les presses nationale et internationale, mais aussi la population de notre pays, à toutes les supputations qui ont cours actuellement.

Même si l’authenticité de la bande vidéo incriminée n’est pas encore formellement prouvée, et même si le Burkina Faso n’a pas encore officiellement porté d’accusation formelle contre notre pays ou l’un de ses dirigeants, force est de reconnaître que l’analyse objective de cette bande vidéo, du rapport de la Commission d’enquête et les arrestations qui ont eu lieu, font peser sur notre pays et sur le Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, de lourds soupçons.

Pour l’honneur du peuple ivoirien et le respect dû aux Institutions de la République

Avec tous les Ivoiriens, l’Urd, le Pit, le Rpp et l’Usd considèrent que les faits relatés sont d’une extrême gravité. Mieux, l’implication de notre pays apparaît dans le rapport de la commission d’enquête, mais aussi le nom du président de l’Assemblée nationale à travers la conversation révélée par la bande vidéo.

Des accusations aussi graves ne peuvent être portées et des faits aussi sérieux relatés, sans que les autorités ivoiriennes indexées, restent comme actuellement, réfugiées dans un silence aussi étonnant qu’injustifié.

Par ailleurs, le président de l’Assemblée Nationale, Soro Guillaume, cité à plusieurs niveaux dans ce dossier, doit rompre le silence.

Nous devons nous rappeler que tous les Hauts dignitaires des nations sont dépositaires et garants de l’honneur des peuples et des Etats qu’ils ont la charge de conduire.

Aussi, le Parlement qui est, par , le cœur de la représentation du peuple de Côte d’Ivoire, se doit-il d’être préservé de tout opprobre et de toute souillure morale.

Par ailleurs, la souveraineté des Etats, ainsi que la non immixtion dans les affaires intérieures des autres Etats, restent des réalités intangibles, affirmées et protégées par tous les accords et traités internationaux.

C’est pourquoi, nous devons comprendre que les controverses et supputations relatives aux faits révélés par cette bande vidéo, mais aussi les déclarations allusives faites dans le rapport de la commission d’enquête Burkinabé, et qui embrasent désormais tous les milieux sociaux en Côte d’Ivoire, portent gravement atteinte à l’honneur de notre pays et à son peuple ainsi qu’à la probité du président du parlement Ivoirien.

Soucieux des effets néfastes de cette situation malsaine et du malaise grandissant qu’elle provoque dans la société ivoirienne, l’Urd, le Pit, le Rpp et l’Usd demandent :

Au gouvernement ivoirien et au président de la République, de prendre toutes leurs responsabilités en produisant, dans l’urgence, une déclaration permettant de clarifier la situation, en dégageant sans ambiguïté la responsabilité de notre pays et de ses dirigeants dans le coup d’Etat du 16 septembre 2015, perpétré contre les autorités de la Transition du Burkina Faso,

Au Parlement Ivoirien dont le premier responsable est gravement mis en cause par tous les faits rapportés, de prendre toutes dispositions pour convoquer une session extraordinaire du parlement pour entendre son président sur ces faits.

A Monsieur Guillaume Soro, gravement mis en cause dans ce dossier du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015 au Burkina Faso, de faire la preuve de ses capacités d’homme d’Etat, en démissionnant de son poste de président de l’Assemblée nationale, pour préserver l’honneur du peuple Ivoirien et de l’auguste Institution qu’il préside, et se donner ainsi les moyens de mieux se défendre.

Pour l’Union républicaine et démocratique (Urd)

Danièle Boni Claverie

Pour le Parti ivoirien des Travailleurs (Pit)

Daniel Aka Ahizi

Pour le Rassemblement pour la paix (Rpp)

Ouattara Gnonzié

Pour l’Union des sociaux démocrates (Usd)

Henri Niava

N.B : Les titres et le chapô sont de la Rédaction

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  • SOURCE: Soir info

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