Violentes manifestations en Côte d’Ivoire: Le Rdr tire des leçons


31/07/2016
(Photo d'archives)
Le Rdr semble avoir tiré des leçons des violentes manifestations qui ont secoué la Côte d'Ivoire la semaine dernière.

En effet, le parti à case a entamé une série d'actions pour calmer ses militants et les remobiliser autour du chef de l’État, Alassane Ouattara. Plusieurs de ses cadres sont aussitôt montés au créneau, après les pillages et saccages des biens publics et privés, la mort et les nombreux blessés à Bouaké le vendredi 22 juillet dernier. Des réunions formelles, comme informelles, ont été organisées au siège du Rdr en vue de déterminer l'ampleur du mal pour y apporter une thérapie.

C'est la rencontre des jeunes du Rdr avec le secrétaire général adjoint chargé de la mobilisation, Adama Bictogo, et le secrétaire national, Touré Mamadou, qui permettra à la haute direction de ce parti de se faire une idée de la situation sur le terrain. Des participants à la rencontre, avec qui nous avons échangé, ont relevé la participation active des jeunes du Rdr à ces manifestations de colère. En d'autres termes, la plupart des jeunes ayant participé aux pillages et aux saccages des biens privés et publics dans certaines villes de la Côte d'Ivoire est issue du parti domicilié à la Rue Lepic. « Nous avons dit à nos responsables que ce sont nos petits. Ils ont agi plus par vengeance que par désir de revendication », nous a confié un responsable local des jeunes du Rdr.

Si les jeunes républicains ont reconnu qu'il n'est pas question pour eux de renier leurs engagements vis-à-vis du chef de l’État, ils ont néanmoins relevé la démission des cadres de leur parti. Les jeunes ont clairement signifié à M. Bictogo qu'ils ont été abandonnés et que ces remous sont la conséquence de cet abandon. « Il y a trop de frustrations. Si la haute direction n'agit pas, ce sera compliqué », ont relevé ces jeunes.

Le message semble avoir eu un écho favorable, surtout que d'autres cadres comme Koné Kafana Gilbert, secrétaire général adjoint chargé de l'administration et de l'implantation du Rdr, ont eu la même information, après une rencontre avec les secrétaires départementaux de son parti. Devant la gravité de la situation, surtout que des manifestations étaient prévues dans les jours qui ont suivi les pillages à Bouaké, le Rdr a tenu un bureau politique extraordinaire élargi aux cadres et aux élus le lundi 25 juillet 2016. Les décisions qui en sont sorties prouvent bien que le Rassemblement des républicaines a pris la pleine mesure des dangers qui guettent leur pouvoir.

Koné Kafana Gilbert, qui a présidé la rencontre, a souhaité que les cadres de son parti accélèrent leurs cotisations pour constituer rapidement le fonds devant financer les activités des militants. Le secrétaire général délégué du Rdr, Amadou Gon Coulibaly, a même exhorté les cadres à descendre sur le terrain pour répondre aux préoccupations des militants et aussi leur expliquer les actions menées par le chef de l’État, Alassane Ouattara. Aussitôt dit, aussitôt fait. Le jeudi 28 juillet 2016, le premier vice-président du Rjr, Kouassi Jean, lance une plate-forme d'écoute, comme recommandé par le secrétaire général de la Présidence. Bien avant, Adama Bictogo décaissait des moyens pour permettre aux responsables de base du Rjr de sensibiliser leurs ''frères'' sur la nécessité d'entretenir un climat social apaisé. De son côté, Koné Kafana Gilbert offrait de l'argent aux secrétaires départementaux pour leur permettre de mener des campagnes de sensibilisation.

Le ministre de l’Énergie et du pétrole, Adama Toungara, peu bavard depuis les remous sociaux, a été obligé de sortir de son mutisme pour s'adresser à ses militants à Abobo. Vendredi 29 juillet, à l'initiative d'Adama Bictogo, par ailleurs président du comité ad-hoc du Rhdp chargé de la mobilisation, les députés du district d'Abidjan ont annoncé une série d'actions dans les jours à venir. Il s'agit notamment d'une tournée de sensibilisation des militants du Rhdp. En réalité, cette tournée vise à calmer les ''petits'' du Rdr, qui en ont gros sur le cœur et qui profitent de certaines occasions pour le faire savoir. Comme le dirait l'adage, à quelque chose malheur est bon. Et la gifle administrée au gouvernement d'Alassane Ouattara par les manifestants, a réveillé ses collaborateurs qui ne veulent plus se laisser surprendre.

Y.DOUMBIA

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Yacouba Doumbia

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  • SOURCE: L'inter

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