Pour atteinte à l’honneur militaire: Des gendarmes, policiers et Frci jugés


05/07/2012
Ange Kessy Kouamé combat la délinquance militaire qui se traduit par des atteintes à l’honneur militaire.
La politique de lutte contre la criminalité et la délinquance militaires repose sur la répression des infractions qui apparaissent comme attentatoire à l’honneur, à l’éthique et à la dignité militaire. Or, ce sont ces faits dont se sont rendus coupables, au moins 17 éléments de la Gendarmerie nationale, de la Police et des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire ( Frci), qui ont racketté, escroqués et escroqués de nombreux Ivoiriens qui ont porté plainte au tribunal militaire d’Abidjan.

L’un d’entre eux, nous apprend Ange-Kessy Kouamé, procureur militaire « a escroqué la somme d’un million de Fcfa à une femme ». Tous ces faits, au dire du procureur militaire, constituent des « atteintes à l’honneur, à l’éthique et à la dignité militaires » qu’il convient de punir avec la plus grande sévérité.

Depuis donc le début de cette semaine, ils sont au moins 17 gendarmes, policiers et éléments des Frci qui défilent devant le tribunal militaire pour répondre des faits de « racket, d’extorsion de fonds, d’escroquerie, de tracasserie, de menace de mort, violences et voie de fait et d’atteinte à la sûreté de l’Etat de Côte d’Ivoire ». A son audience du 28 juin 2012, le Tribunal militaire a ainsi reconnu coupable et condamné à deux ans de prison ferme et cent mille francs (100.000 Cfa) d’amende, le sergent-chef de police Ali Drissa, mécano 175.616 P, matricule 0593 en service au 21 ème arrondissement. Il est poursuivi pour escroquerie au concours d’entrée à l’Ecole nationale de police portant sur la somme de dix millions huit cent cinquante mille cfa (10.850.000 Fcfa).

Le prévenu a été incarcéré à la Maison d’arrêt militaire d’Abidjan ( Mama). Deux autres policiers ont été condamnés, respectivement à 3 et 6 mois pour avoir escroqués 1000 et 3000 Fcfa. Le quatrième, lui, devrait écopé de 5 ans, pour avoir extorqué la somme de cinq cent francs ( 500 Fcfa) à un conducteur de camion. Pour le procureur militaire, plusieurs autres éléments de la Gendarmerie, de la Police et des Frci sont dans l’attente de leur procès et devraient passer devant le tribunal dans les prochaines semaines. Selon lui, toutes ces personnes ont été arrêtées grâce au concours des victimes, qui ont immédiatement saisi son tribunal, à travers des plaintes qu’elles ont déposées à la Gendarmerie nationale. En ce qui concerne les plaintes liées, notamment aux rackets, Ange Kessy souligne qu’elles sont d’abord déposées à la gendarmerie, qui les transmet à l’unité de lutte contre ce fléau avant que celle-ci ne les imputent au tribunal militaire. Une fois l’enquête terminée, les prévenus sont jugés.

Mais, selon lui, il n’y a pas que cette structure de lutte contre le racket qui a l’exclusivité des dénonciations. C’est pourquoi, il exhorte toutes les personnes à saisir le Tribunal militaire d’Abidjan, la Gendarmerie ou les commissariats pour dénoncer les abus dont elle serait victime de la part des éléments des forces de l’ordre. « Ce sont les populations qui sont les victimes. Le chef d’état-major, le général Soumaïla Bakayoko et moi-même, commissaire du gouvernement, sommes déterminés à extirper des rangs des gendarmes, policiers et Frci, tous ceux qui portent atteinte à l’honneur, à la dignité et l’éthique militaires », a fait valoir le commissaire du gouvernement.

Armand B. DEPEYLA



Armand B. Depeyla

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  • SOURCE: Soir info

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