Situation sécuritaire à l'Ouest : Un autre corridor attaqué; Un mort, un assaillant arrêté


09/04/2018
Situation sécuritaire à l'Ouest : Un autre corridor attaqué; Un mort, un assaillant arrêté

Pour la troisième fois, en moins de deux mois, le corridor des forces de l'ordre deployes entre le village de Baou et la Sous-préfecture de Totrodrou a été attaquées. Une attaque qui a tourné court pour les assaillants qui ont perdu un homme et un autre fait prisonnier. Notre reportage.

Dans la matinée du vendredi 6 avril 2018, nous sommes informé d’une attaque du corridor de Baou, dans la Sous-préfecture de Totrodrou, à Kouibly. Rapidement, nous prenons la route pour ce lieu. Deux heures séparent Baou de Bangolo. À 11 h, lorsque nous arrivons à ce point de contrôle, rien ne montre des signes de combats. Pourtant la veille, des éléments des forces de l’ordre, qui travaillaient en ce lieu, ont été assaillis par des inconnus qui ont tiré sur eux pendant des dizaines de minutes. Lorsque nous mettons pied à terre, l'un des autres agents sur place nous demande nos papiers. Nous les lui présentons et demandons à avoir des informations sur l'attaque dont ils ont été victimes un peu plus tôt dans la nuit. « Nous sommes contraints par la loi de l'opération. Nous n'avons rien à vous dire. Adressez-vous au Sous-préfet qui donnera d'amples informations », répond-il.

Malgré notre insistance, rien n'est fait. Les militaires restent inflexibles. Nous mettons le cap sur la Sous-préfecture de Totrodrou située à environ 1 km du corridor de Baou. Gui Baya, le commandant de cette circonscription qui nous reçoit, donne quelques informations sur cette attaque. « Hier soir (jeudi), j'ai été informé que des inconnus ont, à nouveau, attaqué le corridor de Baou. Nous nous sommes allé sur les lieux la même nuit pour voir le corps de celui qui a été abattu. Le lendemain matin, je me suis rendu à ce point de contrôle pour remonter le moral des agents qui en avaient assez d'être victimes des assaillants », nous laisse-t-il entendre, nous orientant vers le commandant de Brigade.

Nous nous dirigeons vers la ville de Kouibly pour y rencontrer le commandant de Brigade. Mais avant, nous tenons à rencontrer la présidente de la jeunesse de Totrodrou, Taha Bah Chantal qui, visiblement, en a gros sur le coeur. « On ne sait vraiment pas ce que veulent les assaillants. À chaque fois, le corridor des forces de l'ordre est objet d'attaque. Je parle toujours à mes jeunes et je ne pense pas qu'ils soient impliqués dans ces attaques. Sinon que c'est une de mes sœurs qui se rendait à Baou qui est retournée me dire que le corridor venait d'essuyer une attaque et que l'un des assassins a été tué. J'ai attendu le matin (vendredi) pour aller voir le corps.

 

Une opération de ratissage lancée. De chez la présidente des jeunes, nous prenons la route conduisant à Kouibly, une ville située à 19 km de Totrodrou. 1 km après le corridor, nous sommes interpellé par trois jeunes cultivateurs, nous informant de la présence d'un homme mal en point, non loin de leur campement. Et, qu'ils tenaient à informer les forces de l'ordre de cette présence suspecte. 

Trois « corps habillés » étaient déjà sur les lieux. Commence alors une véritable opération militaire. Tous couchés, nous assistons les militaires qui rampent pour aller vers leur objectif. La manœuvre dure environ une quinzaine de minutes. Des minutes longues...

En effet, blessé par une puissance arme de guerre, un A 47, Seba Bernadin dit Serio, l'un des présumés assaillants a trouvé refuge dans une  broussaille non loin du corridor. C'est en allant dans sa plantation qu'un planteur le découvre mal en point. Il est déniché plus tard par les forces de l'ordre après plusieurs tirs de sommation. Conduit au poste de contrôle, celui-ci ne tardera pas à passer aux aveux et à faire des accusations. « Je suis chauffeur de taxi-moto et planteur domicilié à Seba qui est mon village. Hier (jeudi) mon frère Bernadin et son ami Alexis sont venus me voir pour louer ma moto pour une opération. Ils m'ont proposé 20 000 F Cfa. Quand j'ai refusé, ils m'ont menacé. J'ai alors accepté. Mais malheureusement, j'ai été blessé et notre chef est mort. L'autre, mon frère, Glao Bernadin a pris la fuite », fait savoir Siba Bernadin, l'un des présumés assaillants. Selon lui, c'est ce gang qui a assassiné Yacouba Coulibaly, un instituteur dans le village de Guehouo. Au dire de cet interpellé, Alexis, celui qui a été tué par les forces de l'ordre, est le chef de gang.

Après ces propos, nous nous rendons à la Brigade de gendarmerie de Kouibly. Là, les autorités militaires sont moins bavardes.  Dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 avril 2018, trois individus armés de kalachnikov et de calibre 12 attaquent le corridor de Baou.  La riposte des forces de sécurité est prompte. L'un des assaillants est tué sur- le-champ. Les deux autres, à la faveur de la nuit, disparaissent dans la pénombre. Mais, l'un des présumés assaillants, blessé à la cheville, ne peut aller loin. Il est rattrapé par les forces de l'ordre, hier vendredi. En attendant, les manœuvres militaires se multiplient dans la zone des combats. Notons qu'il a été pris sur le présumé assaillant, un fusil de type calibre 12 scié, des gris-gris et des munitions.

 

Ibrahim BAKOULE (Correspondant régional)

 

 

 

 

 

 

Ibrahim BAKOULE

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  • SOURCE: Soir info

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