Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI)

Le chef de l’Etat va-t-il maintenir la dénomination actuelle de l’armée ivoirienne?


06/08/2012
Ceux de la population, des partis politiques et des organisations de la société civile qui espérent voir l’armée nationale de Côte d’Ivoire changer de dénomination pourraient rester sur leur faim.

Le président Alassane Ouattara, par ailleurs ministre de la Défense, apparemment, ne partage pas leur avis. Le Chef d’Etat major général des armées de Côte d’Ivoire, le Général Soumaïla Bakayoko ne dira pas le contraire, au vu de ce qu’il a confié au quotidien Fraternité Matin.

Dans l’interview qu’il a accordée à ce confrère (mercredi 1er août 2012), le général a déclaré : « Nous avons reçu des tenues plus d’une fois. Nous venons d’en recevoir de nouvelles qui vont être spécifiques aux FRCI. Après la fête de l’indépendance, nous allons autoriser leur port. Puisqu’on va les inaugurer avec la fête du 07 août. A l’en croire, ces tenues seront certainement estampillées FRCI. Une révélation qui énonce clairement que la dénomination Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), maintes fois désapprouvée, restera certainement celle de l’armée nationale ivoirienne. A moins qu’avant la commémoration de la fête de l’indépendance, le chef de l’Etat décide de la changer.

Faut-il le rappeler, c’est le jeudi 17 mars 2011 que cette appellation de la grande muette a été connue des Ivoiriens. Anciennement Forces de Défense et de Sécurité (FDS), le changement du nom de l’armée ivoirienne est intervenu au plus fort de la crise post-électorale qui opposait l’armée régulière, fidèle à Laurent Gbagbo, aux Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN), rattachées à Alassane Ouattara.

Auto-investi président de la République de Côte d’Ivoire conformément aux résultats de la Commission Electorale Indépendante qui lui donnaient plus de 53% des voix et de la certification de ces résultats par Young-Jin Choi, représentant spécial du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies en Côte d’Ivoire, le président Alassane Ouattara, a décidé de fusionner ces deux armées ennemies. Depuis le Golf Hôtel où il était bloqué, le nouveau président, reconnu par la communauté internationale, a signé une ordonnance portant création des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).

Si ce nouveau nom est adopté par les partisans de Ouattara qui voient en ces FRCI des « sauveurs » et les adulent, il évoque au contraire chez les pro-Gbagbo de la colère et du mépris. Pour eux, les FRCI ne sont autres que les soldats FAFN qui ont fait chuter le régime Gbagbo avec l’aide des forces françaises. Résultat, depuis la prise effective du pouvoir par le président Ouattara après son investiture, le 21 mai 2011 à Yamoussoukro, l’on a assisté à des affrontements entre les populations acquises à Gbagbo et les éléments FRCI.

Devant ce fait, le séminaire sur la réforme de l’armée tenu à Grand-Bassam du 22 au 24 juin 2011, avait recommandé le retour à l’ancienne appellation FDS. Les recommandations de ce séminaire avaient été remises au chef de l’Etat à qui revient le dernier mot. Plus d’un an après, rien n’a été dit à ce sujet, en tout cas, jusqu’au mercredi 1er août 2012 quand par ses propos, le général Soumaïla Bakayoko a mis fin au suspense qui régnait autour de la question.

Alors que là-dessus, des responsables de partis politiques et de la société civile continuent de réclamer l’abandon de l’appellation FRCI, qui selon eux, constitue un frein à la cohésion au sein de l’armée et entre l’armée et les populations. Intervenant dernièrement sur une radio de la place, Mme Salimata Porquet, présidente du Réseau Paix et Sécurité des Femmes de l’Espace CEDEAO (REPSFECO) l’a souligné et insisté qu’on ne parle plus de FRCI mais qu’on retourne à l’ancienne appellation Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire (FDS). Elle a été rejointe par en début de la semaine écoulée par Bamba Moriféré, le chef de file du Rassemblement du peuple de Côte d’Ivoire (RPCI) qui est monté au créneau et a fustigé la gestion du pouvoir par le régime Ouattara.

Quelle armée rendra-t-elle donc les honneurs militaires au chef de l’Etat ce mardi 7 juillet 2012 à Yamoussoukro ? FRCI ou FDS ? Attendons de voir.

César DJEDJE MEL

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  • SOURCE: Linfodrome