Guillaume Soro : « J’ai deux élections à gagner, je ne suis pas là pour faire un catalogue de promesses »


29/11/2019
Guillaume Soro : « J’ai deux élections à gagner, je ne suis pas là pour faire un catalogue de promesses »
« Nous voulons incarner un nouveau leadership en Afrique », a dit le président de Générations et peuples solidaires.

Guillaume Soro en pleine pré-campagne ! L’ex-président de l’Assemblée nationale s’est entretenu avec des personnalités belges, dans la soirée du mardi 26 novembre 2019, dans un hôtel bruxellois. Au cœur des échanges : sa candidature à la présidentielle d’octobre 2020. L’ancien Premier ministre- dont le discours introductif d’une vingtaine de minutes a été mis en ligne sur les réseaux sociaux- s’est longuement expliqué sur sa candidature. Usant de métaphore, Guillaume Soro a déclaré à son auditoire qu’il était candidat à deux élections. « En réalité, en Afrique, lorsque vous êtes candidat, vous l’êtes pour deux élections. Le candidat que je suis, est candidat pour deux élections », a affirmé un Soro plutôt solennel. La première « élection » consiste dans la bataille pour obtenir les conditions d’un scrutin démocratique et transparent ; la deuxième « élection » est le scrutin présidentiel à proprement parler. « Vous savez très bien que généralement, en Afrique, les guerres partent des élections mal organisées.

A la fin d’un mandat (présidentiel), nos pays sont fragilisés par la pression électorale », a d’abord affirmé le député de Ferké. Puis il a souligné : « la Côte d’Ivoire, aujourd’hui, inquiète- j’imagine- les Ivoiriens et les hommes d’affaires, à l’approche des élections d’octobre 2020. Pourquoi ? Parce que simplement la Commission électorale indépendante, mise en place à l’heure actuelle, donne du tournis à tout le monde. C’est une Commission électorale loin d’être indépendante. Elle est monocolore ».

Guillaume Soro a réaffirmé ce qu’il avait indiqué, à d’autres occasions, ces dernières semaines : à savoir que si l’organe électoral restait inchangé, le pays ne serait pas à l’abri d’une situation explosive. « Le président Alassane Ouattara a choisi de nommer ses amis, les membres de son parti à la Commission électorale indépendante. Vous imaginez difficilement qu’une telle Commission électorale aux ordres de M. Ouattara puisse proclamer quelqu’un d’autre vainqueur de l’élection. C’est pour cela que je suis ici pour dire que j’ai deux élections à gagner », a argué le président de Générations et peuples solidaires (Gps). « Cette Commission électorale, si elle n’est pas changée, pour répondre aux normes internationales pour organiser des élections, va brûler la Côte d’Ivoire, va occasionner encore malheureusement des morts dans notre pays », s’est montré insistant Guillaume Soro, revendiquant un « rôle de whistleblower » (lanceur d’alerte, en anglais).

 Pétition.   Pourquoi brigue-t-il la magistrature suprême ? L’ancien leader étudiant a assuré qu’il n’était pas animé par une « ambition personnelle ». «C’est plutôt une ambition pour l’ensemble des Ivoiriens », a énoncé Guillaume Soro, rappelant qu’il avait lancé une pétition avant de se déclarer candidat. «Une pétition de 800.000 personnes a été signée en Côte d’Ivoire, réclamant cette candidature. J’aurais été lâche de ne pas y répondre favorablement », a fait valoir l’ancien vice-président de l’Assemblée parlementaire de la francophonie. « Nous voulons incarner un nouveau leadership en Afrique. Nous voulons rompre avec certaines pratiques que nous jugeons dommageables pour notre pays et pour le continent », a justifié Guillaume Soro. « Je veux incarner le nouveau leadership africain, cette jeunesse qui veut faire entendre sa voix, et à raison. En Côte d’Ivoire, 70% de la population est jeune. Ce serait totalement inacceptable que je me débine à assumer la responsabilité de la génération », devait ajouter le candidat.

Au cas où il serait élu président de la République, Guillaume Soro se fixerait pour priorité la réconciliation nationale. « La Côte d’Ivoire a connu une guerre qui a détruit la cohésion qui était de mise depuis Félix Houphouët-Boigny. Nous allons prioritairement nous consacrer à la réconciliation nationale », a relevé le président de Gps. Il a d’ailleurs expliqué que c’est le vœu ardent de « réconciliation » qui l’a conduit à La Haye, aux Pays-Bas, le 24 novembre dernier. M. Soro y a rencontré l’ancien leader des jeunes patriotes, Charles Blé Goudé. A l’époque camarades au sein du mouvement estudiantin, ils étaient devenus de sérieux adversaires lorsque la rébellion de 2002 a éclaté avec Guillaume Soro, à sa tête. Leur rencontre à La Haye a été un grand moment de réconciliation. Le député de Ferké dit avoir parlé avec Blé Goudé du « rôle qu’il devra jouer dans le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire ». « Cette réconciliation obéira à tout un processus totalement maîtrisé : vérité-repentance-réconciliation », a projeté Guillaume Soro.

Autres axes prioritaires pour le candidat à la présidentielle : la sécurité pour tous et l’éducation. « Nous allons travailler à redonner l’espérance et l’espoir à la jeunesse africaine, et en Côte d’Ivoire », a mentionné le leader de 47 ans. « Je ne suis pas là pour faire un catalogue de promesses. Je suis là pour m’engager, avec tous les Ivoiriens, dans la construction de notre nation, nation sur laquelle il faudra asseoir l’Etat de droit, un environnement des affaires propice », a dit Guillaume Soro.

Le candidat à la présidentielle a justifié sa présence à Bruxelles par le fait que c’est « une place importante pour être entendu ». Dans le public venu l’écouter, se trouvaient des personnalités politiques, diplomatiques, médiatiques et entrepreneuriales.

 

Kisselminan COULIBALY

 

 

 

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