Justice- affaire « Soro »: La Cour de cassation prend le dossier en main, la réaction de la défense


20/01/2020
Justice- affaire « Soro »: La Cour de cassation prend le dossier en main, la réaction de la défense
« Aujourd’hui, la Cour vient de nous de nous donner raison », a apprécié Me Diallo, avocat de Guillaume Soro.

Accusé de recel de détournement de deniers publics et d'atteinte contre l'autorité de l’État, le président de Générations et peuples solidaires (Gps), Guillaume Kigbafori Soro, n’est pas encore tiré d’affaire. La Cour suprême, à travers la Cour de cassation, a décidé de prendre les choses en main hier, vendredi 17 janvier 2020, au siège de l’institution à Abidjan-Cocody. Après l'exposé des parties (défense et ministère public) qui aura duré près de deux heures, Chantal Nanaba Camara, présidente de la Cour de cassation, a instruit un juge de son instance d'ouvrir le dossier afin de faire la lumière sur cette affaire.

« Nous ordonnons au conseiller à la Cour de cassation à l’effet de procéder à tous actes d’instruction nécessaires dans les formes et conditions prévues par le chapitre II du titre II de droit du code de procédure pénale », a déclaré la présidente.

A la sortie de l'audience, la défense de l’ancien président de l’Assemblée nationale, par le biais de son porte-parole Me Souleymane Diallo, a dit prendre « acte » de la décision de la Cour de Cassation. « Je suis avocat et je prends acte de la décision qui vient d’être rendue par l’assemblée plénière de la Cour de cassation. Nous allons examiner la motivation de cette décision et éventuellement voir s’il y a lieu d’exercer à son encontre des voies de recours », a déclaré Me Souleymane Diallo. Pour le porte-parole des avocats de Guillaume Soro, le verdict de la haute juridiction vient mettre fin au débat sur les vices de procédures qui auraient été commis par le procureur de la République, Adou Richard.

« Ce qui est important ce soir, c’est que par cette décision, la Cour de cassation vient de nous donner mille fois raisons parce que du début de cette affaire jusqu’à ce jour, nous avons toujours clamé l’irrégularité, l’inconstitutionnalité des poursuites qui avaient été engagées contre notre client et ses proches pour non-respect de la loi. Aujourd’hui, la Cour vient de nous de nous donner raison », a apprécié Me Diallo. A l’en croire, il y a eu vice de procédure dans la mesure où tout aurait dû commencer par la saisine de la Cour de cassation par le procureur. Cette cour aurait, par la suite, ordonné l’ouverture du dossier par l’un de ses juges. « C’est cette procédure qui aurait dû donner lieu à d’éventuelles poursuites contre notre client. C’est une procédure qui est en amont et non en aval. De ce point de vue, nous pouvons dire que la Cour nous a donné raison », a insisté Me Souleymane Diallo.

Pour rappel, l'ex-président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis à son encontre par la justice ivoirienne.

M. Soro, qui a échoué à rentrer en Côte d'Ivoire, le lundi 23 décembre 2019, vit aujourd’hui en exil sur le continent européen.

 

Venance AKA (Stg)

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