Demande d'audience du président du FPI/ Joël N'Guessan à Affi : « Le président Alassane Ouattara n'a aucune influence sur ce qui se passe à la Cpi »


13/02/2020
Demande d'audience du président du FPI/ Joël N'Guessan à Affi : « Le président Alassane Ouattara n'a aucune influence sur ce qui se passe à la Cpi »
Le cadre du Rhdp assure que le dossier à la Cpi n'a rien de politique quoiqu'il juge la démarche d'Affi N'guessan « louable ».

L'affaire « Laurent Gbagbo » devant la Cour pénale internationale (Cpi) est purement « judiciaire ». Elle n'a rien de « politique » de sorte que même le président de la République Alassane Ouattara ne saurait interférer dans le dossier.

Ainsi résumée la position de Joël N'guessan, ancien ministre des droits de l'Homme, et cadre du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp, au pouvoir). Joint par L'inter, en fin d'après-midi du mardi 11 février 2020, M. N'guessan a qualifié de « louable » la démarche de Pascal Affi N'guessan qui souhaite rencontrer les hautes autorités ivoiriennes sur le cas « Gbagbo », mais il a insisté sur le fait que l'affaire relève de procédures judiciaires.

« La démarche d'Affi N'Guessan est louable. Il peut rencontrer le président Alassane Ouattara ou encore le vice-président, Daniel Kablan Duncan, mais c'est sûr que ce qui lui sera dit, c'est que ce n'est pas une affaire politique. Elle est judiciaire », a signifié l'ancien porte-parole du Rassemblement des républicains, joint par téléphone. « Les gens devraient savoir que le président Alassane Ouattara n'a aucune influence sur ce qui se passe à la Cpi. MM. Gbagbo et Blé Goudé sont à la Cpi, non pas parce que le président Ouattara tenait à ce qu'ils y soient.

C'est pour des crimes et des faits qui leur sont reprochés et qui ont été identifiés par les juges et les magistrats de la Cpi. C'est cela le plus important », a argué Joël N'guessan, actuel président du conseil de gestion du Fonds de développement de la formation professionnelle (Fdfp).

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, Pascal Affi N'guessan expliquait avoir demandé une audience au chef de l’État relativement au dossier Gbagbo couplé à celui de Charles Blé Goudé. Le président du Front populaire ivoirien ne comprend pas que la Côte d'Ivoire, à travers ses avocats, ait formulé des observations à la Cpi tendant à maintenir MM.

Gbagbo et Blé sous le régime de la liberté conditionnelle. «On ne peut pas accepter que le gouvernement de Côte d'Ivoire demande, face à la communauté internationale, face à l'histoire de la Côte d'Ivoire, que des dignes fils de ce pays, quel que soit ce qui s'est passé en 2010-2011, restent pratiquement dans les liens de la détention», s'est indigné le député de Bongouanou sous-préfecture. « C'est une situation que je ne peux accepter.

Et c'est pourquoi j'ai demandé à le (le président Alassane Ouattara) rencontrer. Il a répondu qu'étant donné qu'il est à Addis-Abeba, son vice-président me recevrait jeudi prochain (13 février 2020) », a indiqué Affi N'Guessan. « Je vais reposer le problème parce qu'il nous appartient, nous que Dieu a permis de rester en liberté, de trouver une issue à tout cela », insistait l'ancien Premier ministre. « Il faut que Ouattara comprenne et nous allons le lui dire », ajoutait-il.

Affi N'guessan a réalisé sa vidéo alors qu'il se trouvait encore sur le continent européen où il est allé suivre la récente audience dans l'affaire « le Procureur c. Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé » à La Haye. Cette audience doit justement déterminer si les deux hommes, acquittés en première instance de crimes contre l'humanité, seront totalement libres en attendant l'appel du procureur ou s'ils resteront en liberté conditionnelle.

Affi N'guessan pense probablement que la solution au problème se trouve entre les mains de l'exécutif ivoirien. Une idée que réfute Joël N'guessan. « J'ai le sentiment que beaucoup de personnes croient que le dossier de Gbagbo et Blé Goudé va se résoudre de manière politique. Ce n'est pas possible. C'est parce que les gens ont une méconnaissance totale des règles de la Cpi qu'ils pensent cela.

À tout instant, ils peuvent diligenter des actions contre d'autres personnes qui auraient été mêlées de près ou de loin à la crise qui a fait environ 3000 morts. Il ne faudrait pas qu'on pense qu'on est homme politique, donc, on peut échapper à la justice internationale. Ce n'est pas possible », a martelé Joël N'guessan.

 

Kisselminan COULIBALY

 

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