Côte d’Ivoire : Djihadistes, terroristes ou assaillants/ La Côte d’Ivoire se prépare à une guerre contre des inconnus


15/06/2020
Côte d’Ivoire : Djihadistes, terroristes ou assaillants/ La Côte d’Ivoire se prépare à une guerre contre des inconnus
On peut être fort, puissant, militairement et être vulnérable face aux groupes armés …

Solidarité, veille sécuritaire à l’intérieur et autour des casernes, vigilance accrue, frappes et réactions vigoureuses.

Ce sont-là, les maîtres-mots, qui sont sur les bouches des autorités militaires et sécuritaires, après la double attaque «  terroriste » ou «  djihadiste » dont la Côte d’Ivoire été la cible, le jeudi 11 juin 2020 à Kafolo et à Kaniasso, dans les départements de Ferkessedougou et de Folon.

«  Dans les jours qui viennent, la réponse sera à la hauteur de cette attaque », avait averti Hamed Bakayoko, ministre d’État, ministre de la Défense, Premier ministre par intérim, accueillant les blessés au Groupement aérien des transports et de liaison ( Gatl). Faisant, par ailleurs, état de «  renforcement de la présence militaire aux frontières ».

Aujourd’hui, à 5 mois de l’élection présidentielle dont les enjeux n’échappent à personne, la Côte d’Ivoire se prépare donc à une guerre, dite asymétrique, contre des ennemis sans visage… Une guerre très complexe et ardue à mener.

En raison de l’impossibilité de mesurer précisément le rapport des forces, la guerre contre des groupes armés, (terroristes ou djihadistes) est toujours source de gros risques, aussi bien pour l’armée que pour les populations.

Les tactiques opérationnelles des groupes armés étant aux antipodes des vraies règles de guerre, on peut donc être, de loin, supérieur en hommes, en matériels militaires de combat, en logistiques de pointe, avoir les officiers supérieurs et des généraux les mieux formés dans des grandes écoles de guerre et être vulnérable face à ces «  organisations ».

Les deux attaques de Kafolo ( Kong) et Kaniasso ( Folon), qui ont fait, selon le bilan officiel 11 morts et 6 blessés, en sont une parfaite illustration. Des militaires ivoiriens et gendarmes, surpris dans leur sommeil entre 3 et 4 h du matin, ont été, pour certains, tués à l’arme blanche, pour d’autres par arme à feu.

Ces assaillants ont réussi leur coup parce que, dans cette tactique, ils prennent au dépourvu leurs adversaires, au moment où ceux-ci ne s’y attendent le moins. Bien que faibles face à leurs adversaires, ces groupes armés usent d’approches stratégiques et tactiques intelligentes, pour faire le maximum de dégâts et/ou de pertes en vies humaines, avant de se volatiliser lâchement dans la nature.

Ayant pris la peine mesure de cet état de fait, Hamed Bakayoko pense que tout va se jouer dans l’ampleur de la riposte et les mesures militaires qui seront prises pour faire échec à d’autres conventuelles attaques.

« Il n’y a pas mille causes à un attentat terroriste, c’est semer la terreur, c’est détruire des vies, c’est désorganiser les États. La seule réponse des États, c’est de faire face. Et nous nous organisons pour faire face. Nous avons pris des dispositions mais là, nous ferons le point de cette attaque et puis, renforcer notre présence autour de la frontière.

Je pense qu’immédiatement, il y aura du renfort aérien et le ratissage permettra, j’en suis sûr, de neutraliser ceux qui ont fait cela (…). Nous avons un niveau d’organisation de nos forces, qui nous permet de faire face. Vous allez voir dans les jours qui viennent, la réponse sera à la hauteur de cette attaque », avait-il menacé.

Même son de cloche du côté du Commandant supérieur de la gendarmerie nationale, le général Alexandre Touré Apalo. Qui demande à ses hommes de «se tenir prêts ». « Je vous demande de vous organiser, de veiller sur vos casernes et d’être prêts », a-t-il conseillé aux éléments de la maréchaussée, au cours d’une tournée dans le Nord.

Signalons que des hommes lourdement armés, soupçonnés d’être des jihadistes, dont on dit qu’ils ont pris position en face de la frontière ivoirienne, depuis de longs mois, ont porté une attaque en territoire ivoirien, le 11 juin 2020, tuant et blessant plusieurs soldats et gendarmes.

Les attaques jihadistes étaient jusqu’ici limitées au Mali et Burkina Faso, deux pays voisins de la Côte d’Ivoire. Qui sont donc ces assaillants qui ont porté le «  feu » au pays d’Alassane Ouattara et dans sa région d’origine ? «  Les enquêtes sont en cours pour déterminer la nature, les circonstances et le bilan définitif de cette attaque.

Dans l’intervalle, des mesures urgentes ont été prises dans la zone, notamment, la mise en alerte », avait tout simplement déclaré, le chef de l’État, Alassane Ouattara, dans un communiqué rendu public vendredi 12 juin 2020. Le chef suprême des Armées ne s’est pas laissé aller à des accusations contre les djihadistes, parlant plutôt « des individus armés non identifiés ».

 

Armand B. DEPEYLA

Armand B. Depeyla

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  • SOURCE: Linfodrome

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