Côte d'Ivoire

Arrêt de la CADHP, 3ème mandat de Ouattara...: Le Groupe Solidarité-Egalité se prononce et fait des recommandations


30/07/2020
Arrêt de la CADHP, 3ème mandat de Ouattara...: Le Groupe Solidarité-Egalité se prononce et fait des recommandations
Mesmin Komoé, président du Groupe Solidarité-Egalité

Dans un communiqué dont Linfodrome a reçu copie, le Groupe Solidarité-Egalité (GSE) dirigé par Mesmin Komoé s’est prononcé sur plusieurs sujets d’actualité, avant de faire des recommandations.

Communiqué GSE

Introduction

Le GSE constate des orages par endroit sur la Côte d’Ivoire. Ces orages qui, en temps de pluie, feraient le bonheur de nos populations (nos parents paysans) pour des récoltes abondantes, semblent être des orages politiques dont le télescopage aura des conséquences dramatiques sur la cohésion sociale. Au-delà de cet aspect, il y a des sujets qui préoccupent les Ivoiriens, entre autres, l’arrêt de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) ; l’évacuation sanitaire de nos dirigeants à l’extérieur, notamment en Europe, pour des soins médicaux (des check up médicaux) ; la gestion de la COVID-19 ; le bilan de CMU après un an de prélèvement et neuf mois de prestation ; le 3ème mandat.

De quoi s’agit-il

1-    L’ambiguïté de l’arrêt CADHP

Le GSE rappelle, à juste titre que, le 10 septembre 2019, Me SUY Bi Gohoré Emile et huit (08) citoyens Ivoiriens ont saisi la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP, réclamant une CEI consensuelle, juste et équilibrée. Le 15 juillet 2020, la CADHP a rendu public son arrêt portant sur la requête Me SUY BI Gohoré & Consorts. Contre toute attente, ce jugement est diversement interprété.

« La Cour africaine est enfin parvenue à la conclusion suivant laquelle les requérants n’ont pas fait la preuve que la loi régissant la Commission électorale indépendante (CEI) ne répondait pas aux normes prévues par les instruments pertinents relatifs aux droits de l’homme auxquels l’État défendeur est partie. En conséquence, elle les en a déboutés », a indiqué Sidi Tiémoko Touré, le porte-parole du gouvernement ivoirien, dans un communiqué produit à cet effet, par le Gouvernement de Côte d’Ivoire. Entre autres lignes, le communiqué du gouvernement rappelle que « La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a estimé que la Commission électorale indépendante (CEI) issue de cette réforme est composée de membres indépendants et impartiaux, que cette CEI est équilibrée dans sa composition et qu’elle jouit d’une indépendance institutionnelle. » Le porte-parole du gouvernement fait savoir que « La Cour africaine a déclaré que l’État de Côte d’Ivoire n’a pas violé son obligation d’exécuter l’arrêt qu’elle a rendu le 18 novembre 2016 dans le délai imparti ».

Du côté de l’opposition dont le PDCI est le plaignant dans cette affaire contre le gouvernement de Côte d’Ivoire, elle estime que le droit a été dit. « Je voudrais féliciter les membres du conseil qui ont défendu notre requête devant ladite Cour », a déclaré dans un communiqué Henri Konan Bédié, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Egalement le président Bédié a fait savoir que de l’exposé, « la Cour a jugé recevable notre requête et demande à l’Etat de Côte d’Ivoire de procéder à une reprise de la réforme de la Commission Électorale Indépendante, et ce dans un délai de trois mois », avant de se féliciter : « ce résultat me réjouit (…) D’ores et déjà, Je demande à toutes les instances du parti de manifester notre soutien à la décision partout, dans toutes les communes, dans tous les départements et les sous-préfectures où nous avons des installations du PDCI-RDA. »

2-Evacuation sanitaire

Il est de plus en plus récurrent d’assister à des scènes d’évacuations sanitaires de nos dirigeants à l’extérieur, pour des soins médicaux. Selon taramagzine.fr, un avion médicalisé coûte 125000 euros la journée. Comment comprendre que nos dirigeants qui doivent développer un système de santé efficace refusent de se faire soigner dans nos institutions sanitaires ? Du coup, nous nous interrogeons sur l’efficacité de notre système sanitaire si nos autorités ne les fréquent pas.

2-    COVID-19

L’Etat est au front dans la lutte contre la COVID-19. Des efforts ont été faits et continuent d’être faits, dans le cadre du plan de riposte contre la pandémie. Après une première enveloppe de 95 milliards pour la prise en charge des cas actifs, l’Etat a mis en place un plan économique de 1700 milliards FCFA (5% du PIB). En plus de ce plan économique, le gouvernement a reçu des dons en nature comme en numéraires des partenaires et entreprises citoyennes pour accompagner le plan de riposte. A l’effet de rendre la gestion très efficace et efficiente, il a été créé le Fonds Spécial de Solidarité COVID-19, logé au sein du ministère de l’Economie et des Finances sous la responsabilité du ministre, dont la mission est de gérer les différents dons. Dans la foulée, des mesures ont été prises pour accompagner les entreprises impactées et soulager les populations devenues vulnérables à cause du virus. Malheureusement, certaines presses font savoir que seules des entreprises et personnes proches du pouvoir RHDP auraient bénéficier de cette politique de relance économique.

Au demeurant, le gouvernement a été au centre d’une polémique sur l’utilisation des dons reçus de la part des partenaires et autres entreprises citoyennes. Sur les réseaux sociaux, c’est la foire aux intrigues et autres informations qui soutiendraient que le gouvernement procéderait ainsi, pour avoir la faveur des populations ; information que le gouvernement a qualifié de fake news/infox. D’ailleurs, pour se justifier, le service communication de la Primature a produit un communiqué.

Par ailleurs, le constat du non-respect des mesures barrières notamment par les groupements politiques est à déplorer.

3-    Bilan CMU

Tout le pays est dans la ferveur de la Couverture Maladie Universelle (CMU) ; après la période de carence, nous osons croire que les services ont commencé dans les hôpitaux et services sanitaires partenaires. Dans une approche cartésienne, les populations bénéficiaires ont besoin d’un bilan. Car, elles ont cumulé douze (12) mois de prélèvement, et bientôt, (dans trois mois) on aura bouclé douze (12) mois de prestation.

4-    Campagne avant l’heure

La présidentielle de 2020, c’est dans quelques mois. Cependant, force est de constater des décors de campagne avant l’heure. Des opérations déguisées qui s’apparentent à des scènes de campagne inquiète l’ensemble de la population. Des rassemblements, attitudes contraires aux mesures barrières édictées par le Comité National de Sécurité (CNS) finissent par trahir les ambitions de ces personnes qui enfreignent les mesures barrières, face à un gouvernement impuissant, complice ou coupable.

5-    3ème mandat

A l’approche de la présidentielle d’octobre 2020, nous assistons à des scènes de hautes personnalités qui demandent au Président Alassane Ouattara un 3ème mandat contrairement à sa déclaration au Sénat, le 16 mars dernier, qui note que le Président a décidé ce jour, de façon délibérée, de ne pas briguer un 3ème mandat consécutif. Il a ainsi décidé de se mettre en retrait de la vie politique, notamment la présidentielle de 2020. Son Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly (paix à son âme) a été choisi pour porter les couleurs de son parti : le RHDP. Malheureusement, le sort en a décidé autrement. Ces derniers temps, nos têtes couronnées (des Rois et des Chefs de villages) supplient, à la limite, le Chef de l’Etat à reconsidérer sa position. Dans la foulé, nous assistons à un ballet des populations au Palais présidentiel pour la même cause. Pendant ce temps la question du 3ème mandat ou 1er mandat (c’est selon) bat son plein. Nos constitutionnalistes qui ont rédigé cette nouvelle constitution avec toutes ces tournures propres au Droit, assistent sans broncher. S’il est vrai qu’il faut laisser le temps au Conseil Constitutionnel de trancher, le moment venu, le silence prolongé et persistant des rédacteurs inquiète.

Recommandations

Au vu des préoccupations ci-dessus, le GSE propose ce qui suit :

1 Nous avons constaté que la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), a, dans son arrêt, renvoyé les deux protagonistes dos à dos. Ainsi, voudrions nous rappeler l’objectif du Droit, celui d’organiser la vie sociale. L’arrêt tel que rendu, sujet à interprétation tendancieuse, ne saurait favoriser cela, l’esprit du Droit. Il serait donc judicieux de trancher plutôt que de vouloir contenter les deux parties en coupant la poire en deux. En d’autres termes, le GSE invite la Cour à clarifier le contenu de son arrêt pour la bonne compréhension du citoyen lambda.

En attendant, le GSE exhorte le gouvernement et le PDCI au dialogue inter-ivoirien pour une sortie de l’impasse. Car, c’est autour de la table que le consensus sera retrouvé, en vue de préserver une élection libre et transparente.

2 La vie humaine n’a pas de prix ; toutes les vies se valent, dit le sage. Si toutes les vies se valent, pourquoi hiérarchisons-nous les individus avec des classes sociales, lorsqu’il s’agit de bénéficier des services de l’Etat, en faisant la part belle à certaines personnes parce qu’elles représentent l’autorité, aux détriment des autres, la grande majorité ? Il convient de rappeler que c’est avec l’argent de nos impôts qu’ils effectuent tous ces déplacements.

Par exemple, faire évacuer nos dirigeants à l’étranger pour des soins médicaux choque les esprits les plus alertes, car il aurait fallu injecter cet argent dans le système local pour relever le plateau technique de nos hôpitaux qui sont devenus des mouroirs. Pour mettre un terme à ce gaspillage qui ne dit pas son nom, nous proposons une vraie politique en matière de santé publique, en vue de doter la Côte d’Ivoire d’institutions sanitaires dignes de ce nom, et à l’image des grands pays d’Europe, d’Asie, d’Amérique.

Dans le cadre de la gestion des fonds alloués pour la gestion de la COVID-19, et des dons reçus, des voix s’élèvent pour dénoncer une mauvaise gestion qui aurait bénéficié à certaines entreprises au détriment d’une autre catégorie d’entreprises, malgré la bonne foi du président qui a bien voulu confier ces fonds à des cabinets de renommée internationale dont Deloitte Côte d’Ivoire.

Le GSE invite le gouvernement à faire un bilan détaillé, dans un délai assez raisonnable, en vue de satisfaire la curiosité de tous. Il en est de même pour la CMU dont le délai de carence largement dépassé, avec des services de prestations déjà engagés, mais qui ne rassurent pas.

3 L’attitudes des hommes politiques à la veille de la présidentielle d’octobre 2020 ne garantit pas la paix des cœurs. Le GSE, en tant que structure de la société civile, ayant pour objectif de garantir la paix sociale, dans un environnement apaisé, appelle le Gouvernement à sonner la fin de la récréation, pour éviter les évènements de 2010. Ainsi, voudrait-il rappeler tous à un peu de retenu, avec moins de zèle.

A l’endroit de nos Rois et Chef traditionnels, le GSE les invite à rester à équidistants des parcelles politiques, ceci, en vue de garantir véritablement la paix dans ce pays. Mieux, le GSE les encourage à créer un environnement susceptible de garantir un franc succès à la présidentielle d’octobre 2020, en jouant leur rôle de personnages apolitiques. Il en est de même pour nos populations, voire cadres politiques, qui prétendent parler au nom de toute une région, de rompre d’avec cette vielle forme de politique à relent régional et ethnique.

Quant aux juristes constitutionnalistes, les auteurs de la 3ème République, le GSE vous invite à briser le mur de silence observer jusque-là. Qu’en est-il de la candidature du Président de la République ? Sans vous faire de procès d’intention.

Le Groupe Solidarité-Égalité est une plateforme de la société civile créé le 12 juin 2019 à la rotonde de la cité financière. Entre autres missions qui lui sont assignées, défendre les intérêts professionnels matériels et moraux de ses membres ; lutter pour le droit au plein emploi et la garantie de ce droit ; lutter pour la défense et le développement des droits et des libertés des travailleurs et des syndicats, le respect des droits de l’homme et la mise en œuvre de la Déclaration Universelle des Droits Syndicaux ; contribuer à la mise en place d’une société ivoirienne plus juste et solidaire.

Le Président du GSE

Mesmin KOMOE

Adolphe ANGOUA

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  • SOURCE: Linfodrome

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