Côte d'Ivoire

Présidentielle 2020/ Amon Tanoh à propos de son ‘’exclusion du Royaume Sanwi’’ : « Ceux qui ont parlé sont tous déchus par le Roi »

« Le Roi du Sanwi m’a appelé »
18/10/2020
Présidentielle 2020/ Amon Tanoh à propos de son ‘’exclusion du Royaume Sanwi’’ : « Ceux qui ont parlé sont tous déchus par le Roi »
Marcel Amon Tanoh a réagi à son ''excommunication" par ''la communauté villageoise d'Eboué" et le "collectif des chefs de cantons du département d'Aboisso" (Ph d'archives)

Marcel Amon-Tanoh a réagi, le samedi 17 octobre 2020, à ‘’la déchéance coutumière’’ d’appartenance à sa communauté et à son ‘’exclusion territoriale’’ prononcée, un jour plus tôt par la ‘’communauté villageoise d’Eboué’’ et le ‘’collectif des chefs de cantons du département d’Aboisso’’.

Profitant d’une visite à lui rendue, le samedi 17 octobre 2020, par une délégation du PDCI-RDA conduite par le Ministre Gaston Ouassenan Koné pour lui ‘’apporter son soutien’’ et ses ‘’encouragements’’, Marcel Amon-Tanoh s’est prononcé sur son ‘’excommunication’’ par la ‘’communauté villageoise d’Eboué’’ et le ‘’collectif des chefs de cantons du département d’Aboisso’’. Après avoir remercié ses hôtes, l’ex-ministre des Affaires Etrangères du président Ouattara a fait savoir qu’il a reçu un appel du Roi du Sanwi, Nanan Amon N’douffou V. « Le Roi du Sanwi m’a appelé hier (le vendredi 16 octobre 2020 : ndlr), c’est à dire le chef du Royaume. Moi, je suis du Sanwi, Ezan Akélé est là », a-t-il dit, avant de préciser que ceux qui prétendent l’avoir banni ont tous été déchus par le Roi : « Même quand on prend ceux qui ont parlé, ils sont tous déchus par le Roi. Ce sont des gens qui ne sont pas aujourd’hui en fonction, les prétendus chefs de canton y compris le chef du canton qui intronise le Roi du Sanwi. Parce que c’est un chef de canton qui intronise le Roi du Sanwi. Le député-maire d’Aboisso est là. Et pour moi, c’est significatif que le député-maire d’Aboisso fasse partie de la délégation ».

Lire aussi cet article : Présidentielle 2020 : Une "décision historique" prise contre Amin Tanoh par 43 signataires dont la communauté villageoise d'Eboué et le collectif des chefs de cantons du département d'Aboisso

« L’erreur est humaine. C’est persister dans l’erreur qui est diabolique »

S’adressant à ses hôtes, il a fait savoir qu’il reconnait publiquement qu'il s’est trompé par le passé. « Vous avez mentionné mon père tout à l’heure, le doyen Amon Tanoh. Mais vous savez, c’est la différence qu’il y a entre la Côte d’Ivoire éduquée et la Côte d’Ivoire qui ne l’est pas. Aujourd’hui, c’est l’éducation qui fait la différence. Quand je parle d’éducation, je ne parle pas du milieu social. Je parle d’éducation, celle que les parents donnent à leurs enfants. Que ce soit au village, en ville, quel que soit le milieu social auquel on appartient, l’éducation qui puise ses valeurs dans les valeurs africaines, dans les valeurs ancestrales de la Côte d’Ivoire. Ces valeurs-là sont dans toutes les régions de Côte d’Ivoire. Et dans ces valeurs, on nous inculqué quelque chose : l’erreur est humaine. C’est persister dans l’erreur qui est diabolique. Je me suis trompé et je le dis haut et fort pour que ce soit entendu. N’en déplaise à certains. Et aujourd’hui je reconnais publiquement m’être trompé. C’est de ça qu’il s’agit ».

« Je ne réponds jamais à une attaque »

L’ancien collaborateur du président Ouattara a déclaré vouloir reconstruire la Côte d’Ivoire des valeurs. « Les valeurs de fraternité, de solidarité, d’amour et c’est comme ça que j’ai terminé mon discours au Stade Houphouët Boigny. Mais quand je vois la qualité de la délégation, je dois vous dire que ça m’honore. Il faut que la honte existe à nouveau. Que l’Ivoirien ait peur parce qu’il connait la honte. La honte évite beaucoup de choses. La foi aussi évite beaucoup de choses. La Côte d’Ivoire des valeurs doit être au centre de nos préoccupations. Je ne réponds jamais à une attaque. Je suis en politique depuis 40 ans, je n’ai jamais répondu. Je n’attaque pas, je ne réponds pas, mais j’ai le droit de porter un jugement sur les hommes politiques dans l’exercice de leur fonction, surtout sur un élu pour lequel j’ai voté. Et c’est ce que j’ai fait. Mais je n’attaque jamais la personne. C’est la première chose ».

« J’ai rencontré le président Bédié, il était outré par ce qui s’est passé »

Amon Tanoh a dit à la délégation du PDCI qu’il ne trahit jamais de secret. « La deuxième chose, je ne dévoile jamais de secret. C’est un principe. Quand tu as connu des secrets dans la confiance, ce n’est pas parce que l’environnement change que tu dois trahir. Je ne trahirais pas de secret », a-t-il insisté avant d’ajouter qu’il a rencontré le président Bédié la veille : « Hier, j’ai rencontré le président Bédié à midi, à ma demande parce que je le vois régulièrement pour faire le point, pour prendre des conseils, pour échanger. Je l’ai rencontré, nous avons parlé. Il était outré par ce qui s’est passé, mais je l’ai rassuré sur mon état d’esprit ».

 

Adolphe Angoua

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Adolphe ANGOUA

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