L'armée nigériane lance une opération contre Boko Haram à Maiduguri


05/06/2012
Des troupes nigérianes ont lancé une opération, mardi 5 juin, dans un bastion du groupe islamiste Boko Haram à Maiduguri, dans le nord du pays, où des explosions et des tirs pouvaient toujours être entendus plus de trois heures après le début de leur intervention, ont indiqué des habitants.

"Il y a eu au moins huit explosions dans cette zone où des soldats ont pénétré avec des chars et ont pris toute la région", a déclaré un habitant. Un autre habitant de Maiduguri a déclaré que la ville, considérée comme le berceau du groupe islamiste qui se réclame des talibans afghans, avait été largement désertée dès le début de l'opération des troupes nigérianes.

Les explosions et les tirs ont commencé à secouer la ville vers 16 h 30 (14 h 30 GMT). Les accès aux rues ont été bouclées avant le début de l'opération militaire, ont ajouté des habitants, qui ont ajouté que cette opération visait notamment les quartiers de Shehuri, d'Abbaganaram, de Budum et de Hausari. "Depuis hier, des habitants de ces quartiers ont déserté leurs maisons", a ajouté l'un d'eux. "Les explosions, selon la même source, ont commencé dans ces quartiers et des soldats ont encerclé ces zones." Avant le lancement de l'opération de mardi, des soldats ont été accusés d'avoir commis des abus par des habitants, qui ont raconté des scènes où des soldats mettent le feu à des maisons et abattent des civils accusés de collaborer avec les islamistes.

DES VIOLENCES RÉCURRENTES

Le groupe Boko Haram a revendiqué lundi l'attentat-suicide contre une église qui a fait quinze morts le 3 juin dans le nord-est du Nigeria, et a menacé une nouvelle fois de s'en prendre aux journalistes, selon un communiqué transmis par courriel à la presse. Un kamikaze a tenté dimanche de faire exploser une voiture piégée dans une église de la ville de Bauchi, tuant au moins quinze personnes et en blessant quarante à proximité. "Dieu nous a donné la victoire en lançant une attaque-suicide contre une église du quartier de Yelwa, dans la ville de Bauchi", affirme le communiqué de Boko Haram qui a été transmis lundi. "Nous conservons les traces de tous les articles de presse à notre propos (...). Il est trop tard maintenant que nous avons établi nos plans et que nous allons commencer nos opérations, en particulier contre les journalistes", menace le texte. Boko Haram accuse les journalistes "d'articles partisans" pour avoir repris des communiqués officiels des autorités nigérianes tout en ignorant ceux du groupe islamiste.

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