Zone de libre-échange continentale africaine : Mythe ou Réalité ?


08/07/2019
Zone de libre-échange continentale africaine : Mythe ou Réalité ?
L'élimination des barrières douanières entre les pays africains pourrait entraîner à l’horizon 2022 une hausse des échanges commerciaux intra-africains. (Ph : DR)

55 pays, 1,2 milliard de personnes, voici le fondement sur lequel va se construire la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlec), née d’une décision historique des États de l’Union africaine (Ua) de concrétiser ce projet. Un pas important, nécessaire et fondamental pour non seulement une réelle et authentique intégration africaine, mais aussi pour le développement de ce continent. Père Donald Zagoré, de la Société des missions africaines (Sma), dans cette contribution, appelle à la concrétisation de ce projet.

Une décision à saluer et à féliciter. Il était temps que nos chefs d’États africains posent des actes concrets pour nourrir ce désir constant de vivre dans l’évidence du quotidien, cette unité africaine. En effet, il était vraiment contradictoire de se faire chantre de l’Ua et en même temps cautionner l’existence d’énormes barrières politiques, économiques, monétaires, et commerciales entre nos différents pays qui, loin de nous unir, nous divisaient et nous éloignaient les uns des autres.

C’est un secret de polichinelle de dire que si nous voulons aujourd’hui une Afrique forte, prête non seulement à faire entendre sa voix, mais aussi à gagner des combats à l’international, surtout sur le plan commercial, le chemin de l’unité des forces et des capacités reste incontournable. Ne dit-on pas avec raison que « l’unité fait la force ». Les autres continents du monde l’ont vite compris et sont très loin dans cette dynamique. L’Afrique est une puissance économique et commerciale, mais malheureusement une puissance encore à la traîne. Elle est restée longtemps étouffée à cause de son incapacité et de son manque de volonté politique réelle à prendre en main son destin en transcendant ses barrières pour construire dans la diversité de ses réalités culturelles, historiques, et linguistiques son unité, surtout sur des questions existentielles et fondamentales que sont la politique, l’économie, le commerce, et la sécurité. Il n’est jamais trop tard pour bien faire et comme dit l’adage, « mieux vaut tard que jamais ».

Aujourd’hui si quelque chose de grand et de beau est née sur le sol africain, le défi majeur est vraiment de concrétiser cette décision. Passer des beaux discours à des actions et actes concrets. Les maux dont souffre notre continent africain, avec pour corruption comme paroxysme, sont tellement énormes qu’on se demande si véritablement cette décision historique née sur papier pourra voir réellement le jour dans le concret. Généralement en Afrique, les décisions de grandes envergures sont prises, mais dans la pratique, les populations se retrouvent à vivre autre chose. C’est la triste réalité du continent africain. Pour cette fois-ci, que les États d’Afrique aillent au bout de leur initiative en se donnant les moyens nécessaires pour réaliser ce projet. Qu’un tel projet qui suscite déjà tant d’engouement au sein des populations africaines ne finisse pas comme un bébé mort-né.

P. Donald ZAGORE, Sma

 

Irene Bath

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  • SOURCE: Linfodrome

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