Procès des ex-barons de la filière café-cacao

Tapé Doh au Procureur : ''Gbagbo nous a ouvert les yeux''


20/06/2012
M. Tapé Doh
Pour la deuxième journée du procès des ex-dirigeants de la filière café-cacao qui s'est ouverte lundi 18 juin 2012 au tribunal de première instance d'Abidjan-Plateau, le président du conseil d'administration de la Bourse du café-cacao (Bcc), Lucien Tapé Doh et bien d'autres dirigeants des autres structures, étaient présents devant le tribunal hier mardi.

Invité par le procureur Oulaï à justifier la provenance des 9 milliards de fcfa ayant servi comme fonds d'établissement de la Bcc, Lucien Tapé Doh a été sans ambages. A l'en croire, c'est sur instruction de l'ex-Chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, que l'ancien ministre de l'Agriculture Alphonse Douaty a remis aux producteurs ces 9 milliards de fcfa en vue de l'installation de toutes les structures de la filière café-cacao. Quant à la provenance de cette manne financière, l'ancien Pca de la Bcc s'est montré très prolixe. ''Cet argent appelé « Fonds de réserve et de prudence » provient de la nouvelle Caistab. Quand les producteurs l'ont réclamé, à maintes reprises, à travers des grèves, le président Gbagbo a demandé au ministre Douaty de le leur donner. Gbagbo nous a ouvert les yeux..., c'est l'argent des producteurs'', a-t-il martelé lorsque le tribunal a insisté sur la provenance de ces 9 milliards de fcfa. Pour le reste, Tapé Doh a été sommé d'éclairer le tribunal présidé par le juge Coulibaly Ahmed, sur la gestion de la Bcc. A la question de savoir s'il a signé des actes de gestion, c'est-à-dire faire des décaissements, il a indiqué qu'il lui est arrivé de signer des chèques. Avec la précision qu'il le fait dans les cas d'urgence. ''Quand il y a des demandes du gouvernement ou encore lorsqu'il s'agit de payer les salaires du personnel et que le directeur général n'est pas disponible'', a-t-il réagi notamment. En tant que Pca (donc organe de contrôle), pouvait-il être juge et partie? Tapé Doh est resté muet. A la suite du président du conseil d'administration du Bcc, se sont succédé à la barre, Bolou Dago Sophie, madame Mensah (toutes deux DAF à la Bcc à des périodes différentes) et certains dirigeants du Fonds de régulation café-cacao (FRC) dont le Pca, Angéline Kili. Au moment où notre équipe de reportage quittait le temple de Thémis, peu avant 18 heures, pour des contraintes de bouclage, cette dernière était en train d'être entendue à la barre.

G de Gnamien

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  • SOURCE: L'inter

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