Economie nationale : D’importantes menaces révélées par la Banque mondiale, 80% des activités économiques du pays concernées


13/07/2018
Economie nationale : D’importantes menaces révélées par la Banque mondiale, 80% des activités économiques du pays concernées
Absent, le premier ministre Amadou Gon s'est fait representer par le ministre de l'Economie et des Finances, Adama Koné

Si elle poursuit sa dynamique croissante entamée depuis la sortie de crise, l’économie ivoirienne reste sujette à d’importantes menaces dont les impacts se font déjà sentir.

« Pour que demain ne meure jamais ». C’est le thème du 7e rapport de la Banque mondiale sur la situation économique en Côte d’Ivoire qui a été présenté le jeudi 12 juillet 2018 à la Primature au Plateau. Le rapport qui a salué les performances de l’économie nationale- lesquels au regard de plusieurs signaux comme la bonne politique budgétaire, la reprise de certains secteurs comme les Btp et l’émergence d’une industrialisation devront se poursuivre ; l’économie et le développement du pays de façon générale est menacée par la perte du capital naturel et les risques liés aux changements climatiques. « Le développement économique et le climat sont inextricablement liés : sans mesures adéquates, le changement et la variabilité climatiques mettront en péril les progrès durement acquis depuis quelques décennies et pourraient faire basculer des millions d’ivoiriens dans la pauvreté », avertit le rapport présenté par Jacques Morrisset.

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Impact socio-économique. « La Côte d’Ivoire est extrêmement vulnérable au changement climatique », alerte le rapport. Une vulnérabilité due à la prédominance de l’agriculture dans l’économie nationale et la position géographique du pays. Le secteur agricole qui fait déjà les frais du changement climatique pourrait en effet connaitre des performances pires si le tableau actuel n’évolue pas. Le Sud qui abrite une importante part de l’industrie nationale, des infrastructures de transport aérien, des plantations et es infrastructures hôtelières soit 80% des activités économiques du pays. L’agriculture notamment le cacao, la pêche, le développement des infrastructures, tous les secteurs semblent menacés par le changement climatique. Au-delà de l’économie, l’impact social de cette perte du capital naturel n’est pas à minimiser. Si près d’un million de personnes sont guettées par la pauvreté d’ici à 2030 du fait de cette situation, les conséquences pourraient s’avérer plus importantes en particulier pour les populations qui vivent dans les zones côtières. 2/3 du littoral ivoirien est déjà affecté avec des conséquences déjà perceptibles au niveau des villes côtières (Bassam, Grand-Lahou,). Ce sont au moins 7,5 millions d’habitants soit 30% de la population ivoirienne dont l’habitat est menacé par cette situation.

Bien qu’il soit quasi-impossible d’inverser la balance, des solutions existent pour atténuer les effets du changement climatique et adapter les politiques de développement. Celles-ci portent principalement sur le développement des énergies renouvelables, l’adaptation de l’agriculture notamment la culture cacaoyère, la gestion intégrée du littoral et la modernisation ainsi que l’adaptabilité du transport routier. « Chacun de ces secteurs est amené à jouer un rôle important dans la lutte contre le changement climatique tout en contribuant à la modernisation de l’économie, à la réduction de la pollution, à l’amélioration de la santé des populations, à l’augmentation des revenus de l’Etat par une meilleure taxation du carbone tout en créant de nouveaux emploi verts », recommande le rapport. Qui relève d’ailleurs une opportunité pour le pays.

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« L’adaptation au changement climatique combinée avec la réduction des émissions de gaz à effet de serre peut aider à stimuler la transformation économique de la Côte d’Ivoire. Elle peut générer un développement durable qui stimulera la croissance, comblera le déficit énergétique et réduira la pauvreté. En outre, le moment semble opportun pour investir dans les solutions climatiques », relève le rapport qui justifie cette opportunité par la réduction des coûts des énergies dites propres mais aussi la disposition des bailleurs à accompagner la transition énergétique et l’ensemble des actions prévues pour faire face au changement climatique. « Tant la réduction que l’adaptation au changement climatique offrent de nombreux bénéfices et opportunités économiques pour la Côte d’Ivoire ».

Des points qu'a partagés le ministre de l'Economie et des Finances, Adama Koné qui representait le premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Il s'ets réjoui de la justesse du thème de ce 7e rapport et de la reconnaissance des efforts consentis par le gouvernement en vue de repondre efficacement aux défis qu'imposent le changement climatique. Il a d'ailleurs assuré de la multiplications des initiatives dans ce sens à l'image de la prochaine table-ronde que le pays entend organiser piur mobiliser 615 milliards de F Cfa en vue de financer sa stratégie forestière.

Perspectives positives. Avec une économie robuste mais en légère baisse, les signaux de l’économie nationale sont relativement positifs, à en croire le rapport. Bonne politique budgétaire, maitrise de l’inflation,… les stratégies gouvernementales sont plus ou moins saluées par l’institution financière qui annonce des perspectives encourageantes quoique modestes en comparaison aux chiffres des années précédentes. « Les perspectives restent donc favorables pour le pays pour les deux prochaines années. Le taux de croissance du Pib devrait atteindre environ 7,4% en 2018 pour ensuite se réduire graduellement à 7,2% en 2019 puis 7,2% en 2020 et 7,0% en 2021. Les secteurs porteurs de la croissance devraient rester approximativement les mêmes qu’en 2017, à savoir l’agriculture, les services modernes et l’émergence d’une industrie de transformation », indiquent les experts de la Banque mondiale. Qui relèvent toutefois des « multiples mais gérables ». Notamment une baisse des prix des produits de base en particulier el cacao, la hausse des prix internationaux du pétrole et la forte exposition du pays aux risques exogènes.

Alassane SANOU

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  • SOURCE: Linfodrome

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